OM-ETG : abondance de rien ne nuit pas

Marseille accueillait Évian ce samedi pour le compte de la 23e journée de L1. La rencontre s’annonçait difficile pour chacune des formations en lice, et de ce côté-là, elle a tenu toutes ses promesses. Pour le spectacle en revanche, les 46 579 spectateurs présents au Stade vélodrome sont restés sur leur faim…

Disette traditionnelle

D’un côté comme de l’autre, les prestations très inégales depuis la reprise renforçaient, l’importance d’une éventuelle victoire et les enjeux étaient de taille : conserver la deuxième place pour l’OM et s’éloigner de la zone de relégation pour Évian. Le groupe olympien bénéficiait toutefois des retours de Fanni et d’Alessandrini, et s’annonçait favori à domicile dans un 4-2-3-1 rassurant pour les supporters, moins pour les statistiques. Plus souriant qu’au match aller, Pascal Dupraz adoptait le même schéma tactique pour faire prudemment face aux hommes de Marcelo Bielsa.

Indigence pratique

Un OM favori ? Peut-être, mais les Évianais ne l’entendent pas de cette oreille.

Vingt-cinq secondes après le premier coup d’envoi sifflé par Monsieur Schneider en Ligue 1, Daniel Wass prend de vitesse la défense marseillaise sur son flanc droit et pénètre dans la surface de réparation. Rod Fanni, qui n’avait pas eu le temps sortir sa caméra et de régler le ralenti interrompt l’action brutalement sans toucher le ballon.

Un murmure angoissé parcourt les travées du Vélodrome, mais Monsieur Schneider reste impassible et siffle une sortie de but pour l’OM… Décidément, la Ligue 1 se bonifie d’année en année ! Bravo et merci, Monsieur l’arbitre: pour un début en fanfare, c’est réussi !

Les premières minutes de la rencontre sont un peu plus encourageantes, car les deux équipes essaient de s’approprier le cuir et attaquent à tour de rôle. L’OM obtient un corner (3e). Payet s’exécute, mais sa frappe, mal ajustée, permet à l’ETG de se dégager et de lancer un contre dangereux. Le rythme s’accélère et le jeu gagne un peu en intensité avec des contacts qui se succèdent de part et d’autre. M. Schneider accorde un coup franc intéressant aux Marseillais (5e), mais les Olympiens restent inoffensifs.

Peu à peu, l’OM prend un léger ascendant sur son adversaire et tente de varier les offensives sur les côtés. Alessandrini se démène ainsi sur l’aile gauche et finit par déséquilibrer la muraille savoyarde grâce à une belle accélération. Il expédie un centre parfait au second poteau vers Dja Djédjé, oublié par son vis-à-vis à proximité immédiate des buts évianais. Le latéral ivoirien reprend de la tête et rate le cadre de quelques centimètres ! Les supporters n’en reviennent pas tant l’action était limpide et semblait devoir se conclure par une ouverture du score en faveur de l’OM ! Incroyable…

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Légitime défonce

Rassurée après ce premier coup de semonce sans conséquence, l’escouade évianaise se ressaisit et propose une première action bien construite. En l’absence d’un véritable avant-centre, c’est toutefois peine perdue. Les Marseillais quant à eux monopolisent le ballon et montrent plus de cohérence et d’abnégation que lors des derniers matches, mais faute de vitesse, d’adresse et de précision, l’animation offensive reste hésitante, empruntée, prévisible…

Au fil des minutes qui s’égrènent, les deux équipes se neutralisent et les débats s’enlisent.

Côté olympien, Fanni aggrave son cas avec une passe mal assurée vers Mandanda alors que Ramirez jaillit dans son dos (23e). Heureseument, Morel est dans un grand soir et lui sauve la mise en interceptant l’attaquant sur un coup d’épaule viril en pleine surface – et sujet à caution – faisant suite au tacle magistral dont il avait gratifié les supporters sur une tentative dangereuse de Benezet quelques minutes plus tôt (17e). Pendant un bref instant, le fantôme de Marcel Desailly semble hanter la pelouse sous les vivats de l’assistance et l’impassibilité de l’arbitre !

Paradoxalement, la réalité est moins savoureuse du fait d’une osmose totale entre le public et les joueurs : Evian fait son maximum, ce qui est peu, et l’OM déploie le minimum syndical, c’est-à-dire, pas grand-chose de plus. Bref, tout le monde s’emmerde goulûment !

Alessandrini poursuit néanmoins ses efforts et décoche une frappe complètement ratée, dont profite Gignac à l’issue d’un contre improbable.  Il prolonge sur Thauvin, lequel propulse le ballon au fond des filets ( 27e) ! Dans la confusion, la clameur naissante du stade s’éteint avec la décision de l’arbitre assistant qui signale une position de hors-jeu… On s’emmerde, mais au moins le suspense est total !

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Minimalisme normatif

Les actions défensives se font plus mordantes et Koné hérite d’un carton jaune pour une faute sur Thauvin. Alessandrini se charge de tirer le coup franc. Sans succès. Visiblement, Marcelo Bielsa a décidé d’interdire à Thauvin de s’occuper du moindre coup de pied arrêté. Depuis le temps qu’on l’attendait… Merci Marcel !

De toute évidence, l’OM est dans l’incapacité d’accélérer le jeu et multiplie les errances à gauche, à droite, au centre… Rien n’y fait et l’ETG est bien regroupé en défense. Le public qui s’est réveillé depuis le but refusé pousse cependant son équipe et Marseille commence à ouvrir quelques petites brèches çà et là.

Sur son flanc droit, Brice Dja Djédjé est clairement le joueur le plus en vue avec Morel. Il sillonne l’aile inlassablement et ses efforts finissent par payer. À la trente-deuxième minute, il lance Florian Thauvin qui centre pour Gignac. Le Martégal décroise trop sa tête et le cuir passe de peu à côté des filets de Leroy. L’action a le mérite de réveiller un peu le groupe phocéen qui réitère ce mouvement dès la trente-cinquième minute, mais Gignac échoue de beaucoup cette fois.

Malgré la domination de l’OM (67% de possession), le match est réellement poussif et les actions avortées se succèdent, comme en atteste cet énième corner repoussé par les Savoyards (39e). Le répit n’est que de courte durée pour l’ETG, et suite à une mauvaise relance, Payet tente une reprise de volée de l’extérieur du droit. Son tir passe de très peu au-dessus des buts d’Évian ! Les Marseillais semblent pourtant beaucoup plus présents depuis quelques minutes avec Thauvin puis Payet qui sert Morel sur un énième corner. Hélas, le défenseur de l’OM rate sa tête… Chose rare, le Stade clame son nom !

En dépit d’un centre stérile de Mendy (45e), ce sera tout pour une première période soporifique et faible de part et d’autre.

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Plénitude et vacuité

Après la pause, chacun reprend son petit train-train.

Payet donne un coup franc à Evian pour une faute sur Wass (46e), mais le virevoltant danois n’est guère inspiré et Mandanda passe lui aussi une soirée tranquille. Le tournant du match intervient à la 47e : Barbosa déséquilibre Payet dans la surface Évianaise et M. Schneider siffle immédiatement penalty. Ce n’est pas illogique, mais cette décision un rien généreuse a de quoi irriter les savoyards si l’on songe à la faute évidente de Fanni sur Benezet en tout début de rencontre…

Au coup de sifflet, Gignac s’élance et frappe fort à raz de terre au beau milieu milieu du but. Surpris, Leroy bondit sur le côté droit et voit littéralement le ballon lui glisser sous le nez. Le stade exulte et l’OM ouvre enfin le score. Ce n’est pas tout à fait immérité, mais c’est un peu heureux tout de même. Dans la foulée, l’avant centre olympien court remercier celui qui l’a aidé à faire le bon choix au moment de tirer : Stéphane Cassard, l’entraîneur des gardiens de l’OM.

L’OM retombe alors dans la fébrilité sans que l’ETG ne se montre plus menaçant pour autant. Pire, les Marseillais semblent vouloir  protéger le score… un comble avec Marcelo Bielsa sur le banc ! Qu’à cela ne tienne ! Le temps passe et le jeu s’éteint complètement, malgré un sursaut de Mendy qui prend sa chance en vain (55e). À la 57e, le penalty est le seul tir cadré de l’OM…

Les deux entraîneurs procèdent à un premier changement dès l’heure de jeu : Barbosa et Alessandrini sortent au profit de Fall et Batshuayi.

L’OM garde tranquillement la maîtrise des débats, mais plus rien de notable ne se produit jusqu’à la soixante-dix-septième minute ! Payet expédie un bon ballon dans la surface savoyarde sur un coup franc excentré à droite. Dans le cafouillage qui s’ensuit Romao reprend le cuir de volée, mais son tir s’envole dans les tribunes *. Le Vélodrome s’ébroue de nouveau, mais tout le monde peut se recoucher avant même que Mendy puis Thauvin ne soient respectivement remplacés par Aloé et Omrani (82e et 86e).

Signalons néanmoins le loupé grandiose de Gignac sur un débordement de Payet côté gauche et la brillante faute de Romao sur Wass histoire d’offrir un dernier coup franc à Évian, avant de faire dodo pour de bon (85e et 88e) !

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Inanité et perspectives

Que dire à l’issue d’une telle « performance » ? Rien, sinon que les joueurs marseillais et leur président doivent immédiatement sortir de l’effrayante léthargie dans laquelle ils sont plongés ! Comment se contenter d’un jeu aussi pauvre et laborieux quand on a assisté à six premiers mois très prometteurs et qu’on ambitionne une qualification en Champions League à l’issue du championnat ? La réponse est simple : c’est impossible !

Si les concurrents directs de l’OM semblent eux-mêmes fébriles ces derniers temps, ils offrent cependant bien plus de certitudes dans le jeu et la chance ne sourira pas deux fois à un groupe qui frise la catastrophe industrielle à chaque sortie ! Face à Rennes, l’Olympique de Marseille devra retrouver tout ou partie de son niveau de début de saison ou se préparer à des lendemains très amers en envisageant l’Europa League comme un vague lot de consolation…

Aux armes (s’il en reste) !

 

* il semble que l’Association de Protection des Gabians de France ait porté plainte contre l’OM, action que les supporters et Marcelo Bielsa devraient imiter rapidement… 

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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