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Le dirigeant s’est longuement confié à La Provence et a présenté son projet, à l’opposé de l’ancienne direction, qui, selon lui, a mené l’OM à une situation de crise financière et sportive. Richard souhaite changer le train de vie du club et diviser la masse salariale par deux, mais ne veut pas tomber dans la sinistrose.
Mardi 30 juin, le long pré-mandat de Stéphane Richard est sur le point de se terminer. Moins de 48 heures plus tard, il sera enfin officiellement le nouveau président de l’OM, presque trois mois après sa conférence de presse de présentation, le 10 avril au stade Vélodrome. Avant sa prise de fonction, il a accepté de répondre aux questions de La Provence pendant près de 90 minutes, sans pause fraîcheur, avec décontraction et détermination. L’ancien haut fonctionnaire, aux 1000 vies professionnelles, de la présidence d’Orange à la banque d’affaires en passant par la direction de cabinet du ministère de l’Économie (Jean-Louis Borloo puis Christine Lagarde, auprès de qui il avait arbitré le litige Bernard Tapie-Crédit Lyonnais en faveur de son lointain prédécesseur à la tête de l’OM, le début d’une saga judiciaire interminable), accède à 64 ans au "job de rêve" qui a tant fait tourner de têtes.
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La sienne est bien accrochée, pour l’instant, et il est l’incarnation, avec Grégory Lorenzi et Bruno Genesio, de la Phase 3 du projet de Frank McCourt, après le pompeux "Champions Project" dirigé par Jacques-Henri Eyraud et les années folles sous la gouvernance de Pablo Longoria, dont Richard a épinglé à plusieurs reprises la politique sans le nommer. "La priorité est de repartir sur de bons rails, d’installer, d’expliquer et faire accepter ce nouveau projet", nous a-t-il confié dans les locaux parisiens de CMA CGM (sponsor de l’OM et propriétaire de La Provence), conscient des difficultés et de la nécessité de faire changer de train de vie au club. Ce qu’il s’est attelé à décrypter dans cette interview, en plus de ses quelques interventions publiques, au Vélodrome jeudi et auprès des associations de supporters, hier soir. Entretien.
Comment vous sentez-vous au moment de lancer votre mandat ?
Je me sens très serein, je me suis préparé au mieux, j’ai mis à profit les deux derniers mois pour comprendre le club, rencontrer les équipes, ses partenaires clés… C’est un départ lancé car j’ai été amené à m’impliquer tout de suite en raison des échéances capitales qui se présentaient. Nous avions prévu, avec Frank McCourt et son équipe, que je me prépare à mes futures fonctions, pour arriver le 2 juillet pleinement opérationnel. Mais un certain nombre de sujets majeurs, la fin de la saison, l’agenda UEFA, la DNCG, le recrutement du directeur sportif ou de l’entraîneur nécessitaient qu’on les prenne à bras-le-corps immédiatement, en lien avec Alban Juster, pour être associé aux décisions structurantes pour l’avenir du club.
Justement, comment jugez-vous les sanctions des instances ?
L’UEFA et la DNCG sont des sujets différents. On avait un très fort risque sur l’UEFA. L’OM devait être exclu dès la saison prochaine de compétitions européennes, c’était la sanction normale compte tenu des dérapages budgétaires et financiers massifs à l’issue de la saison 2025-26 et aggravé par le non-respect du ratio entre la masse salariale et les revenus. L’exclusion semblait inévitable. Frank et moi-même avons exposé nos arguments à l’UEFA afin de l’éviter. Pour moi, l’exclusion n’aurait fait qu’aggraver les problèmes, elle aurait eu un effet de choc sur le club, ses supporters, ses sponsors, sans apporter aucune solution pour résoudre la crise.
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Ça aurait été vécu comme le point d’orgue calamiteux d’une saison calamiteuse, une espèce d’humiliation. Il fallait tout faire pour éviter ça. Ce n’était pas forcément l’avis de tout le monde.
Pourquoi existait-il ce débat ?
Il était facile de penser qu’une exclusion aurait envoyé un signal sur la nécessité d’en finir avec la gestion des années précédentes, qu’on aurait pu se concentrer sur la Ligue 1, qu’on aurait pu dédramatiser le recrutement à venir… Ce sont des arguments qui peuvent s’entendre, mais ils ne sont pas suffisants. S’il n’y a pas de Ligue Europa, déjà, il n’y a pas les revenus qui en découlent. On a mérité d’y participer, on s’est battu sur les derniers matches. Cela n’aurait résolu aucun problème, au contraire cela aurait eu un effet très négatif sur les revenus, la dynamique, le recrutement du coach… L’UEFA a finalement entendu les arguments que nous avons présentés avec Frank, en prenant également en compte la situation du football français face à des droits TV historiquement bas.
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La sanction est tombée, elle est difficile, même si l’amende avait déjà été en partie provisionnée. On a un peu de temps devant nous, deux saisons pour démontrer qu’on a la capacité et la volonté de revenir dans les clous et éviter l’exclusion en 2028-29. Mais si nous ne sommes pas capables de revenir à un modèle soutenable pour l’OM, les conséquences pourraient être bien pires que l’exclusion de coupe d’Europe.
Et la DNCG ? Il y avait de vrais risques d’être relégué en Ligue 2 ?
Les deux instances sont très différentes. Avec la DNCG, si vous n’êtes pas dans les clous, et on n’y était pas, s’il n’y a pas d’engagements très forts du propriétaire et de la direction du club sur le budget à venir, il y avait un risque réel. Nous avons pris ces engagements, et devrons composer avec un encadrement des salaires et des indemnités de transferts, fixés par rapport au budget présenté. En tout état de cause, ce sont des mesures que nous allions nous fixer, qu’il nous fallait impérativement prendre. La commission grave ensuite dans le marbre ces engagements et c’est l’équilibre du club à moyen terme qui est en jeu.
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Ces décisions, qui sont venues confirmer ce que l’on savait déjà, ne sont pas agréables, surtout que je ne suis pas comptable d’une situation dont j’hérite. Il faut maintenant tourner la page : ce qui m’importe c’est ce que l’on va faire maintenant, pour la saison qui arrive, pour celle d’après, avec un cadre budgétaire clair.
Pour parler crûment, voulez-vous dire que l’argent a été jeté par les fenêtres ces dernières saisons ?
Je ne suis pas là pour décerner des brevets de bonne gestion, mais je constate qu’il y a un trou comptable très important. Quand vous prenez des décisions, il y a toujours un risque de se tromper de stratégie et d’aboutir à un déséquilibre financier. Il y a eu, de toute évidence, un problème de maîtrise. Un enseignement que nous tirons c’est qu’on a eu, lors de cette saison 25-26, la dernière illustration d’un modèle qui consiste à acheter des joueurs au prix fort, à ne pas les garder longtemps, à faire des achats en toute fin de mercato. Cette politique, avec des coûts parfois élevés de joueurs pour former une équipe censée être compétitive, avec la valse des entraîneurs, dans un contexte où les ressources des clubs français sont dramatiquement affectées par la crise des droits TV, a montré ses limites et a conduit à la situation actuelle.
Vous avez évoqué un trou comptable, que voulez-vous dire par là ? De l’argent a disparu des comptes ?
Non, ce n’est pas mon propos. Il y a manifestement eu des erreurs commises quand un état budgétaire est présenté en janvier 2026 dans les clous et que, trois mois plus tard, l’atterrissage se fait avec un déficit considérablement alourdi.
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On ne peut pas mettre tout sur le dos de l’ancienne direction, le football comportant sa part d’aléa : le but du gardien de Benfica à la dernière seconde, c’est hallucinant, et a des conséquences financières majeures pour l’OM. Il y a eu des décisions de recrutement malheureuses, de la malchance, et on arrive à cette situation. Ce n’est pas bien pour le propriétaire, qui mérite d’avoir une direction en qui il puisse avoir confiance car il a beaucoup investi dans ce club auquel il est très attaché. Marseille ne mérite pas ça non plus, car cela donne toujours une image du club, et quelque part de la ville, qui n’est pas bonne et décalée avec la réalité. Marseille est une ville qui aime la réussite par le travail, la rigueur, le sérieux, je ne vois pas pourquoi l’OM devrait s’éloigner de ce modèle. Je ne suis donc pas là pour dire : "C’est la faute de x ou y". En revanche nous allons tout faire pour éviter que cette situation se reproduise.
Cette saison sera donc celle de l’austérité ?
Non. Je préfère parler de sérieux. Depuis plusieurs semaines, j’entends beaucoup de choses : que l’OM devra se serrer la ceinture, que l’ambition va disparaître ou que les résultats seront forcément moins bons parce que nous dépenserons moins. Je ne partage pas cette analyse. D’abord parce que le football démontre régulièrement qu’il n’existe pas de lien mécanique entre le niveau des dépenses et les résultats sportifs. Si c’était le cas, nous n’aurions pas connu les difficultés que l’OM a traversées avec les investissements consentis ces dernières années, et d’autres clubs n’auraient pas réussi à rivaliser avec des moyens très inférieurs.
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Ce modèle qui a été mis en place ces dernières années et qui a été poussé au maximum la saison dernière a entraîné une situation de crise. Financière, avec un déficit considérable, qu’il faut combler, et sportive. Ce modèle-là, c’est fini ! Tant que je serai là, on ne gérera plus ce club comme ça ! On achètera les joueurs que l’on peut acheter, dans le cadre d’une enveloppe que l’on s’est fixée. Notre responsabilité est désormais d’ouvrir une nouvelle étape. Nous allons continuer à être ambitieux, mais nous devrons l’être différemment. Nous serons ambitieux dans les ventes, astucieux dans les recrutements et beaucoup plus exigeants dans chacune de nos décisions. L’objectif n’est pas de dépenser moins pour dépenser moins. L’objectif est de construire un club plus solide, capable de gagner durablement, en étant pérenne financièrement. Je suis convaincu que l’on peut être très compétitif en faisant preuve davantage de discipline, de cohérence et de continuité.
Est-ce réalisable dans un contexte marseillais passionné et souvent excessif ?
Je connais cette ville et je connais ce club depuis très longtemps. J’y ai grandi. J’ai vécu l’OM comme beaucoup de Marseillais : d’abord comme supporter, puis comme partenaire sponsor avec Orange et aujourd’hui comme président. La passion marseillaise est parfois excessive, mais c’est aussi ce qui fait de ce club quelque chose d’unique.
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Je crois qu’il faut d’abord expliquer à tout le monde la situation, ce qu’on va faire, avec pédagogie. Beaucoup de supporters sont désabusés, certains ne venaient plus au stade, il y a presque une forme de dégoût. La passion peut conduire au désamour, les gens aspirent à quelque chose de plus calme, plus sérieux. L’entraîneur et la direction qui s’effacent… La grande majorité des supporters en ont marre de ce cirque. Depuis l’annonce de ma nomination, je rencontre beaucoup de monde : des salariés du club, des partenaires, des élus, les supporters. Et je crois qu’un même sentiment revient souvent. Les gens sont toujours aussi passionnés par l’OM, mais ils aspirent aussi à davantage de stabilité et de sérieux.
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Les derniers mois ont été éprouvants. Entre les changements de dirigeants, les difficultés sportives, les incertitudes autour de l’UEFA, les débats permanents, beaucoup ont le sentiment que le club a trop souvent été au cœur de turbulences qui l’ont éloigné de l’essentiel. Je pense que les supporters sont prêts à entendre un discours de vérité. Ils savent parfaitement que la situation est complexe. En revanche, ils veulent comprendre où l’on va et sentir qu’il existe une ligne claire.
Je ne crois pas que les Marseillais attendent qu’on leur vende du rêve tous les matins. Je crois qu’ils veulent avant tout une équipe qui se bat, qui mouille le maillot, des dirigeants qui assument leurs responsabilités et un club qui avance dans la même direction. Le rêve reviendra dès lors que nous aurons construit quelque chose de solide.
Avec Grégory Lorenzi, le chantier est immense, comment trouver ce modèle qui fonctionne sur la durée avec moins de moyens ?
Dans l’immédiat, il y a le mercato. On a beaucoup de ventes à réaliser et un recrutement à mener : on ne va pas faire que vendre ! Il va y avoir un remaniement profond de l’équipe, Greg est au travail depuis son arrivée, avec le reste de l’équipe. Le chantier paraît immense, mais 80% du volume de vente espéré sur le mercato repose sur quelques joueurs. Je pense qu’on va réussir à en vendre quelques-uns, on trouvera peut-être des accords avec d’autres. L’objectif est de baisser drastiquement la masse salariale. Tout le monde est d’accord pour dire que c’est un problème récurrent à l’OM : une masse salariale beaucoup trop importante, surtout par rapport aux résultats. Il faut revenir à quelque chose qui s’inscrit davantage dans la norme. C’est impératif.
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Pour certains joueurs, notamment certains cadres, on tentera de négocier pour baisser leurs salaires. Ça peut être une bonne solution pour conserver certains d’entre eux dans l’équipe, en leur expliquant franchement la situation. Je sais que beaucoup de joueurs sont attachés au club, se sentent bien à Marseille ou dans la région, avec leur famille, et n’ont pas forcément envie de partir et que le club souhaite conserver. Cela se fera au cas par cas. Pour mener une négociation il y a des aspects juridiques évidemment mais aussi une grande part d’humain.
Ces derniers étés, l’OM réalisait environ 10 arrivées, 10 départs par mercato, souvent plus. Votre but est-il de bouleverser l’effectif dans de telles proportions ? Ou plutôt d’essayer d’appliquer votre projet basé sur la stabilité dès maintenant malgré des joueurs en échec et de l’argent à trouver ?
Je voudrais éviter dès maintenant la valse des arrivées et des départs mais, la situation actuelle nous contraint à remanier profondément l’effectif. Nous devons nous séparer d’un certain nombre de joueurs, pour rétablir l’équilibre financier, et pour réduire drastiquement la masse salariale. On ne peut pas garder un effectif qui engendre une masse salariale supérieure à 100 millions d’euros par an. Mais on doit tout de même construire une équipe compétitive, d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, je refuse que l’on brade nos meilleurs joueurs. Certains joueurs cadres de l’équipe vont partir, il faut s’y attendre. Certains le veulent d’ailleurs, et on peut les comprendre. Bien sûr, j’aimerais si possible garder un certain nombre de joueurs cadres, ceux dont on estime qu’ils pourraient être importants, qui sont prêts à consentir à des efforts pour rester et qu’on pourra inscrire dans le cadre salarial que nous voulons mettre en place. Si on peut le faire, alors on le fera.
Avec une telle équation à résoudre, cela a-t-il été facile de convaincre Bruno Genesio d’accepter ce défi ?
Je pense que Bruno Genesio a une tendresse particulière pour l’OM, comme pratiquement tous les professionnels du football. Il m’a dit dès le départ : "Marseille ça ne se refuse pas". Puis il a posé des questions (rires). J’ai été transparent avec lui, il vient en pleine connaissance de cause. Pour lui, participer à la Ligue Europa était important.
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C’est quelqu’un d’entier, à partir du moment où il a décidé de venir, il a commencé à bosser. Bruno a été convaincu par le projet du club, et le club l’a choisi parmi les nombreux candidats qui se sont manifestés.
Son profil de formateur vous a intéressé ?
Oui. C’est un élément capital dans lequel il souhaite s’investir, qui le passionne. Mais au-delà de ça, il a démontré ce qu’il était capable de faire, quand vous regardez dans quel état il a pris les clubs et comment il les a rendus à Lyon, Rennes ou encore Lille… Ce que j’ai apprécié aussi chez lui, c’est sa personnalité : bosseur, calme, sérieux… Je crois au casting avec Grégory Lorenzi, un professionnel discret, qui n’aime pas l’exposition médiatique, qui aime travailler dans l’ombre. Il est, lui aussi, discret, bosseur, astucieux, il a réalisé un parcours remarquable dans un club avec beaucoup moins de moyens qu’à Marseille. Le directeur sportif et le coach doivent travailler main dans la main. Le tandem que forment Greg et Bruno me plaît beaucoup.
Vous misez beaucoup sur la formation. Comment cela va se traduire dans les faits ?
La question de l’Académie est fondamentale. Nous avons d’abord confirmé notre confiance à Titou Hasni qui est un excellent professionnel et nous avons souhaité prolonger son contrat. Ensuite, il y a un constat assez simple. En France, les droits audiovisuels sont plus faibles que dans les grands championnats européens, alors que nous sommes l’un des premiers pays formateurs de joueurs. Pour un club comme l’OM, la formation doit donc être un axe majeur de développement. Aujourd’hui, je pense que nous pouvons faire mieux.
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Lorsque l’on regarde le bassin de population marseillais, la qualité des jeunes joueurs de notre région ou encore les liens très forts que l’OM entretient avec plusieurs pays d’Afrique, notamment à l’Ouest, nous avons des atouts considérables. Nous devons être capables de mieux les valoriser. On doit avoir un grand projet d’infrastructures pour l’académie. On doit le lancer assez vite pour qu’il puisse porter ses fruits à moyen et long termes. On ne va pas abandonner La Commanderie, mais elle n’est plus adaptée pour accueillir à la fois les pros et le centre de formation. Un grand centre d’entraînement moderne, accompagné d’importants investissements, est fondamental pour l’avenir du club. Nous avons commencé à travailler sur plusieurs hypothèses. Il reste encore des étapes à franchir et des financements à trouver, puisqu’il s’agit d’un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Mais je pense que c’est un projet important si nous voulons faire de la formation l’un des piliers du modèle que nous souhaitons construire. La modernisation des infrastructures vaut également pour Les Marseillaises, notre équipe féminine, dont le développement est au cœur du projet que nous souhaitons porter. J’en profite pour saluer le travail exceptionnel mené par Stefano Petruzzo pour concrétiser les ambitions d’installer durablement l’équipe parmi les références du football féminin en France. Un nouveau coach, Nicolas Chabot, élu meilleur entraîneur du championnat la saison dernière nous a par ailleurs rejoints cet été et je nous souhaite le meilleur.
Cherchez-vous d’autres sources de revenus ?
Oui, c’est un chantier majeur. Si nous voulons rendre le club plus solide, nous devons continuer à développer nos revenus, tout en maîtrisant nos charges. Nous ne pouvons plus dépendre uniquement des droits audiovisuels ou des résultats sportifs. C’est un travail de fond qui concerne les partenariats, le stade, l’international et plus largement l’attractivité de l’OM. Nous avons déjà avancé sur plusieurs dossiers. Le premier, c’est le partenariat de naming avec la Caisse d’Épargne CEPAC. J’ai participé personnellement aux dernières discussions pour permettre leur aboutissement. Ce partenariat nous apporte de la visibilité pour les sept prochaines années et démontre qu’un partenaire historique de l’OM, présent à nos côtés depuis près de quarante ans, continue de croire dans le projet du club. Il y a également la Côte d'Ivoire. Je me suis rendu à Abidjan début mai afin de préparer la suite de notre partenariat avec Sublime Côte d'Ivoire.
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Nous sommes très attachés à cette relation et notre tournée estivale à Abidjan mi-juillet s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Je pense aussi à CMA CGM, qui a renouvelé sa confiance au club. C’est un partenaire majeur et un signal fort. Au fond, tous ces exemples montrent une chose : malgré les difficultés que traverse le football français, des partenaires de premier plan continuent de croire en l’Olympique de Marseille. À nous maintenant de mériter cette confiance et de poursuivre ce travail pour renforcer durablement les ressources du club.
Frank McCourt cherche des investisseurs, allez-vous jouer un rôle dans cette quête ?
Frank McCourt a dit qu’il était ouvert à la recherche de partenaires stratégiques. Je ne vais pas piloter ce process parce que c’est une problématique qui le concerne en tant que propriétaire. Et, comme il l’a lui-même répété, ce processus prend du temps. La priorité est de repartir sur de bons rails, d’installer, d’expliquer et susciter l’adhésion à cette nouvelle dynamique, incarnée par ses dirigeants, son équipe, son foot, et sa volonté de restaurer les équilibres économiques.
Vous évoquiez durant votre conférence de presse en avril que devenir président de l’OM était un "dream job". Est-ce que vous pensez toujours la même chose aujourd’hui ?
(rires) Oui, c’est passionnant. Les sujets à gérer au quotidien sont divers, c’est à la fois une entreprise de spectacle et de performance, une institution forte, et un business à part entière. Et quand on aime le foot et cette ville, c’est quand même quelque chose d’être Président de l’OM. À l’intérieur du club les équipes sont dynamiques et mes premiers contacts très positifs. J’ai connu beaucoup de situations différentes dans ma vie professionnelle, celle-là n’est pas la plus simple à gérer mais c’est ce qui en fait l’intérêt, donc je garde l’expression "dream job" !
Aviez-vous candidaté pour obtenir ce poste ?
Sur le papier, ça ne faisait pas partie de mes plans de carrière personnels, même si des gens pouvaient m’en parler, comme une galéjade. Quand la crise est arrivée, j’étais en week-end, mi-mars quand j’ai reçu un coup de fil d’une personne qui m’a parlé de l’OM, j’ai dit "Pourquoi pas", puisque c’est un poste qui ne se refuse pas. J’étais intéressé, curieux. Quelques jours après je suis allé dîner avec Frank à Londres, on a passé un très long moment, on s’est raconté nos parcours de vie et on a parlé de la situation du club. Il faut croire que je lui ai plu (rires). J’aime beaucoup le personnage. Il est intéressant, brillant, cultivé, il dégage une belle énergie… Il a du charisme. Je l’ai notamment constaté en le voyant s’adresser aux joueurs ou lors de nos échanges avec les instances.
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J’ajoute que la situation ne pouvait pas me laisser indifférent parce que c’est Marseille, le foot, l’OM. Je m’approche de la conclusion d’une vie professionnelle déjà assez riche, je m’apprêtais à avoir des fonctions non exécutives, tout en me disant que j’allais peut-être m’ennuyer un peu (rires). Alors quand on me propose ce poste, qui est pour le coup très exécutif, je dis oui. Quelques jours après, j’ai lu et signé mon contrat. On est fin mars, et le 10 avril on fait la conférence de presse au stade. La suite s’écrit à partir d’aujourd’hui