Tapis vert

C’est la reprise et l’effervescence règne parmi les pensionnaires de Ligue 1. Pour l’Olympique de Marseille et le Stade Malherbe de Caen qui s’affronteront dans l’enceinte du Vélodrome dès samedi, la saison à venir constitue même un véritable coup de poker en trente-huit manches, mais n’ayez crainte, car OMlive mise pour vous : check !

OM cash-game

André Ayew, Jérémy Morel, Rod Fanni, Dimitri Payet, Giannelli Imbula et André-Pierre Gignac ne font plus partie de l’effectif olympien. Avec ces départs qui s’ajoutent à ceux de l’été 2014 (Valbuena, Diawara, Cheyrou), l’OM a changé de visage et d’époque, celle des années d’excès et d’errance qui ont suivi le titre de 2010.

Face à l’explosion de la masse salariale et au raz-le-bol de Margarita-Louis Dreyfus, Vincent Labrune a en effet décidé de changer de politique économique et de corriger ses erreurs passées : finis la démesure, les salaires insoutenables et les prolongations de contrat absurdes (quitte à aller au conflit et laisser partir libres certains éléments) !

VL

Un vœu pieux suivi d’actes d’abord timides, car avant de trouver LA solution, l’homme à la chevelure en pente douce, aux méthodes hasardeuses et au bilan catastrophique a tout essayé pour convaincre des supporteurs qui ne lui pardonnent plus rien (à juste titre). Sans succès.

En coulisses, Élie Baup, Laurent Spinosi, José Anigo et Albert Émon ont également tiré leur révérence. Il était temps, et si certaines brebis galeuses s’agitent encore en arrière-plan (Michel Chatron, Guy Cazademont, les frères Berbachi…), leur pouvoir de nuisance semble être passé au second plan.

Espérons que ce soit définitif et qu’à leur tour, ces parasites s’éloignent rapidement de l’OM !

Le dénominateur commun de cette saine (r)évolution est un Argentin de soixante ans, adepte du beau jeu, de la rigueur, du travail acharné – et bien fait – de la précision, du détail qui fait la différence, de l’effort permanent, de la vidéo, de la prédominance du collectif sur l’individuel, du spectacle, de la grinta, du mérite, de la simplicité, de l’audace, de la sincérité, du fairplay, et accessoirement, des glacières les plus confortables du marché !

Bielsa-17

La trouvaille du président, c’est lui et son arrivée a coïncidé avec la révolte légitime de la majorité habituellement silencieuse des supporteurs au printemps 2014. Une révolte exprimant enfin l’indicible devant les caméras de Canal + : « Anigo démission ! »

Sceptique après tant de désillusions, le public marseillais n’a accordé que très peu de crédit à ces évènements jusqu’à ce que le ciel se dégage, que la magie argentine opère — au moins pendant six mois — et que, de son côté,  l’homme au crâne de satin pose ses valises en Tunisie.

Concomitamment, les aficionados du club ont recommencé à parler de football et retrouvé le chemin d’un Stade Vélodrome considérablement agrandi et modernisé.

Oh, toujours avec autant de mauvaise foi et d’approximation technique bien sûr, mais en renouant, enfin, avec l’essentiel d’une passion qui s’était éteinte depuis belle lurette en dépit d’un soubresaut furtif pendant les brefs passages d’Éric Gerets et de Didier Deschamps.

Une réussite turgescente sans Qatar ni Viagra, qui a fait monter l’audimat moribond de la L1 dans le bureau de Cyril Linette (un observateur avisé de la « chose » provençale).

Supp

Cote implicite inversée

Contraint de présenter à la DNCG des comptes à l’équilibre dès le 30 juin dernier, l’OM a dû se séparer rapidement de Dimitri Payet et de Gianelli Imbula pour compenser un déficit de vingt millions d’euros et les conséquences d’une non-qualification en Ligue des Champions à l’issue de la saison 2014-2015 de Ligue 1.

Avec un solde positif de quinze millions d’euros sur ces ventes en début de mercato et l’allègement considérable de sa masse salariale du fait de la non-reconduction de plusieurs gros contrats (Gignac, Ayew et Payet notamment), le club phocéen a pu retrouver une certaine sérénité financière et un peu de liberté sur le marché des transferts.

dncg

Une bien maigre consolation pour des supporteurs habitués aux recrutements catastrophiques des dernières années, et orphelins d’Ayew pour sa générosité comme de Payet pour sa technique et sa vision du jeu !

De son côté, pour rebâtir correctement son équipe en évitant les péripéties brésiliennes de la saison passée, Marcelo Bielsa, l’idole des supporteurs, a mis la signature de son propre contrat dans la balance, obligeant la direction du club à suivre ses recommandations.

Outre Lucas Ocampos qui était prêté par Monaco et souhaitait rester à Marseille, le groupe a ainsi rapidement accueilli Karim Rekik, Georges-Kevin N’Koudou, Yohann Pelé (libre), et Bouna Sarr (transferts). Plus tard, Javier Manquillo est arrivé en prêt depuis l’Atletico Madrid via Liverpool, suivi de Lassana Diarra, et Abou Diaby (qui étaient libres de tout contrat).

Mercato 5

À bien y regarder, c’est une campagne de recrutement plutôt judicieuse sur le papier, mais il manque encore un joueur réellement capable de suppléer Batshuayi et un autre susceptible d’évoluer dans l’entrejeu comme relayeur.

Les amoureux de l’OM ne cachent d’ailleurs pas leur inquiétude face à cet effectif intéressant, mais jeune et encore tendre en dépit de sa prestation convaincante face à la Juventus de Turin lors de la deuxième édition du trophée Robert Louis-Dreyfus.

ELDu reste, il est évident que les cas Diarra et Diaby sont des paris audacieux, voire très audacieux.

Si le staff médical de l’OM parvient à remettre sur pieds ces deux excellents joueurs, alors l’équipe de Marcelo Bielsa deviendra rapidement une machine de guerre pour la L1 et peut-être même en Ligue Europa, car oui, cette année, l’OM renouera avec l’Europe.

Dans le cas contraire, la mayonnaise risque de tourner rapidement au vinaigre, faute d’un milieu solide en défense et efficace en relance…

Fort heureusement et pour paraphraser la presse parisienne qui trouve matière à se gausser du moindre aspect du travail de l’entraîneur argentin à Marseille : « in Bielsa we trust ! »

Écart-type

Pour le Stade Malherbes de Caen, impliqué dès le mois de novembre 2014 dans l’affaire des « matchs présumés truqués » du Nîmes Olympique (au cours de laquelle le président Jean-François Fortin et le directeur de la sécurité Pilou Mokkedel ont été mis en examen), l’objectif est simple, puisqu’il s’agit de confirmer un retour parmi l’élite après une première saison difficile, mais prometteuse.  

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Sous la férule de Patrice Garande, ancien avant-centre prolifique (dans les années quatre-vingt du côté d’Auxerre et de Saint-Étienne), les Normands renforcés par Julien Féret et Rémy Vercoutre ont en effet réussi à produire du beau jeu pendant plusieurs semaines et fait preuve d’audace quand la plupart des « petits clubs » optaient, par confort, pour la frilosité défensive à laquelle la Ligue 1 nous a habitués depuis des lustres.

SMC

Le bilan est même flatteur avec quarante-six points, une treizième place au classement de L1 et cinquante-quatre buts inscrits, soit la quatrième meilleure attaque du championnat !

Pas mal pour un promu, le seul d’ailleurs, à se maintenir à flot parmi les lauréats de l’exercice précédent (RC Metz & RC Lens) !

Pas mal oui, mais du côté de la défense, c’est moins brillant avec cinquante-cinq buts encaissés, dont quinze penaltys (même avec des arbitres parfois sévères, voire injustes, ça fait beaucoup)…

Conscient de ses insuffisances – et des nombreux départs à venir – le club bas normand s’est assuré les services de Chaker Alhadhur (latéral polyvalent en provenance du FC Nantes), de Florian Le Joncour (défenseur central de CFA), et de l’international tunisien Syam Ben Youssef (défenseur central).

2

Devant et au milieu, les Caennais ont également fait les choses correctement en recrutant Andy Delort en provenance de Wigan pour 1,4 million d’euros (meilleur buteur de L2, 2014-2015 avec le FC Tours), Jonathan Delaplace pour 0,6 million d’euros (milieu offensif du Losc), Jordan Nkololo (milieu offensif du Clermont Foot 63), Jeff Louis (milieu offensif du Standard de liège), et Vincent Bessat (ailier gauche du FC Nantes).

Afin de réaliser ces différentes opérations, le SMC a dû se séparer de N’Golo Kanté et de Thomas Lemar, les deux valeurs montantes de l’effectif.

1 Le premier est parti vers Leicester contre un chèque de neuf millions d’euros après un savoureux échange entre son directeur sportif, Xavier Gravelaine, et l’OM qui espérait le recruter pour environ la moitié de cette somme, quant au second, il a filé vers Monaco en échange de quatre millions d’euros.

Deux très belles ventes pour un petit club à peine revenu de L2, mais deux sacrifices sportifs, évidemment. Des départs auxquels il faut également adjoindre les retours de prêt d’Emiliano Sala (GdB), Nicolas Benezet (ETG), et de Sloan Privat notamment (KAA La Gantoise).

Variance

La défaite 2-3 en février face à des Normands surmotivés fait office de piqûre de rappel. Pour autant et sur son terrain, l’escouade olympienne sera évidemment favorite.

En outre, l’expérience acquise au fil des rencontres par une partie de l’effectif devrait commencer à porter ses fruits.

Cette saison, Marseille n’aura d’ailleurs droit à aucune marge d’erreur et l’effet de surprise de l’exercice précédent ne jouera plus en sa faveur.

Cool tank

Marcelo Bielsa et ses adversaires le savent bien : il faudra trouver de nouvelles ressources, établir de nouvelles tactiques et bâtir une motivation sans faille pour gêner ces équipes qui s’agglutinent dans le sillage des cadors de Ligue 1.

« Battre les gros », bien sûr, mais surtout, ne plus commettre le moindre impair face aux « petits » comme les années précédentes.

Les hommes de Marcelo Bielsa devront donc apprendre vite, jouer vite (et bien), et comme le dit une célèbre publicité « vaincre vite ou leur défaite sera rapide ».

Seront-ils nos héros ? On en saura plus demain soir. Allez l’OM!

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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3 Réponses pour Tapis vert

  1. Vous êtes bien urbains, merci les keupins (rime) ! 🙂

  2. avatar De selfmade footix le 7 août 2015 à 23h25

    Bel article factuel et précis montrant une vraie compréhension du contexte. Bref, l’antithèse de Menes !
    Beau boulot, bro !

  3. J’ai bien fait de te laisser cet AM. 😉

    Super article toti.
    On a interet à bien lancer notre saison à domicile. Nos 5 premiers matchs doivent nous rapporter 15 points, largement à notre portée. En attendant le retour de Diarra et Diaby, à ce moment là, l’OM sera très dur à prendre.