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OM : Himad Abdelli, la revanche dans la peau
Après avoir déchanté lors de ses six premiers mois dans son club de cœur, l'ex-Angevin a mis les bouchées doubles pour faire de son rêve une réalité. Une place de titulaire lui tend les bras.
Himad Abdelli est un peu vous, qui lisez ces lignes. Un amoureux fier et sincère de l'Olympique de Marseille, biberonné par ses parents, bercé par les exploits de ses idoles et les chants du Vélodrome. À ceci près que lui, a réalisé ce rêve fou. Depuis le 2 février 2026, le Normand n'est plus qu'un simple supporter, qui grattait des places à Pape Gueye, son ex-camarade à l'académie du Havre, qui conviait ses frères de cœur, dont Haris Belkebla, à vibrer chez lui les soirs de Clasico, et qui priait ses agents de lui ouvrir un jour les portes de son paradis. Cette mythique tunique, Abdelli la défend désormais autrement qu'en chantant. Dans l'arène, le ballon au bout du pied.
Ses abdos sur les réseaux
Jouer pour son club. De quoi vous donner des ailes... ou les couper violemment. En Provence, l'ancien Angevin a frôlé le crash. Loin de l'idée qu'il s'en faisait, son début d'aventure à l'OM a tourné au cauchemar, entre un temps de jeu famélique (178 minutes en 9 apparitions), des prestations insipides, une ambiance malsaine à La Commanderie, des crises en pagaille, et une querelle avec son entraîneur, Habib Beye, qui l'a mis au ban dans le sprint final.
"Peut-être que l'étape était haute. Je ne m'en suis pas rendu compte directement, confessait-il la semaine passée, après la victoire sur Strasbourg (4-0), avant de reprendre le fil de sa pensée hier en conférence de presse. Quand je suis arrivé dans mon club de cœur, c'était beaucoup d'émotions. Je rêvais de jouer ici ! J'ai eu du mal à m'adapter. Maintenant, je me sens libéré, transformé en tous points."
En d'autres temps, pas si lointains, Abdelli n'aurait pas eu de seconde chance. Malgré sa farouche volonté de rester à l'OM pour y montrer son vrai visage, et un contrat courant jusqu'en 2030, le tandem Longoria-Benatia, au hasard, lui aurait montré la porte cet été, après une nuit ou deux dans le loft. Mais l'Olympique version Richard-Lorenzi n'a plus ce luxe. Faute de pouvoir recruter, les renforts de Bruno Genesio seront des minots ou des revanchards, comme l'international algérien (8 sélections).
Pas forcément irréprochable lors de ses premiers pas à l'OM, malgré un contexte largement défavorable, le Montivillon a eu une prise de conscience.
Avant de retrouver le chemin de La Commanderie, il a, comme d'autres, avalé les bornes de son côté. Aussi, pour fondre et retrouver un physique plus en adéquation avec le très haut niveau. Pas peu fier, il a d'ailleurs posté les résultats sur ses réseaux, des abdos saillants, quand plusieurs supporters le jugeaient encore bien portant durant la préparation.
"À la reprise, ça a été un peu difficile, il a fallu un peu de temps pour qu'il progresse. Il est beaucoup mieux physiquement aujourd'hui, ce qui lui permet de mettre en avant ses qualités techniques et d'intelligence de jeu, note son nouveau professeur, Bruno Genesio. Ce qui m'a agréablement surpris contre Strasbourg, c'est son agressivité défensive, je n'avais pas forcément cette image du joueur quand il était à Angers ou à son arrivée à l'OM."
"J'espère qu'on ne va pas me dire de partir"
Auteur d'une prestation très sérieuse contre les Alsaciens, qu'il a contribué à étouffer (6 ballons récupérés, deuxième meilleur total derrière Hojbjerg), Abdelli a une place à prendre dans l'entrejeu, où son principal concurrent, Quinten Timber, ne devrait pas faire de vieux os. Une occasion en or de devenir "le vrai 8 de Marseille". "Ma position préférée est celle de relayeur. Je peux être à la relance et conclure plus haut... mais ça demande énormément d'efforts", glisse celui qui pourrait se transformer au contact de Bruno Genesio, chantre d'un pressing incisif.
"Je le découvre. Il est très professionnel, il a un bon esprit. C'est normal qu'il soit récompensé, ajoute le technicien. C'est avant tout grâce à lui, s'il était titulaire pour la 1re journée de championnat. À lui de continuer ainsi." Après avoir mangé son pain noir, l'intéressé ne va pas s'en priver : "J'ai beaucoup travaillé pour venir ici, j'espère qu'on ne va pas me dire de partir. Je veux vraiment faire une belle saison à l'OM". Parole de professionnel... et supporter.