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L'ANCIEN ATTAQUANT STAR DE L'OLYMPIQUE DE MARSEILLE EST LE HÉROS DU DOCUMENTAIRE « JPP », QUI RETRACE SA VIE D'HOMME ET DE FOOTBALLEUR.
LE FIGARO. - Que pensez-vous de ce film ?
JEAN-PIERRE PAPIN. - Il reflète bien ma carrière. Rien n'a été simple, je n'ai jamais été le plus grand, ni le plus fort, mais le message, c'est qu'on peut tous y arriver quand on l'a décidé. Il faut se donner les moyens, croire en soi, avoir de la chance aussi en rencontrant les bonnes personnes et en ayant de bons coéquipiers et ne pas se blesser. Si des gamins prennent exemple après ce film...
On y découvre que Michel Platini était votre idole...
Quand je suis arrivé en équipe de France, j'avais presque encore son poster accroché dans ma chambre chez ma mère ! J'étais impressionné, j'avais peur de lui parler. Un des grands moments de ma carrière est quand je l'ai rencontré à Joué-lès-Tours (l'ancien Clairefontaine, NDLR) . Il était minuit, je n'arrivais pas à dormir, donc je jouais au billard. Il arrivait d'Italie et il m'a dit : « Je peux jouer avec toi ? » Ça a un peu dégelé tout ça !
Le film propose de nombreuses images d'archives avec Bernard Tapie. Que représentait-il dans votre vie ?
Il a été quelqu'un d'hyper important pour moi. On avait un peu le même caractère dans le sens où l'on voulait gagner. C'était un trait commun à beaucoup de joueurs de l'équipe qu'il avait créée. Il avait aussi compris ce que représentaient les supporteurs marseillais. On ne s'est jamais menti et on n'a pas cessé de se parler jusqu'à son décès.
Que représente votre Ballon d'Or ?
Quand je l'ai reçu, j'avais des étoiles dans les yeux et dans la tête. J'en suis très fier. Il est chez moi et je le touche tous les jours tellement je n'y crois pas ! Cela ne dépend pas que de vous. Il faut être performant mais aussi jouer dans un grand club, participer aux coupes d'Europe, être international... Tout le monde ne peut pas l'être mais, surtout, on devient Ballon d'Or. Il y a certains qui disent « je vais l'être » et qui ne le sont jamais. Kylian Mbappé a les qualités pour l'avoir mais il n'a pas besoin de le dire. On l'oblige peut-être à le faire au Real ? Pour moi, il a les qualités que tout le monde rêve d'avoir. Ballon d'Or, il le deviendra, j'en suis sûr, mais peut-être pas cette année...
Le film met en lumière le combat que vous avez mené pour votre fille Emily, atteinte d'autisme et de handicap physique. Qu'est-ce qu'elle a changé dans votre vision de la vie ?
Tout ! Au début, on nous a dit qu'il n'y avait rien à faire et, avec ma femme, on n'a rien voulu lâcher. On a trouvé une méthode aux États-Unis et on l'a appliquée pendant quinze ans. On a réussi à remettre Emily dans notre monde. Et nous avons créé l'association Neuf de coeur il y a trente ans pour informer les familles des méthodes qui existent et les aider financièrement.
Que retenez-vous de ce tournage ?
J'avais décidé de le faire, donc ça a été facile de se confier. Cela m'a permis, pendant une année, de revivre certaines choses que j'avais oubliées et de revoir des personnes que j'avais perdues de vue. Cette machine à remonter dans le temps m'a fait un bien incroyable. Et puis ce film me permet de mettre un point final à ma carrière de footballeur. Il faut savoir se retirer et dire stop. E.L.
Jean-Pierre Papin a forgé son destin par le travail et l'abnégation. On le découvre dans JPP , le magnifique documentaire de Jérôme Weibel. Ce dernier a invité le Ballon d'Or 1991 à retracer son parcours en retournant dans les lieux qui ont jalonné sa vie. Un film nourri d'images d'archives de ses plus beaux buts et de témoignages de ceux qui l'ont côtoyé comme Michel Platini, Chris Waddle ou Basile Boli. L'occasion de (re)découvrir sa carrière unique et l'homme qui se cache derrière le champion.