1/8 CDF | FBBP-OM : l’appétit vient en mangeant

Dans son ascension vers les cimes de la Ligue 1, l’Olympique de Marseille s’est provisoirement octroyé une place de dauphin à huit longueurs du Paris Saint-Germain. Devançant Monaco d’un point et Lyon de trois, le club phocéen s’est même rappelé au bon souvenir de journalistes amnésiques, refusant jusque là de saluer son éclatant renouveau…

Un cheminement encore fragile, alors même que se profilent à l’horizon les joutes européennes, et dès demain soir, les huitièmes de finale de Coupe de France à Bourg-en-Bresse, actuel pensionnaire de Ligue 2 !


Amuse-gueules

Depuis l’arrivée de Franck McCourt à sa tête en octobre 2017, l’OM panse ses plaies, se régénère, se reconstruit, se réinvente et renoue peu à peu avec son ADN : gagner, gagner et gagner encore ! Comme à la grande époque, « Droit au but » se lit ainsi sur tous les maillots, brille dans tous les yeux et vit dans chaque cœur.

Cette dynamique positive a cependant nécessité du temps pour se dessiner.

Des aléas du dernier mercato estival au suicide médiatique de Patrice Evra en direct, de la rouste reçue au Vélodrome face aux Monégasques jusqu’au dernier succès glané contre Metz il y a quelques jours, la route de l’OM a connu des soubresauts, des embûches et des ralentissements, mais a su éviter les ornières et devient de plus en plus évidente, à mesure que s’effacent les obstacles.

Pourtant, le plus dur reste à faire, car les projets se bousculent et les objectifs se précisent.

Entrée

D’un côté, l’augmentation de la surface financière du club, l’optimisation de l’exploitation du stade Vélodrome, le développement de la formation des équipes de jeunes, le trading, la création d’un musée et d’un nouveau centre d’entraînement occupent toutes les pensées de Jacques-Henri Eyraud et d’Andoni Zubizarreta.

De l’autre, Rudi Garcia jongle entre un effectif restreint et un calendrier impitoyable, en dépit du retour de Jordan Amavi dans le groupe et du regain de forme de Dimitri Payet et Kostas Mitroglou.

Avec sept matches en vingt-trois jours, le présent mois de février s’apparente d’ailleurs à un véritable parcours du combattant aussi bien en Coupe de France, qu’en Europa League ou en championnat, puisque cette série de confrontations entamée vendredi dernier passera par le Parc des princes, le vingt-deux février prochain…

Or si l’OM gagne régulièrement désormais, et ce de plus en plus facilement, tout relâchement demeure proscrit et malgré la large victoire obtenue face à Metz lors de la dernière journée de championnat (6-3), l’OM a laissé entrevoir en fin de rencontre des largesses défensives qu’on pensait révolues…

Plat de résistance

À cela s’ajoute une nouvelle contrainte : finir la saison sur le podium et se qualifier en Ligue des champions.

Cette éventualité avait été prudemment évoquée en début d’exercice. Avec les transferts effectués depuis un an (118 M€), elle s’avère aujourd’hui cruciale dans le cadre du fair-play financier.

Instauré en mai 2010 par l’Union des Associations Européennes de Football (UEFA), ce dispositif permet de surveiller et protéger la santé économique des clubs engagés dans la reine des compétitions : La Ligue des champions.

En pratique, la règle est simple puisqu’il s’agit de ne pas dépenser plus que ce que l’on gagne (apport actionnarial exclu), avec comme limite absolue, un déficit maximal cumulé de 30 millions d’euros sur trois ans.

Or, c’est exactement la hauteur du déséquilibre que présentait l’OM au moment de son rachat par Franck McCourt. De fait, la nouvelle équipe dirigeante a développé une stratégie ambitieuse – bien qu’assez classique – de développement gradué afin de doubler son budget global sur trois ans (estimé à 120 M€ aujourd’hui).

Dès lors, finir la saison sur le podium afin de se qualifier pour la Ligue des champions 2018-2019 et obtenir ainsi les droits TV connexes devient quasiment une obligation. On parle en effet de 70 M€ pour les clubs français, ce qui permettrait de revenir rapidement à l’équilibre budgétaire dans le cas de l’OM, sans devoir vendre d’actifs pour « rester dans les clous » (et donc remettre à plat l’ensemble du projet).

Dans les faits, Marseille a deux ans pour réussir cette transition. C’est peu et la marge d’erreur est réduite…

Dessert

Pour varier les plaisirs et accentuer la pression, rien de tel qu’une bonne vieille Coupe de France !

Vainqueur de la compétition à dix reprises -record longtemps inégalé – l’OM ne s’est cependant plus imposé depuis 1989. Pire, la saison dernière, le PSG lui a même dérobé son statut de club le plus titré avec onze coupes (dont trois succès depuis l’ère qatarie)…

Il est vrai que les enjeux ne sont plus les mêmes.

Épris de cette compétition qui, depuis 1918, oppose clubs amateurs et professionnels (plusieurs centaines avant les trente-deuxièmes de finales), les supporteurs marseillais mettent en avant son charme, quitte à oublier ses désagréments.

Dès demain soir au Stade Verchère de Bourg-en-Bresse, l’OM retrouvera donc le parfum particulier des duels provinciaux…

Des conditions météorologiques parfois difficiles. Des tribunes rudimentaires, pleines comme des œufs et soutenant leur équipe comme si la vie de chaque supporteur en dépendait. Des terrains amoureusement labourés durant des semaines par toutes les formations du coin. Des régionaux de l’étape remontés comme des coucous à l’idée de croiser les crampons – à défaut du fer – avec la plus grande institution du football national.

© Jean Perrier, France 3 Rhône-Alpes

Une folie ? Peut-être, car les retombées économiques de la Coupe de France n’ont plus grand-chose à voir avec le football moderne* et l’OM de 2018 ne peut pas vraiment s’autoriser de fantaisies.

Certes, mais la perspective de plonger dans l’arène face à des clubs qui n’ont rien à perdre afin de rejoindre le PSG et de rappeler qui est l’OM n’a pas de prix. L’OM joue pour gagner, pas pour faire de savants calculs ou se défiler, qu’on se le dise !

C’est sans doute la raison pour laquelle l’OM est toujours un grand club, du moins dans les esprits. Car la popularité et l’aura sont faites d’exploits, de revers, de buts et d’épopées. Pas de gazodollars, n’en déplaisent aux « qatarix ».

Au reste, Freddy Morel, l’entraîneur adjoint du FBBP 01 a donné le ton :

« C’est un match facile à jouer puisqu’il n’y aura que du positif à en tirer. Si l’OM vient avec 25 % de motivation en moins, il faudra essayer d’enfoncer la porte.

Ce match nous permettra de travailler sur les erreurs défensives que nous faisons en championnat et qui nous coûtent des points. Mais la magie de la Coupe de France peut opérer.

Nous chercherons à ne pas nous exposer en étant très compacts, en laissant un minimum d’espaces et en évitant de laisser les attaquants marseillais prendre de la vitesse.

Nous devrons être dans le sacrifice et accepter de souffrir. Nous savons que l’OM voudra nous mettre sous pression et nous confisquer le ballon.

Il faudra piquer au moment où ils se relâcheront un peu. »

En 2012, la dernière opposition entre les deux équipes s’était soldée par une victoire des Marseillais au Stade Vélodrome (3-1).  Messieurs, vous jouerez à l’extérieur cette fois, mais vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Allez l’OM !

* le PSG avait récupéré environ deux millions d’euros en remportant le titre en 2017


 

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
Article lu 680 fois, écrit le par Toti Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , , . Sauvegarder le lien.

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