Aux armes (2e partie) !

Aux yeux de la presse parisienne, inféodée corps et âme au PSG (et désormais au Qatar), l’existence même de l’OM est une hérésie. Le voir redevenir le grand club qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être constitue une menace démoniaque. De fait, pour la conjurer, toutes les techniques destinées à décrier l’institution olympienne sont bonnes. Surtout les pires… 

Elle court, elle court la rumeur…

Venons-en à la calomnie sous-jacente.

Lorsque le journaliste manque autant d’informations que de professionnalisme, la tentation de présenter des faits avérés sous un angle biaisé afin d’accabler telle ou telle personne de façon détournée sans risquer le moindre procès pour diffamation est grande. C’est très malin, surtout quand on ne signe pas ses articles (décidément…) !

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Prenons un exemple récent.

20minutes

«Zubizarreta à l’OM : C’était quoi déjà cette histoire de transferts de mineurs au Barça ?»

Ça a l’air bien comme méthode ! Tiens essayons ! Alors…

« Le Qatar au PSG : c’était quoi déjà cette histoire de terrorisme financé par le Paris-Saint Germain ? »

C’est très efficace ! Bon, moralement parlant, c’est très discutable. Sur le plan stylistique, c’est également très faible, sans même parler de la ponctuation, de la typographie et de la majuscule inutile après le deux-points, mais dans le genre « je fouille la merde en espérant tomber sur des grumeaux, même s’il n’y a rien du tout, et en faisant douter le chaland sans avoir la moindre info solide », c’est vraiment très, très fort.

En deux mots : bra-vo !

Vingt minutes vous dites ? C’est plus qu’il n’en faut pour se torcher (avec ou sans grumeaux)…

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L’homme orchestre

Dernier cas d’école, celui des journalistes dotés d’une jolie plume, mais incapables de s’en servir correctement, faute de disposer concomitamment de deux outils essentiels : l’objectivité et la déontologie…

Là encore, on ne signe pas forcément ce que l’on écrit. Toutefois, on dépose sa trombine comme d’autres un étron pour délimiter son territoire, bien en vue à côté de sa prose.

C’est le signe d’une caste supérieure, celle des plumitifs qui s’agitent également à la radio, à la télévision et parfois même sur les sièges gracieusement fournis par leurs multiples employeurs. De ce fait, ils jouissent de plusieurs sources de revenus qu’ils cumulent avec le privilège fiscal initialement accordé à la presse écrite.

Le temps de ranger leur plume dans le logement prévu à cet effet et que la bienséance nous interdit de nommer céans, ces spécimens de la chose journalistique s’improvisent juges d’instruction, pétomanes – comme nous l’avons flairé -, mais également showmen, humoristes, et à l’occasion, artistes onomatopéiques !

Parmi les cadors de la catégorie, citons le truculent Dominique Séverac et l’inénarrable Pierre Ménès !

Le Parisien (il vaut mieux ne l’avoir nulle part…)

DS

Frank McCourt ne nous a pas menti. Le nouveau propriétaire de l’OM a promis 200 patates sur quatre ans. 200 M€, un investissement à huit zéros. En deux matchs de Ligue 1 qu’il a supervisés, il a presque déjà tout mis sur la table : 0-0 contre le PSG, 0-0 contre Bordeaux, ce qui fait déjà quatre zéros ! Il ne rigole pas, l’Américain. 

Reste que le Bostonien bastonne du 0 à tout-va. Plus que quatre, et il aura dépensé tous ses sous. Le peuple marseillais veut des stars, du mercato qui fait rêver, des attaquants qui permettent de franchir un palier et de caresser l’espoir d’une qualification en Ligue des champions ? 

McCourt a tout prévu : bientôt un 0-0 contre Monaco et, si ça ne suffit pas, un 0-0 à Saint-Étienne dans la foulée. Non, mais ! Tiens, prends ça, la L 1, McCourt et sa tête à Toto débarquent : bim bam, toc toc badaboum, t’en veux du zéro, en voilà ! Paf !

Vendredi, sa nouvelle équipe se déplace à Montpellier, mais on ne sait pas encore s’il l’accompagnera. C’est peut-être de sa faute, après tout. Ils ne marqueront pas tant qu’il viendra ! Il a racheté l’OM 45 M€ et la devise n’était peut-être pas comprise dans la transaction. « Droit au but », que ça se sigle et signe l’OM depuis toujours. Et ça vaut cher, c’est même inestimable.

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Si les analyses et les fulgurances stylistiques de notre considérable et très estimé confrère subjuguent, ce sont clairement ses bruitages qui emportent l’adhésion. Quel rythme, quelle modernité, quelle aisance avec la caisse claire, quel toucher sur les cymbales, quelle frappe contre la grosse caisse !

Pourtant, c’est bien de football qu’il est question et plus précisément de deux équipes rivales. La vôtre, cher Dominique – enfin celle de tous les journalistes français ou presque – à savoir le PSG, et la mienne, l’OM.

Il y a quelques jours, exsangue, à bout de rêve et à court d’espoir, cet Olympique de Marseille est venu affronter votre Paris Saint-Germain chéri à domicile. Le PSG… une formation redoutable et redoutée ! Une escouade d’élite composée de joueurs aujourd’hui inaccessibles pour Marseille ou tout autre club de L1.

Et contre toute attente, le groupe phocéen orphelin de Frank Passi et préparé dans l’urgence par Rudi Garcia son successeur, vous a tenu tête au Parc.

Marseille outragé, Marseille brisé, Marseille martyrisé, mais Marseille libéré ! Et encore une fois avec l’aide des « ricains»…

Quel affront !

Un affront indicible lorsqu’on a un budget de 500 millions d’euros et qu’on aligne sur la pelouse le résultat de trois années de transferts hors de prix. Une infamie, tout simplement.

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Qatharsis

Alors, plutôt que d’incriminer légitimement vos starlettes grassement payées à n’en faire qu’à leur gré en dépit du travail courageux d’Unai Emery, et à l’instar de l’ensemble de la profession, vous avez choisi, d’agoniser l’OM d’invectives à peine voilées, de critiques injustes et d’attaques impitoyables…

Aujourd’hui, vous remettez en cause Frank McCourt, demain vous fustigerez Jacques-Henri Eyraud puis Rudi Garcia lui-même… Mon Dieu que tout cela est prévisible !

Une habitude finalement.

Tout ce qui est autre déplaît. Tout ce qui n’est pas parisien dérange… à l’exception de la mainmise du Qatar sur le PSG évidemment !

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Arc-bouté à ce petit État richissime qui garantit vos certitudes et anesthésie votre libre arbitre, vous criez « cocorico » à la moindre occasion, quitte à friser le ridicule ou à démolir systématiquement tous les entraîneurs étrangers qui viennent enrichir notre championnat moribond de leur savoir-faire et de leur professionnalisme.

Claudio Ranieri, Carlo Ancelotti, Marcelo Bielsa, Unai Emery ont ainsi fait les frais de votre ostracisme. Tandis que Laurent Blanc jouit d’une aura quasi mystique, en dépit d’insuffisances criantes et d’échecs avérés… Fort heureusement pour l’OM (du moins pour l’instant), Rudi Garcia est un métèque bien de chez nous. Un rastaquouère de souche. Gazpacho à consonance allemande, certes, mais tout de même !

Sans doute qu’à défaut de « tête à Toto », certains ont la tête de l’emploi…

Quelle belle preuve d’intégrité éditoriale !

Voyez-vous cher M. Séverac, vos zéros et vos bruits de bouche vous ont fait perdre de vue l’essentiel : ce n’est que du sport.

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Ah j’oubliais, M. Ménès… Hélas nos échanges furent très brefs :

Bien que très gratifiants !

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À un interlocuteur qui lui demandait un jour s’il était juif, Charles Chaplin répondit : « Non, je n’ai pas cet honneur ».

Aujourd’hui, Messieurs les bobardiers parisiens, je vous dirais que vous n’avez pas l’honneur d’être marseillais. 

Je vous plains.

Aux armes (1ère partie) !

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
Article lu 2608 fois, écrit le par Toti Cet article a été posté dans Edito et taggé . Sauvegarder le lien.

2 Réponses pour Aux armes (2e partie) !

  1. Je rejoins Bib. C’est du très très très lourd. Tacle à la Diméco : appuyé mais régulier.

  2. Du très bon qui va droit aux buts et qui n’oublie pas de faire des tacles à l’ancienne.