OM-Benfica (2-1) : 23/07/14

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… » Heureux sont pourtant les Marseillais qui n’ont pas connu ce fameux soir d’avril 1990 et cette main du destin qui s’appelait alors, Vata…

Montpied, mon œil !

Heureux oui, et tous les autres aussi, car 24 ans plus tard en ce 23 juillet 2014, le hasard des matches de préparation renouvelle cette affiche chargée d’histoire !

Pour l’occasion, le groupe Olympien vainqueur face au Bayer Leverkusen est reconduit et enrichi de deux jeunes joueurs professionnels : Stéphane Sparagna en défense, et Jérémie Porsan-Clemente en attaque (soit 18 joueurs au total). De son côté, Benfica a déjà joué deux matches et s’est imposé en amical face à Estoril (1-0) avant de concéder une défaite dans le Tournoi de Lisbonne contre le Sporting Portugal (0-1). Le club lisboète, fidèle à sa politique économique, vient par ailleurs de laisser partir ses deux joueurs les plus influents (Rodrigo et Marković), et s’apprête à voir s’envoler Nicolás Gaitán.

Les deux formations font leur entrée sur la pelouse du Stade Gabriel-Montpied de Clermont-Ferrand, cher au cœur de Romain Alessandrini. Les 9500 places de l’enceinte ayant été vendues, la rencontre se joue à guichets fermés. Le temps est dégagé et la température estivale beaucoup plus clémente qu’à Seekirchen quelques jours plus tôt. Monsieur Ruddy Buquet préside les débats avec l’aide de ses assistants.

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Pressing à sec

Apprenant de ses erreurs, l’OM commence immédiatement à presser haut, quitte à prendre des risques et travailler dur. Thauvin, Imbula, Gignac, Payet et Dja Djédjé, sont visiblement très en jambes et multiplient les tentatives pour déstabiliser l’équipe adverse. Ce travail se concrétise par une occasion de Thauvin dès la 2e minute.

Marcelo Bielsa semble avoir opté cette fois pour un schéma oscillant du 4-3-3 au 3-4-3. Si Romao évolue en défense centrale aux côtés de Lucas Mendes à gauche et de Brice Dja Djé Djé à droite, Mario Lemina est quant à lui revenu au milieu du terrain en compagnie de Gianelli Imbula dont il couvre les arrières.

L’OM se fait réellement pressant et obtient un premier corner côté droit grâce à Gignac (5e). Malgré une superbe frappe de Thauvin, la menace est aisément repoussée par l’excellente défense des Aigles, toujours laborieuse et disciplinée.

La rencontre prend très vite un tour plaisant, car Benfica n’est pas en reste et oppose un bloc compact et combatif qui gêne les relances marseillaises. Si bien d’ailleurs que les hommes de Marcelo Bielsa finissent par céder sur une incompréhension entre Lucas Mendes et Romao, qui se télescopent devant Brice Samba… Gaitán n’a plus qu’à propulser le ballon dans les buts phocéens. Benfica mène au score.

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Galvanisés par cette pique inattendue, les Marseillais redoublent d’efforts et semblent retrouver l’adresse et le sens de l’anticipation qui leur faisaient un peu défaut au cours du premier quart d’heure. Payet entame ainsi un festival de passes inspirées et d’actions brillantes, tandis qu’Imbula bien relayé par Lemina s’impose véritablement dans la récupération et la relance y compris sur le côté de Brice Dja Djé. À la 17e minute, Thauvin lancé par Payet se joue de son opposant direct et place une tête qui s’envole de peu au-dessus de la barre transversale des buts de Benfica.

Qu’à cela ne tienne ! La mécanique mise en place par l’entraîneur argentin commence à porter ses fruits et les Phocéens gagnent en maîtrise. L’OM se bat sur tous les ballons, joue vite, joue juste, joue intelligemment et trouve la faille sur coup de pied arrêté. D’abord grâce à un coup franc indirect qui met clairement en difficulté les hommes de Jorge Jesus et manque d’être repris de la tête par Lemina, puis sur un nouveau corner, côté gauche cette fois grâce aux efforts de Thauvin et d’Imbula.

Payet s’applique à donner juste ce qu’il faut de hauteur, d’effet et de puissance, et Gignac qui saute plus haut que tout le monde place une superbe tête dans les filets portugais. L’OM vient d’égaliser avec beaucoup de calme et de maîtrise grâce à son capitaine, enfin récompensé de ses efforts. Ça paraît tellement simple en jouant de la sorte ! Ça paraît tellement simple en jouant… au foot !

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Sur sa lancée, l’équipe marseillaise ne faiblit pas et prend un léger ascendant sur Benfica, le jeu devient un peu plus rugueux jusqu’à un échange d’amabilités entre Thauvin et Gatán qui écopent chacun d’un carton jaune mérité (pour antijeu). L’incident, par ailleurs très anodin, casse le rythme de la rencontre, de moins en moins amicale il faut bien le dire… Quelques secondes plus tard, c’est au tour d’Imbula intenable dans l’entrejeu, de subir une faute grossière de la part de Talisca. Ce dernier est logiquement averti, tout comme Dja Djédjé pour protestation…

Les aigles bénéficient d’un corner, mais ne parviennent pas à se montrer dangereux (34e). Peu après, Lucas Mendes cède sa place du fait d’un petit ennui physique. Il est remplacé par Jérémy Morel (39e).

Malgré ces interruptions successives dans le déroulement du match, le jeu reste à l’avantage des Marseillais (55 % de possession), qui se créent une nouvelle occasion de grâce à Thauvin sur un centre de Mendy à la 41e minute. Un dernier hors-jeu de Gignac vient clore cette première mi-temps animée et convaincante de la part des deux équipes.

E pluribus unum

Au retour des vestiaires, Gignac et Lemina cèdent leur place à Batshuayi et Sparagna.

Benfica semble avoir retrouvé de l’allant alors que l’OM met du temps à reprendre ses marques et concède des fautes stupides. Sur un coup franc indirect des portugais, Marseille échappe de peu à la sanction grâce à l’intervention de Jérémy Morel qui sauve en corner (54e). Les Aigles manquent cependant de conviction dans leurs actions et laissent passer cette opportunité.

Le jeu tâtonne des deux côtés, mais Morel veille et relance vers Payet qui adresse immédiatement une passe lumineuse en réponse à un excellent appel de Mitshuayi. Le jeune attaquant belge s’ouvre une brèche entre deux défenseurs, évite tranquillement la sortie du gardien lisboète et expédie le ballon dans le petit filet des buts de Benfica (56e).

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Malgré quelques errements défensifs, Marseille reprend l’avantage sur ce superbe contre. Simple, limpide, efficace, le banc marseillais applaudit et les supporters aussi. Ça fait des lustres qu’on n’a plus vu ça, même en match de préparation ! Sans même s’en rendre l’équipe de Marcelo Bielsa vient de faire sienne la devise de Benfica : « E pluribus, unum » (« de plusieurs, un » ou plus directement, « l’union fait la force ») !

L’OM s’impose alors peu à peu dans les débats et répond à la rugosité de la formation portugaise notamment avec le jeune Sparagna qui se fait remarquer par un excès d’engagement et de zèle dans ses interventions.

À ce petit jeu-là, c’est pourtant Franco Jara qui remporte la mise haut la main. Pris de vitesse, il se rend en effet coupable d’une véritable agression sur Dimitri Payet à la 60e minute. L’arbitre ne tergiverse pas et exhibe immédiatement un carton rouge. Les Lisboètes sont à dix, mais les Marseillais aussi, car le milieu offensif de l’OM est toujours à terre et semble réellement souffrir… Le temps s’est arrêté, l’air est lourd et le joueur sort finalement sur civière alors que le public scande son nom.

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Les supporters ont la gorge sèche, et pour la première fois, Marcelo Bielsa semble un peu atteint comme en témoigne son regard incrédule.

Le gardien Artur Moraes cède sa place à Paulo Lopes dans les buts du Benfica, et du côté olympien, Benoît Cheyrou et Morgan Amalfitano succèdent respectivement à Imbula à Thauvin. Contre toute attente, le poste de Payet est laissé vacant… Ces opérations prennent du temps et finalement le joueur reprend son poste après quelques minutes de soins, plus de peur que de mal (63e) !

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À l’arrière-plan, les caméras saisissent furtivement Florian Thauvin serrant la main de son entraîneur et celui-ci le gratifiant en retour d’un geste amical. Voilà qui fait plaisir ! Très rapidement, c’est au tour de João Cancelo de remplacer Luis Felipe (66e), mais sur la pelouse, la partie peine à reprendre d’autant que Benjamin Mendy s’écroule après une accélération… Décidément ! Heureusement, l’incident est sans gravité et le joueur revient en jeu quelques instants plus tard, juste avant d’être prudemment remplacé par Jérémie Porsan-Clemente.

Spapor

Quand ça veut plus, ça veut plus…

L’OM maîtrise désormais la rencontre, et Jérémy Morel s’autorise même une frappe dangereuse (74e). Victor Andrade entre à la place de Talisca. La fatigue se fait sentir des deux côtés, et les esprits s’échauffent un peu, mais les arbitres maîtrisent leur mission et calment tout le monde par le dialogue.

Benfica se réveille à la 89e minute avec un coup franc indirect par qui offre à Joao Texeira une balle d’égalisation. Sa reprise frôle le poteau droit de Brice samba. Deux minutes plus tard, le portier de l’OM doit s’employer sur une frappe lointaine d’Andrade. Il pare sur la droite offrant un corner aux Lisboètes. L’action ne donne rien.

À la 93e minute, Dimitri Payet conclut sa prestation par un dernier coup d’éclat et propulse le ballon juste au-dessus des buts portugais. Monsieur Buquet siffle la fin de la rencontre.

L’OM emporte son deuxième match de la saison face à une solide équipe de Benfica sur le score de 2-1. Prochaine étape, Willem II à Albertville !

 

L’homme du match

Payet 5.5/6 ★★★★★½ 

Étincelant du début à la fin de la rencontre, le milieu offensif a allumé la mèche deux fois pour dynamiter l’équipe de Benfica !

L’équipe

Samba 4/6 ★★★★☆☆ 

Rarement en danger, le portier de l’OM a su néanmoins déjouer quelques frappes bien placées. Trahi par sa défense, il ne peut rien sur le premier but, en revanche son jeu aux pieds est insuffisant et rend certaines relances inutilement dangereuses.

Mendy 3/6 ★★★☆☆☆ 

Le jeune latéral gauche marseillais n’a pas démérité, mais sa performance convainc moins que face au Bayer Leverkusen. Il doit encore progresser dans l’anticipation en défense et dans l’impact en attaque.

Morel 4.5/6 ★★★★½☆ 

Timide lors du premier match, il a remplacé Mendes et réalisé une prestation solide notamment en prenant part à deux actions clés de la rencontre.

Mendes 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Plutôt à son aise, le défenseur brésilien a bien tenu son poste, sauf dans le domaine aérien ou il a manqué de présence. Il ne peut rien faire sur le premier but suite à l’erreur de Romao et sort à la 39e minute en raison d’une gêne physique.

DjaDjédjé 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Entreprenant et efficace en début de rencontre, il s’est un peu éteint ensuite et a commis quelques erreurs de placement. Il pénalise son équipe en recevant un carton stupide pour protestation. ce qui lui coûte un demi point.

Romao 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Plus à l’aise que lors de la première rencontre, le joueur togolais délivre une bonne prestation. Il commet cependant une erreur de communication et de placement en première période qui offre le premier but de la rencontre aux Lisboètes (et lui coûte un point dans notre notation)… Sachant qu’il découvre ce poste, il est difficile de le blâmer. Il devra se montrer toutefois plus rigoureux sur le plan tactique et plus propre dans certaines interventions pour éviter les désagréments d’un arbitrage pointilleux (en dépit d’une évidente volonté de bien faire).

Imbula 5/6 ★★★★★☆ 

Puissant, constant, efficace, malin et plein de sang froid, Gianelli Imbula a fait son meilleur match sous le maillot olympien. Couvrant le côté droit pour épauler brice Dja Djédjé, récupérant plusieurs ballons délicats devant sa défense, et proposant de bonnes relances en duo avec Dimitri Payet, il a pesé considérablement dans l’entrejeu et compliqué la tâche des joueurs lisboètes.

Cheyrou 3/6 ★★★☆☆☆ 

Entré à la 60e minute à la place d’Imbula alors que le jeu était au point mort, et le match quasiment joué, il a rempli son rôle sans décevoir, ni briller. Difficile de lui donner une autre note dans ces circonstances.

Amalfitano 3/6 ★★★☆☆☆ 

Entré à la 60e minute à la place de Tahuvin, il est l’objet du même commentaire et se voit attribuer la même notation que Benoît Cheyrou.

Lemina 4.5/6 ★★★★½☆ 

Revenu à son poste de sentinelle, il a très bien protégé sa défense et mis en valeur le travail d’Imbula. Plus percutant que lors de la première rencontre, il manque encore d’expérience (dans l’anticipation notamment), mais sa prestation est très honorable.

Alessandrini 2/6 ★★☆☆☆☆ 

Emprunté, hésitant, imprécis, il est passé à côté de son match malgré son envie de bien faire.

Thauvin 5/6 ★★★★★☆ 

Véloce, rugueux, incisif, inspiré et concentré, l’ailier marseillais réalise une première mi-temps très encourageante à quelques encablures du championnat. Il sort à l’heure de jeu et alors qu’il serre la main de son entraîneur, celui-ci lui adresse un geste paternel.

Sparagna 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Pour son premier match professionnel sous les couleurs marseillaises, le jeune défenseur a justifié l’intérêt que lui portait Marcelo Bielsa. Vif, puissant et rêche, il a contrôlé les quelques attaques portugaises en fin de match et permis à son équipe de rester solide. Son excès de zèle l’a conduit à commettre quelques fautes grossières qu’il devra gommer rapidement.

Porsan 3/6 ★★★☆☆☆ 

Entrant en jeu pour remplacer Benjamin Mendy victime d’un pépin physique, il a essayé de s’imposer du haut de ses 16 ans et a même tenté une difficile reprise de volée sur un centre intéressant de Payet. À suivre.

Gignac 4.5/6 ★★★★½☆ 

Percutant et maladroit comme à son habitude, l’avant-centre marseillais a pourtant fait un bon match ! À la réception d’un corner parfaitement dosé par Payet, il égalise d’une tête imparable en se jouant de la défense de Benfica. Peu de reproches à faire en regard de cette prestation convaincante, mais si l’on salue la pugnacité du buteur de l’OM, on regrette tout de même ses approximations récurrentes à l’abord de la surface de réparation adverse…

Batshuayi 4.5/6 ★★★★½☆ 

Deuxième titularisation pour l’attaquant belge qui démontre une fois de plus toute son application, et son talent ! Rapide, puissant, concentré et altruiste, son entente avec Payet fonctionne à merveille. Il permet à l’OM de s’imposer grâce à un superbe but quelques minutes après son entrée sur le terrain.

 

 

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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