J 23 | OM-ASM : les principes ôtés de Monaco

Après un intermède vosgien auréolé d’une qualification en huitièmes de finale de Coupe de France, nos Olympiens se préparent à recevoir le premier « gros morceau » de cette année 2018. Une opposition entre deux équipes aux dynamiques, a priori contraires, que les Marseillais doivent cependant aborder avec les mises en garde d’usage…

Les montagnes russes

Si les caisses de Dmitri Rybolovlev, propriétaire russe de l’Association Sportive de Monaco football club se sont considérablement remplies cet été avec les ventes conjuguées de l’ex-olympien Benjamin Mendy*, de Timoué Bakayoko, de Bernardo Silva et surtout de Kylian Mbappé (opération dont le montant n’a pas encore été versé à l’ASM), le directeur sportif responsable de ces brillantes transactions, Luis Campos, a quant à lui rejoint Lille, pour vérifier si l’hospitalité nordiste était réellement surfaite.

* pour lequel l’ancien président de l’OM, le désopilant Vincent Labrune, n’a pas jugé opportun d’inclure un pourcentage à la revente…

Or, c’est peut être bien ce départ qui est le plus préjudiciable, dans la mesure où disposer d’un trésor de guerre sans savoir l’utiliser est une situation tout à fait comparable au fait de souffrir d’une « gastro » carabinée en pleine pénurie de papier Lotus triple épaisseur : on risque de se retrouver dans la m… en difficulté !

Par ailleurs, la démentielle force de frappe de Monaco a perdu de sa superbe, et notamment sur ce qui était le plus remarquable pour la plupart des observateurs : les phases de transitions défense/attaque, vives, puissantes, précises et terrifiantes d’efficacité.

La perte des cadres évoquée précédemment n’y est évidemment pas étrangère, d’autant moins que l’OM a également participé à la fête en subtilisant Valère Germain aux Monégasques, un joueur qui, malgré son caractère discret, enrichissait leur animation offensive et démultipliait le danger devant les buts adverses. 

Ces évolutions ont imposé de profonds remaniements du plan de jeu auquel les nouveaux arrivants n’ont pas su s’adapter. De fait, Monaco paraît affaibli, parfois même inquiétant, passant en moins d’un an, du statut de solide outsider à celui de paillasson de la C1, au sein d’un groupe qui semblait pourtant largement à sa portée…

L’adversaire de cette vingt-troisième journée vit ainsi une saison contrastée et peine à rééditer les performances qui l’avaient consacré champion à l’issue du précédent exercice, toutefois, il est toujours capable de coups d’éclat aussi retentissants que le taux d’imposition en principauté est ridiculement bas. 

Les Marseillais peuvent malheureusement en témoigner, leurs trois dernières sorties en Ligue 1 face à l’ASM s’étant soldées par autant de gifles cinglantes. Par conséquent, réduire la bête blessée au simple statut d’équipe en chute libre serait on ne peut plus dangereux, surtout pour l’OM…

Ne pas tendre l’autre joue

En effet, il faudrait, pour que la soirée de dimanche soit belle*, faire chose pareille à celle de l’écrivain insatisfait : repartir d’une page blanche, dans les esprits tout du moins !

Certes, ce Monaco fait beaucoup moins peur qu’autrefois, pour autant la volée de bois vert reçue en septembre aura forcément laissé des traces, aussi bien chez les joueurs que chez Rudi Garcia, lui qui quelques jours avant ce revers mémorable claironnait qu’il avait une excellente défense, « peut-être la meilleure de France » (sic).

Pour faire étalage de toute la confiance qu’il témoignait à l’arrière-garde olympienne de l’époque, il n’avait rien trouvé de mieux que de passer d’une défense à quatre, à une défense à cinq, alignant simultanément aux côtés du toujours vaillant Hiroki Sakai, Hubočan, Dória, Sertic, et Rolando !

Le résultat de ce choix, un rien suicidaire, ne se fit pas attendre : six buts dans la musette par la grâce de la combinaison subtile d’une défense aux abois (et dépourvue de tout automatisme), et d’une gestion des coups de pied arrêtés en phase défensive qui indignerait même des manchots sous acide ! 

* et pour oublier le patronage de l’inamovible et inénarrable et Stéphane Guy…

 

Depuis ce jour maudit, de l’eau et des « Garcia démission ! » ont coulé sous les ponts, et après quelques mises au point, l’OM assume à nouveau son statut. Par des résultats probants d’abord, mais également via des principes de jeu de plus en plus perceptibles.

Il serait donc dommage de s’arrêter en si bon chemin. Ne nous y trompons pas cependant : pour la promenade de santé, il faudra repasser.

Du reste, senorgueillir d’un « rythme de champion »* n’occulte en rien le fait qu’un seul point nous sépare de la bande à Falcao, forte, au demeurant, d’une meilleure différence de buts.

Pour comble d’angoisse, tous les supporteurs de l’OM connaissent la propension de leur équipe à chuter dès qu’elle se retrouve parée d’un statut de favori… Fébriles, ils espèrent néanmoins une victoire, seule à même de consolider le classement actuel des olympiens sur le podium de la L1 et de valider l’énorme travail effectué depuis octobre 2016.

* formule qui avait cours avant que le dopage financier incontrôlé ne soit de mise…

Le coup parfait ?

Comment ne pas être excité à l’idée de gagner dimanche ? Repousser un concurrent direct à quatre longueurs serait assurément une belle opération avant d’aborder une fin de saison que l’on souhaite bien remplie sur fond d’Europa League.

De son côté, l’ASM sera dispensé de joutes continentales eu égard à sa nullité crasse durant l’automne. Ce pourrait être un élément important dans la course au podium, l’aspect physique étant crucial dans l’attribution des accessits de fin de saison…

De surcroît, même si Rudi Garcia à su concerner tout son effectif, les blessures, les petites douleurs lancinantes, l’usure, commencent à pointer le bout de leur nez et pourraient peser au cours du printemps qui s’annonce (points perdus bêtement face à des équipes supposées inférieures, suspensions éventuelles, joueurs indisponibles).

Raison de plus pour maintenir la cadence actuelle sur le plan comptable, sachant qu’en cas de victoire dominicale, nous aurions remporté quinze points sur quinze possibles, soit un superbe mois de janvier !

Au rayon des mauvaises nouvelles, l’absence de Jordan Amavi grève considérablement notre capacité à nous créer des occasions côté gauche, sa qualité de percussion et ses centres n’étant pas compensés par Sakai (en dépit de prestations solides à un poste qui n’est pas le sien).

De ce fait, le jeu offensif penche trop souvent à droite sur Thauvin, qui, s’il enchaîne les matchs sans donner l’impression de faiblir, va bien finir, à un moment ou à un autre, par avoir besoin d’un peu de repos !

Pour pondérer ce déséquilibre, la forme de Dimitri Payet sera cruciale. 

Décevant depuis un an, le meneur de jeu marseillais semble fort heureusement avoir pris conscience que la Coupe du Monde se rapprochait et qu’il était grand temps de briller pour pouvoir s’imaginer en bleu au pays du camarade Vladimir d’ici quelques mois !

Depuis le début de l’année, ses buts et son apport considérable dans le jeu en attestent : « Il est où le bonheur, il est où ? »

Sans doute dans le pré, mais avant de songer à l’Équipe de France, il faudra justifier à l’OM le coût d’un transfert conséquent et celui du plus gros salaire de l’effectif…

Au milieu, Luiz Gustavo et Morgan Sanson ne seront pas de trop. Le premier, pour cadenasser la défense et assurer la relance, le second, pour éclairer le jeu.

Enfin, si par un petit coup du sort notre avant-centre – quel qu’il soit – voulait bien se montrer efficace, nos chances d’être sur le podium en fin de saison n’en seraient que meilleures !

Bref, tout le monde devra être sur le pont, sabre au clair et prêt à en découdre afin de prouver que notre présence parmi les meilleures escouades du championnat n’a rien d’un accident. Mieux, qu’elle est appelée à durer !

Sus aux Monégasques (sans allusion déplacée, merci), et surtout, ALLEZ L’OM !

Écrit par Ragnarok 

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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