SMC-OM : it’s a long way to the top…

If you wanna rock’n roll… Cette devise que beuglait Bon Scott entre deux notes de cornemuse il y a quarante ans, s’applique remarquablement à l’OM de Marcelo Bielsa avant ce premier match face à Caen, car pour rester en tête du championnat, il faudra gagner et gagner encore !

 Le double effet qui s’coue

Avec une avance confortable sur ses principaux rivaux à l’issue des huit premières journées de Ligue 1, le club phocéen s’inscrit ipso facto dans une dynamique inédite depuis 2012. À une nuance près : la manière accompagne les résultats

Pour ce faire, l’entraîneur argentin a renoué le dialogue avec les joueurs (un lien qui était en jachère depuis 2010). Outre ses méthodes scientifiques et ses exigences de travail, il a ainsi insufflé une ardeur nouvelle au groupe olympien, une envie permanente d’étouffer l’adversaire, une volonté de se dépasser et le courage de faire et refaire indéfiniment les mêmes efforts.

Témoins de cette métamorphose, la presse, les professionnels du football et les supporters soulignent la qualité de jeu de cet OM retrouvé. Pour autant, les plus sceptiques mentionnent aussi l’investissement des joueurs et sa contrepartie : l’usure.

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Plus c’est long, plus c’est bon…

Face à l’ASSE, et malgré une victoire méritée, l’OM a effectivement montré deux visages distincts : l’un fougueux et conquérant en première période, le second emprunté et laborieux au retour des vestiaires… André-Pierre Gignac l’expliquait d’ailleurs à la fin de la rencontre : « On avait les jambes lourdes, ça s’est ressenti en seconde période avec beaucoup d’espaces entre les défenseurs et les attaquants ».

De fait, chacun se demande logiquement si le groupe olympien pourra soutenir un tel rythme jusqu’au printemps, d’autant plus que El Loco a la réputation de s’appuyer sur un groupe quasi immuable d’un match à l’autre.

En Ligue 1, de tels choix surprennent alors qu’en Liga ou en Premier League notamment, il y a bien longtemps que les joueurs ou les entraîneurs ne se posent plus ce genre de questions : le jeu et la débauche d’énergie primant toute autre considération, les hommes y sont préparés.

C’est sans doute le seul véritable bémol qu’on puisse opposer à la méthode Bielsa

Joie Florian THAUVIN

Brice, Nicolas, Jacques-Alaixys… et les autres

Le calendrier de l’OM relatif à la saison 2014-2015 étant vierge de tout rendez-vous européen, la gestion de l’effectif sera néanmoins considérablement facilitée, et si l’obligation de mobiliser l’ensemble du groupe ne fait guère de doute, Marcelo Bielsa se servira probablement de ce contexte favorable pour contourner les difficultés et galvaniser ses hommes.

Il y aura malgré tout un écueil cet hiver avec la Coupe d’Afrique des nations de football qui se tiendra au Maroc du 17 janvier au 8 février 2015.

D’ici là, le championnat et les coupes nationales auront agi comme un révélateur sur le groupe et l’OM projettera une image aux contours beaucoup plus précis que ceux qu’on entrevoit à l’heure actuelle.

Caen dit-on ?

« On travaille très dur à l’entraînement, on termine souvent K.-O., mais c’est souvent pour cela qu’on arrive à tenir physiquement sur le terrain » (Benjamin Mendy, OMTV).

« Notre avantage cette saison, c’est qu’on ne joue pas de Coupe d’Europe. On va jouer un match par semaine, on aura donc le temps de bien travailler et récupérer. Je pense qu’on peut rester sur cette dynamique » (André-Pierre Gignac, en Zone mixte à la fin d’OM-ASSE).

« Pour l’instant, il fait jouer ceux qui ont compris son système comme Morel, dont je n’aurais jamais soupçonné qu’il puisse évoluer à ce niveau en défense centrale. Et il fera rentrer les remplaçants quand ils auront pu intégrer son travail tactique » (Bernard Caïazzo, La Provence).

« On pourra se poser les vraies questions à la mi-saison. Ce qui est sûr, c’est qu’on a envie de continuer comme ça […] Les titulaires méritent vraiment leur place. Nous, les remplaçants, on essaie d’apporter notre envie quand on fait appel à nous » (Mario Lemina, La Provence).

« Beaucoup d’entraîneurs souhaitent mettre une pression très haut pour la récupération du ballon, mais ils ne se font pas tous entendre. Bielsa met une pression positive sur eux et contrairement à ce qu’on peut penser, il doit beaucoup leur parler et les encourager. Malgré son exigence, les joueurs adhèrent à 100% à ce qu’il préconise. Les joueurs ont envie de lui faire plaisir. Ils adhèrent à la méthode, à l’objectif qu’il leur désigne tous les jours. C’est un tout, et sa façon d’être, de s’exprimer, c’est tout ce qui permet de réussir cette transformation » (Gérard Gili au micro d’Hèlène Foxonet).

Un journaliste : « Les cinq kilos que Gignac a perdus, c’est grâce à vous ?

– Non, si c’était grâce à moi, j’appliquerai la méthode à moi-même ! » (Marcelo Bielsa en conférence de presse)

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Back in bloc

Après deux saisons passées en Ligue 2, le Stade Malherbe de Caen est revenu parmi l’élite pour la cinquième fois depuis 1970, notamment grâce à son entraîneur Patrice Garande et à son avant-centre, Mathieu Duhamel.

Conscients de jouer le maintien, les Caennais font un début de saison honorable et occupent actuellement la treizième place du classement. Solides derrière, courageux au milieu et audacieux devant, ils sont néanmoins tributaires des performances de leur attaquant fétiche en manque de réussite depuis le début du championnat (deux buts seulement).

Vaillante face au PSG, malgré une défaite relativement logique eu égard à la qualité des offensives parisiennes, l’équipe normande n’a pas su trouver la faille contre Lens lors de la huitième journée et semble aujourd’hui bien désarmée avant d’affronter l’OM de Marcelo Bielsa (en dépit de l’arrivée imminente d’Alaeddine Yahia en provenance de Lens). Ce n’est pas Florian Raspentino, ancien pensionnaire de la Commanderie et désormais locataire du Stade Malherbe qui dira le contraire !

Il faut pourtant se méfier des apparences, car le SMC n’abdique pas même lorsqu’il est mené au score et Mathieu Duhamel ne manque pas de talent. En outre, Patrice Garande prône le jeu et n’hésite pas à prendre des risques. On a connu des adversaires moins ambitieux…

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Caen dira-t-on ?

Ce match que Marseille peut logiquement aborder avec confiance n’est donc pas exempt de pièges en cas de déconcentration et pour avancer, l’OM devra confirmer après sa profession de foi. Sûr de sa méthode et de sa force, Marcelo Bielsa alignera quant à lui son onze de départ (à moins d’une alerte de dernière minute concernant Payet ou Romao). En cas de victoire, l’horizon sera encore plus clair pour l’OM comme pour ses adversaires.

Espérons que les bonnes résolutions de l’Olympique de Marseille tiennent plus longtemps que celles du regretté chanteur d’AC/DC !

It’s a long way to the top…

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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