OM-LOSC : stop ou encore ?

À quelques heures de la réception de Lille au Vélodrome pour le compte de la 23e journée de L1, les supporteurs marseillais s’essaient tant bien que mal aux pronostics. Bien malin qui pourra prédire le bon résultat, car la similitude du parcours des deux clubs cette saison brouille encore plus les cartes qu’à l’accoutumée.

Obsolescence programmée

À Marseille et à l’exception notable des matches, il semble impossible de s’ennuyer. En effet, chaque semaine – pour ne pas dire chaque jour – apporte son lot de péripéties. C’est bien simple, entre déclarations ridicules, mises en examen, résultats calamiteux et décisions délirantes, la vie de l’institution phocéenne aura rarement été aussi palpitante qu’au cours des derniers mois ! Enfin, pour les journalistes et les observateurs surtout…

Pour les aficionados en revanche, les choses sont différentes. Les plus optimistes espèrent que le club sera vendu à l’issue de la saison, les autres commencent peu à peu à se faire à l’idée que sa splendeur appartient à un temps définitivement révolu. Une hérésie pour les supporteurs, chez qui, par définition, l’espoir est indéfectible, au risque de friser souvent l’aveuglement.

Néanmoins, depuis quelques saisons, l’idée même que l’Olympique de Marseille puisse retrouver de sa superbe s’étiole, se perd, se meurt. Ce phénomène se répand de plus en plus parmi les fans, au sein desquels, les plus jeunes n’ont pas connu Waddle, Pelé ou Papin et les plus anciens ne parviennent toujours pas à oublier Skoblar, Magnusson ou Trésor…

En cause, l’arrivée des Qataris au PSG et la distorsion du championnat qu’impliquent leurs moyens financiers illimités bien sûr, mais aussi et surtout, la gestion catastrophique de l’Olympique de Marseille depuis l’arrivée de Vincent Labrune à sa tête le 9 juin 2011.

Côté cour

Mandaté par Margarita Louis-Dreyfus, Vincent Labrune n’avait qu’un objectif après le titre obtenu en 2010 et l’explosion de la masse salariale : remettre les comptes à l’équilibre.

« Nous avions lancé dès 2011 un plan sur trois ans avec l’actionnaire. L’idée était d’avoir des coûts en phase avec la baisse programmée de nos recettes et de ne plus être dépendant de la Ligue des Champions. C’était une nécessité de survie. »

Cet extrait d’une interview accordée au Journal du dimanche en 2012 était, au demeurant, assez limpide : il s’agissait de rassurer les partenaires financiers, les banques et la DNCG quant à l’avenir du club olympien. Plus loin dans l’article, le président de l’OM prenait cependant soin de mettre en exergue les ambitions de l’institution dont il avait désormais la charge :

Maintenez-vous que l’OM ne pourra se permettre deux saisons sans Ligue des Champions ?

« Quand je l’ai dit il y a six mois, ce n’était pas possible économiquement. Grâce à l’actionnaire et à nos efforts de gestion, ce serait aujourd’hui supportable. Mais ce serait regrettable pour la notoriété du club. Nos objectifs restent toujours élevés. »

Teinté de prudence et avant tout destiné aux fans, ce rappel sonnait déjà bien faux et aujourd’hui, même si la situation économique du club a été clairement assainie, son image est à l’inverse très dégradée. D’ailleurs, personne ne croit plus à cette communication grotesque qui promet l’impossible et nie la réalité la plus évidente.

Plus personne hormis la direction du club et OMTV, bien sûr. À telle enseigne qu’il est dès lors assez mal vu de remettre en cause le discours officiel…

Lamoros

Dernière victime en date de ce dogme un rien stalinien, Manuel Amoros, s’est ainsi vu interdire purement et simplement l’accès à l’espace réservé aux anciens grands noms du club au Stade Vélodrome (« La table des légendes »).  Devant le début d’embrasement des réseaux sociaux au sujet de cette décision aussi inepte qu’injuste, le board a fait machine arrière à la vitesse de l’éclair, de peur que la polémique n’enfle trop sans doute et accouche d’un énième crise médiatique. Paranoïa quand tu nous tiens, schizophrénie quand tu nous conseilles…

De son côté, l’ancien international tricolore campe sur sa position et refuse de se plier à ce dictat proprement scandaleux. Enfin, un peu de classe dans toute cette fange, merci Manu !

Pour le reste, il est vraiment temps de tirer… la chasse à défaut d’autre chose.

Côté jardin

Et l’équipe dans tout ça ? Neuvièmes après vingt-deux journées et incapables de développer une véritable identité de jeu, les footballeurs marseillais peinent à avancer dans ce championnat paradoxalement de plus en plus faible. Face à Lyon, le club phocéen a d’ailleurs subi l’essentiel des débats, mais aurait dû s’imposer si l’arbitre avait fait preuve d’un minimum de compétence voire d’impartialité…

Pour autant, si les Olympiens sont toujours aussi désespérants lorsqu’il s’agit de construire des actions et de les mener à bien, ils se montrent de plus en plus solides en défense, et ce malgré l’absence préjudiciable de Lassana Diarra toujours en délicatesse avec ses adducteurs.

En effet, Rolando, N’koulou et Manquillo  trouvent peu à peu leurs marques. Romao et Isla s’en sortent plutôt bien tandis que Nkoudou, Batshuayi et Cabella s’en remettent aux exploits personnels, à l’abnégation ou à la chance pour trouver le chemin des filets. Un tableau somme toute « prometteur » en regard des confrontations passées et des qualités réelles de l’effectif rhodanien par rapport au reste des équipes qui composent la Ligue 1.

Ce constat mitigé après des semaines de nullité absolue, s’avère toutefois désolant pour un club comme l’OM, et révèle en creux l’absurdité d’une politique sportive tournée uniquement vers les plus-values potentielles et le court terme.

Sur le banc, Michel il arrive à ses fins : dessiner une formation aussi pénible à jouer qu’à voir jouer… Une infamie pour les amoureux de football, mais un ersatz de minimum syndical dans cette compétition au rabais qu’est devenue l’élite du football hexagonal.

Michonetti

De leur côté, quelques jours après avoir infligé une rouste aux hommes de Willy Sagnol, les Dogues ambitionnent sans doute de prendre trois points au Vélodrome. Ils peuvent s’appuyer sur une défense solide, sur la régularité de Vincent Enyama et sur la forme actuelle d’Éric Bauthéac et Sofiane Boufal.

Pas de quoi fantasmer ni même espérer un jeu chatoyant évidemment, mais à l’heure d’affronter une équipe en reconquête timide et tardive sous la férule de Frédéric Antonetti, les Marseillais ne doivent pas douter, car les dogues n’ont plus rien à perdre et jouent désormais le maintien.

En cas de victoire, l’OM atteindrait provisoirement la septième place ; de quoi satisfaire à des « objectifs élevés » sans doute…

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
Article lu 1022 fois, écrit le par Toti Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

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