OGCN-OM : langues de supp’ !

Avant chaque match, les supporteurs scrutent le travail des entraîneurs, jaugent les joueurs les plus importants et envisagent toutes les hypothèses (ou presque). Dans cette rubrique, nous échangeons le fruit de ces réflexions avec nos homologues du camp d’en face sous forme de questions/réponses. Préparez vos fanions et installez-vous bien, car il n’y aura pas de langue de bois !


Le match côté Marseillais

Langues de supp' (Logo)

 

OGCNissa : « Pourriez-vous nous présenter l’OM version 2016/2017 ? Forces et faiblesses ? » 

MassaliaLive : « À dire le vrai, nous n’aurions pas pu répondre à cette question il y a seulement quinze jours. L’OM est en chantier depuis la disparition de Robert Louis-Dreyfus en 2009 et la présente intersaison n’échappe pas à cette logique de chaos permanent.

Par conséquent, on navigue à vue.

Les faiblesses sont nombreuses, à commencer par le niveau moyen du groupe. Techniquement, c’est indigent, voire très indigent. Tactiquement, c’est catastrophique et globalement, la confiance est un luxe que l’équipe, le staff et les supporteurs marseillais ne peuvent s’offrir.

Cela étant, la situation nous semble un peu moins angoissante à l’issue du mercato qu’elle ne l’était objectivement au mois de mai.

D’une part le club a désormais trouvé un nouvel acquéreur qui présente une assise financière rassurante à défaut de garantir quoi que ce soit sur le plan sportif en dehors d’un discours de circonstance et, d’autre part, le groupe s’est étoffé.

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Oh, rien de très luxueux, évidemment. On a du Njie, du Vainqueur, du Machach, du Fanni, du Thauvin… Bref, des joueurs très moyens, usés jusqu’à la corde ou qui n’ont encore rien prouvé. Pas de quoi sauter au plafond !

Cependant, sur le papier, en qualité comme en nombre,  l’OM est désormais à égalité avec la plupart des écuries moyennes de Ligue 1 et peut envisager l’avenir de façon un tout petit peu plus détendue.

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Nous sommes derrière les cadors bien sûr — dont Nice se rapproche de saison en saison — mais devant les petites formations comme Angers, Lorient, Metz, Nancy ou Bastia, etc. Et puis, Diarra est toujours là. Au moins physiquement en tout cas !

D’une certaine manière, c’est une première sécurité par rapport à la zone relégable que la plupart des amoureux du club ont récemment envisagée, non plus comme un délire de « footix », mais comme une possibilité à part entière.

OM-1NICOLAS TUCAT/AFP

Reste la question du staff.

Passi se retrouve dans une situation délicate et sa marge de manœuvre apparaît aussi restreinte que son expérience… Bon, il a fait le choix de rester, c’est peut-être sa chance après tout, mais en toute objectivité, personne n’y croit.
Avec un peu de réussite et d’abnégation, il assurera l’intérim jusqu’en décembre, le temps qu’un technicien chevronné vienne le suppléer.

OM-5

Et en l’espèce, ça pourrait même devenir  une force dans la mesure où le club est au pied du mur et où chacun doit ressentir cet « état d’urgence », entre transferts impossibles, retours improbables et possibilités réduites. Il semble d’ailleurs régner une excellente ambiance au sein du groupe. On sent les joueurs concernés, solidaires. Ça change un peu…

— Si un seul de vos joueurs était à citer, duquel s’agirait-il et pourquoi ?

— C’est une question difficile, car les contours de l’équipe sont encore très flous. On pourrait évoquer Diarra évidemment, mais son image est un peu ternie depuis quelques semaines et malgré ses efforts, il n’a pas réussi à sauver les meubles la saison passée.

A priori ça devrait plutôt se jouer entre Thauvin et Gomis… L’un et l’autre se ressemblent : ils sont aussi maladroits que soucieux de faire leur maximum sur le terrain. Attitude sympathique, mais notoirement insuffisante.

Pour le transfuge de Newcastle, c’est une saison couperet : il doit réussir s’il veut échapper au destin récurrent du joueur de Ligue 1 surcoté et mal-aimé qui disparaît peu à peu des radars à l’orée des 25 ans.

Il a les qualités nécessaires pour s’en sortir et aussi dur soit-il, le public marseillais sait récompenser le travail. Il l’a prouvé avec Morel.

Ce qui manque à Thauvin, c’est de trouver le bon équilibre, d’avoir le fameux déclic qui déclenche tout le reste… Au demeurant, c’est sa dernière chance.

Thaumis

Pour Gomis en revanche, la situation est plus favorable.

Sûr de ses atouts, il jouit en outre d’un réel capital sympathie auprès des supporteurs et une bonne saison lui permettrait de retrouver un peu de lustre à Swansea où il végétait. Il a tout à y gagner et il aime réellement le club.

Ça peut faire la belle histoire la saison, sachant que ce gars-là vaut quinze buts par an en Ligue 1. C’est même le meilleur buteur encore en activité.
S’il n’est pas trahi par une blessure ou un collectif moribond, il peut tirer son épingle du jeu.

— Les ambitions de votre club cette saison ?

— Soyons sérieux, aucune ! Tout est à reconstruire et l’urgence prévaut sur n’importe quelle autre considération.

Le seul impératif, c’est de terminer entre la 10e et la 16e place, d’échapper à la zone relégable. Non seulement c’est faisable, mais c’est une obligation absolue !

Si le groupe parvenait à trouver son équilibre et se construire autour d’une volonté commune de vaincre en évitant les frasques passées et les insuffisances, une bonne surprise serait envisageable… à condition de bien bosser !

— Que pensez-vous de Nice ?

— Du bien. Le club revient au premier plan depuis quelques années et si certains départs ont été préjudiables, l’arrivée de Dante et le travail de Lucien Favre permettent de rester serein.

Pour autant, cet équilibre reste fragile et il y a beaucoup moins de certitudes avec Belhanda et Balotelli. Si le pari se révèle gagnant, Nice fera une belle saison. Sinon, le réveil sera sans doute douloureux en fin d’exercice…

Supporteurs niçois

— Un prono’ pour la rencontre ?

— Hm… L’optimiste se contenterait d’un nul, mais le réaliste envisage plutôt une défaite de l’OM deux à un, surtout à Nice, avec un public nombreux et démonstratif. »


Le match depuis les gradins niçois

MassaliaLive : « Comment se dessine l’OGC Nice à l’issue du mercato ? Quels sont ses points forts et ses points faibles ? »

OGCNissa : « À la fin de la saison dernière où l’on termine 4e, on savait qu’on aurait du mal à retenir nos meilleurs éléments. On a tout d’abord perdu le principal artisan de la réussite niçoise : le coach Claude Puel. Le président avait paré à cette éventualité et a fait signer rapidement Lucien Favre, un coach suisse réputé qui a pas mal réussi en Allemagne et qui était pisté par le passé par l’OL et… l’OM.

Ben Arfa (PSG), Germain (Monaco), Hult (Panathinaikos), Genevois (Caen), A. Mendy (Guingamp), N. Mendy (Leicester) et Pied (Southampton) ont quitté le club.

Pour remplacer tout ce petit monde, le club a commencé par faire monter en équipe première trois jeunes du centre, dont le défenseur Malang Sarr (17 ans) et le milieu Vincent Marcel (18 ans), qui auront sans doute beaucoup de temps de jeu cette saison, vu leur qualité.

Ensuite, on a commencé par faire signer des jeunes prometteurs : le gardien international espoir Argentin, Walter Benitez (23 ans), le latéral gauche brésilien, Dalbert (22 ans), le milieu offensif lensois, Wylan Cyprien (21 ans), le latéral droit dijonnais, formé au LOSC, Arnaud Souquet (24 ans), l’attaquant grec de la Juve Tassos Donis (19 ans) et le milieu nancéien Arnaud Lusamba (19 ans).

Bref, un mercato habituel du Gym, qui tente de prendre les meilleurs jeunes du moment en espérant qu’ils franchissent un palier chez nous.

Mercanissa

Mais la nouveauté cette année, c’est qu’on a maintenant, grâce aux nouveaux actionnaires, plus de moyens pour recruter des joueurs confirmés. Et vu que les meilleures affaires se font en fin de mercato, on a attendu la fin du mois d’août pour voir débarder le défenseur central international brésilien Dante (32 ans), l’attaquant international italien Mario Balotelli (26 ans) et le meneur de jeu international marocain Younès Belhanda (26 ans).

Bref, on a recruté aux postes clés ces joueurs, qui formeront la nouvelle colonne vertébrale du Gym 2016/2017.

Pour parler des points forts et des points faibles, on va dire que les points forts restent la défense qui est solide (Dante, Baysse, Le Marchand, Dalbert, Ricardo, Sarr), et le milieu de terrain (Belhanda, Seri, Koziello, Walter, Eysseric, Bodmer).

Pour les points faibles, le poste de gardien (Yoan Cardinale titulaire), et l’attaque, qui a heureusement été renforcée par Mario Balotelli (qui reste un pari), mais ne compte ensuite que Pléa, Donis et Bosetti. »

— Que prépare Lucien Favre ? Que pensez-vous de son travail ?

– Lucien Favre a la même philosophie de jeu que Claude Puel (sauf qu’il n’a pas d’enfants à pistonner dans le club…). Il prône un jeu de passes courtes, rapide et technique. Favre est également capable de faire évoluer son équipe de différentes façons. Dans le même match, il peut passer du 4-3-3, au 5-3-2 ou au 3-5-2.

Il veut des joueurs polyvalents et intelligents, capable de rentrer dans différents dispositifs. La saison ne fait que commencer, mais sans aucun joueur confirmé lors des trois premières rencontres, on a fait deux victoires et un nul, on est premiers ex æquo. L’arrivée des trois joueurs cités plus haut peut nous faire espérer de belles choses. Bref, pour l’instant, nous ne sommes pas à plaindre.

Puavre

 – Que pensez-vous de Mario Balotelli et de Younès Belhanda ?

Ces deux joueurs sont deux monstres du foot. On n’a pas besoin de les présenter, et ils arrivent à l’âge de la maturité.

Si Balotelli a envi de se relancer, il doit laisser ses dérives extra sportives et se concentrer sur le foot, mais je pense sincèrement que ça sera le cas. Dans son discours et dans son comportement, et d’après tout ce que disent jusque là ses nouveaux coéquipiers, il en prend le chemin.

Nice est un club a dimension familiale, on est un bon club pour relancer ce genre de joueur, le cas Ben Arfa en est le parfait exemple. Reste maintenant à claquer rapidement un ou deux buts – pourquoi pas contre l’OM ? – et je pense que la machine sera lancée. On a perdu Germain, mais on a récupéré Balotelli, qui est un cran au-dessus.

Belhanda est parti Champion de France avec Montpellier en 2012. Il a fait trois saisons en Ukraine et a joué assez régulièrement. Il a gagné deux coupes, un championnat et a envie maintenant de revenir à la lumière des projecteurs. Je suis en tout cas très optimiste sur sa réussite à Nice. On a perdu Ben Arfa, mais on a récupéré Belhanda, un joueur aux caractéristiques similaires.

 – Quelles sont les ambitions de votre club cette saison ? 

Officiellement, le maintien. Le club a perdu son coach, sa colonne vertébrale et est en reconstruction, avec beaucoup de jeunes. Donc déjà, on va voir si la mayonnaise va prendre. Et si Balotelli, Belhanda et Dante sont à leur vrai niveau, on pourra espérer mieux, voire beaucoup mieux…

 – Comment envisagez-vous l’évolution de l’OGC Nice avec l’arrivée d’investisseurs chinois ?

On en voit déjà les prémices. Sans les nouveaux actionnaires, je ne pense pas qu’on aurait pu faire Balotelli, Dante ou Belhanda, rien que par rapport aux salaires de ces joueurs. Le président Rivère reste très vague sur l’apport financier de ces actionnaires, mais a toujours dit que ça nous permettait d’avoir une enveloppe transfert plus importante.

On verra avec le temps, mais ils laissent les clés du sportif à Rivère, valident simplement les actions de Rivère qui a les mains libres, donc c’est une très bonne chose.

China

 – Que pensez-vous de l’OM ?

L’OM est en déclin. Quand on voit que vous faites revenir Fanni, on se demande si l’OM a un bon projet. Votre équipe a été complètement chamboulée, il y a un nouveau repreneur qui n’a pas vraiment réussi dans le baseball… Vu d’ici, ça fait gros bordel, et on se dit que les plus belles années de l’OM restent les années 90 et que ça ne risque pas de changer dans un avenir.

Après, sur le papier, votre équipe est pas mal, notamment avec Bafé Gomis devant, mais par rapport au PSG, à l’OL ou à l’ASM, ça reste en dessous. On arrive même à faire signer des joueurs ciblés par vous !  Nice est préféré à Marseille, ça montre le déclin de votre club.

– Un prono’ pour la rencontre ?

Une petite victoire 1 à 0, avec une frappasse de Balotelli des 35 mètres, voire un CSC de Fanni, ça suffirait à mon bonheur. »

Propos recueillis par Jester 

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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