1/4 CDL* TFC (2-1) OM : le calice jusqu’à la lie…

Hier soir, le TFC a éliminé l’OM de la Coupe de la Ligue 2015-2016 à l’issue d’un match assez terne et pratiquement à sens unique. À ce rythme, c’est en Ligue 2 qu’on risque de retrouver le club marseillais la saison prochaine…


N




Pelé


Sané


Sparagna


Rolando


Manquillo


Diarra


Romao


Silva


Nkoudou


Batshuayi


Isla


MVP

N'Koudou 4/6 ★★★★☆☆ 

L’ailier de poche incarne pratiquement à lui seul l’animation offensive de l’OM. On l’a vu défendre, temporiser, attaquer et essayer d’aérer le jeu. Cette abnégation lui a permis d’inscrire un but sur une initiative personnelle sympathique, mais quelque peu improbable.

Vif, pugnace, infatigable et spontané il fait également preuve d’un bel état d’esprit en dépit de certaines actions solitaires vouées à l’échec. Malheureusement, il est techniquement et tactiquement assez limité et ne progressera pas dans une équipe faible ou sans l’apport d’un bon entraîneur.

Par ailleurs, même s’il aurait pu aggraver le score en première période, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Hélas !

Le boulet

Silva 0.5/6 ½☆☆☆☆☆ 

Comme à son habitude, le poulain de Michel s’est surpassé dans la médiocrité.

Positionné assez haut en relayeur, il a pratiquement échoué dans chacune de ses actions. D’ailleurs, personne ne se souvient d’une seule bonne période de sa part depuis six mois…

Désespérément lent, imprécis dans ses passes, hésitant dans ses contrôles, prévisible dans ses dribbles, extrêmement paresseux dans le replacement défensif, incapable de cadrer la moindre frappe, de donner du souffle à son équipe ou d’amener de la verticalité dans l’animation offensive, ce joueur est une véritable hérésie footballistique : comment le Real Madrid a-t-il pu conserver dans sa réserve un élément aussi mauvais ?

Mystère.

Ce qui est clair en revanche, c’est que l’OM n’a pas de cellule de recrutement et que les contre-performances de ce milieu de terrain condamnent un collectif par ailleurs très faible. Son remplacement par Bouna Sarr à la 88e minute a été parfaitement transparent.


Le groupe

Pelé 3.5/6 ★★★½☆☆ 

À l’exception de quelques dégagements imprécis ou mal assurés, « l’albatros » n’a pas démérité. Sollicité dès l’entame, il a su rester solide sans commettre d’erreurs face à l’enthousiasme des Toulousains.

Vigilant dans ses buts et rassurant pour son équipe, il a même permis à l’OM de tenir le choc pratiquement jusqu’à la mi-temps des prolongations. Mis en difficulté par sa défense il n’a cependant rien pu faire sur les deux buts du TFC.

Sané 1.5/6 ★½☆☆☆☆ 

Le jeune latéral gauche olympien effectuait hier soir son baptême du feu avec l’équipe première. Dans ces conditions, il est difficile d’évaluer sa prestation.

Tendre, pas assez rigoureux dans ses placements, insuffisamment préparé sur le plan physique et peu aidé par ses coéquipiers, il s’est pourtant montré volontaire et courageux sur certaines actions délicates. Malheureusement à ce niveau-là ça ne suffit pas. On espère le revoir dans un  tout autre contexte pour le jauger de façon impartiale.

Manquillo 2/6 ★★☆☆☆☆ 

Plus expérimenté que son homologue à gauche, Javier Manquillo a fait du Javier Manquillo : de l’abnégation, quelques belles courses pour relayer ses partenaires, de bonnes relances, quelques centres intéressants, mais de grosses erreurs défensives, de l’hésitation, des replacements approximatifs, et de vraies lacunes tactiques lorsqu’il s’agit d’anticiper ou de s’imposer dans un duel (aérien notamment).

En outre, ce joueur affiche une certaine nonchalance et comme Rekik ou Rolando, dépend énormément de ses partenaires. Malheureusement, ils sont mauvais et par conséquent, lui aussi.

Sparagna 0.5/6 ½☆☆☆☆☆ 

Convaincant lors de ses premières apparitions la saison passée, le jeune défenseur olympien peine à renouveler ses performances. Travailleur, solide, rugueux, mais lent et assez maladroit, il a complètement raté son match hier. Relativement décevant donc, même si l’on attend sans doute un peu trop de lui dans un tel collectif.

À sa décharge, il convient néanmoins de signaler qu’il n’avait jamais joué en défense centrale avec Rolando…

Rolando 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Du mieux ! Oui, mais en partant de tellement bas… Pendant quelques instants, il a semblé tenir la baraque à lui seul, remportant plusieurs duels et éloignant avec brio le danger dans les pieds des attaquants toulousains.

Et puis à la 25e minute, il a complètement oublié de s’aligner sur ses partenaires et a ainsi permis à Trejo de trouver Ben Yedder à bout portant des buts de Yohann Pelé…

Une prestation plutôt honorable malgré tout, sachant que depuis ses débuts avec l’OM il hérite à chaque match d’un nouveau coéquipier en charnière centrale. On a vu plus efficace comme méthode pour asseoir une réelle solidité défensive…

2

Diarra 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Toujours aussi travailleur, toujours aussi pertinent dans ses choix et ses relances, l’ancien Gunner commence malgré tout à payer sa débauche d’efforts.

Mal relayé — voire pas du tout — par ses petits camarades, il se démène comme un beau diable partout sur le terrain pour porter son équipe à bout de bras. Hélas, rien n’y fait et peu à peu il sombre dans ce collectif fantôme ou personne ne semble en mesure de sonner la révolte. Quel joueur pourtant, ça fait mal au cœur de le voir s’épuiser en vain !

Il a été remplacé par Zambo Anguissa pendant les prolongations (100e).

Romao 2/6 ★★☆☆☆☆ 

Vachard, rugueux, parfois bien inspiré, mais le plus souvent maladroit et inconstant, le milieu défensif de l’OM délivre une énième prestation en demi-teinte, entre choix absurdes, lacunes techniques, et vraie combativité. Un joueur très moyen dans une équipe franchement médiocre en somme…

Il a laissé sa place à Rabillard en fin de rencontre (108e).

Isla 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Auteur d’une superbe déviation en cloche à destination de Batshuayi, le Chilien évoluant exceptionnellement sur le flanc droit de l’attaque a paradoxalement cumulé les approximations et les mauvais choix.

Il pourrait apporter beaucoup dans un collectif bien rodé en raison de sa détermination et de son abattage, mais, l’OM de Michel est désespérément faible et Isla, parfois distrait dans son replacement, en retard sur les appels des attaquants ou imprécis dans ses relais est trop inconstant pour tirer le groupe vers le haut.

Batshuayi 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Depuis quelques mois et en dépit de sa fraîcheur, ou de ses qualités de puissance de vitesse et d’aisance balle au pied, il mérite des claques du fait de son égoïsme, de ses mauvais choix et de sa maladresse invraisemblable devant le but.

Hier soir, s’il n’a pas vraiment fait oublier ses travers, il s’est néanmoins battu comme un beau diable tout au long du match pour essayer de faire la différence en dépit d’un trio d’escorte toulousain extrêmement pressant et vigilant, ou pour venir renforcer la défense sur certaines actions délicates.

Il a également tenté de varier le jeu notamment avec N’Koudou afin de déséquilibrer le bloc du TFC et aurait pu y parvenir en deux ou trois occasions. Malheureusement, il manque encore de jugeote et de précision pour franchir un palier.

Par ailleurs, il est difficile de peser sur une défense bien organisée sans pouvoir s’appuyer sur une véritable animation offensive susceptible d’offrir régulièrement de bons ballons…


Les remplaçants

Bouna Sarr
Remplaçant Silva à la fin du temps réglementaire il a rempli son rôle à la perfection en se révélant pratiquement aussi influent et inspiré que son coéquipier. Une magnifique passation de témoin…

Rabillard
Entré à la place de Romao au milieu des prolongations, le jeune attaquant s’est fait remarquer dans la surface de réparation adverse. Mieux, avec un peu plus de réussite il aurait pu mettre le TFC en danger. À suivre.

Zambo Anguissa
Parmi les jeunes espoirs olympiens, c’était de  loin le plus intéressant lors des confrontations de présaison. Hier soir, et comme face à Guingamp, il a été absolument fantomatique.


L'environnement

L'environnement 3/6 ★★★☆☆☆ 

La rencontre s’est déroulée dans une belle ambiance festive au Stadium Municipal de Toulouse devant 18163 spectateurs (dont 400 marseillais), joyeux, bruyants et gentiment chambreurs. Le foot devrait toujours ressembler à ça.

En revanche sur le terrain ce n’était pas fameux. Meuble, lourde et instable la pelouse toulousaine a donné beaucoup de fil à retordre aux joueurs confrontés à des faux rebonds réguliers et victimes de glissades intempestives. Décidément le standard Ligue 1 impressionne par son niveau global…

L'adversaire 3/6 ★★★☆☆☆ 

Le TFC s’est appuyé sur sa solidité défensive et sa qualité de projection vers l’avant pour déstabiliser l’OM et lui faire mettre le genou à terre par deux fois. Un jeu en contre classique, mais efficace, et objectivement plutôt plaisant, même si rappelons-le, nous parlons de la L1 et qu’un simple coup d’œil sur ce qui se fait généralement dans les autres grands championnats européens constitue un véritable électrochoc !

1

Michel 1/6 ★☆☆☆☆☆ 

He’s a real nowhere man
Sitting in his nowhere land
Making all his nowhere plans for nobody…

Des entraîneurs mauvais, impuissants ou dépassés on en a vu, mais des blagues comme Michel, jamais ! Ce gars attend que son milieu de terrain s’épuise, que son équipe soit menée au score et perde confiance pour envisager éventuellement de changer son fusil d’épaule et faire entrer du sang neuf.

Sa méthode est plus épurée encore que celle du regretté Émile Coué, puisqu’elle repose directement sur l’attente d’un miracle ! Hallucinant.

Alors certes, l’effectif de l’OM était handicapé par l’absence de plusieurs titulaires, mais face à Toulouse l’argument ne tient pas. Il ne s’agit pas de prétendre que Marseille avait toutes les chances de gagner avec un autre coach, mais quand de toute évidence, il n’y a aucune logique, aucune discipline, aucun plan de jeu, aucun recours tactique, ce ne sont plus les joueurs qu’il faut blâmer.

Et pour une fois, même le président n’y est pour rien. Sauf qu’il n’aurait jamais dû embaucher un tel tromblon… Même Élie Baup aurait fait mieux, c’est dire !

L'arbitre 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Monsieur Benoît Millot s’est acquitté d’un honorable arbitrage à la française, c’est-à-dire gentil, guindé, brouillon, irritant et parfois incohérent. Même si les cartons distribués aux joueurs marseillais sont légitimes, on comprend mal comment les Toulousains peuvent passer au travers, en dépit de fautes évidentes et récurrentes notamment sur Batshuayi… Enfin bref, c’est la Ligue 1 après tout.


Docteur Michel and Mister González

Depuis des mois, la rédaction fustige, à juste titre, l’attitude et le niveau des joueurs. Après ce que j’ai vu hier, j’ai pourtant du mal à les blâmer malgré cette énième défaite.

En effet, outre le départ prématuré de Marcelo Bielsa et la gestion ahurissante du mercato orchestrée par Vincent Labrune, une des causes majeures de ce marasme s’appelle Michel.

Communiquant lisse et sexy comme les aiment les médias, l’entraîneur de l’Olympique de Marseille est aux yeux des observateurs, évasif, contradictoire, minimaliste, à l’occasion cinglant avec ses hommes et adepte des discours victimaires. Sa communication est donc diamétralement opposée à celle de son prédécesseur.

Or, cette double image a également un effet pervers de déformation de la réalité pour les joueurs.

Surprotégés comme toujours, mais de toute évidence bien moins sollicités qu’au cours de la saison précédente, ils ne comprennent probablement pas plus qu’hier pourquoi les échecs s’enchaînent et surtout pourquoi ils se retrouvent à présent au banc des accusés en conférence de presse alors qu’il y a seulement quelques mois, on les disait « usés par la méthode Bielsa »…

Dr Michel

Cette communication 2.0 parfaitement adaptée aux chaînes d’information en continu et clairement inepte a pour conséquence d’exposer toute l’équipe au feu direct des critiques, ce qui n’aide pas en période de crise.

Au reste, si les rapports des joueurs avec Michel semblent – a priori – plus faciles qu’ils ne l’étaient avec El Loco, l’autorité du technicien espagnol ne soutient pas la comparaison avec celle de son homologue argentin. Quant à la confiance envers le staff, il est évident qu’elle s’est envolée depuis belle lurette…

Sur le terrain, la confusion règne, le turn-over permanent a semé le trouble, les repères manquent, la solidarité n’existe pas et plus trivial encore, les joueurs ne savent pas quoi faire du ballon, même si d’aventure ils ont ouvert le score sur un exploit personnel. Il n’y a même pas de plan de jeu embryonnaire sauce catenaccio édulcorée à la mode Ligue 1…

Non rien, pas de couverture défensive, pas d’alignement non plus, pas d’agressivité sur le porteur de la balle, pas de fluidité dans la relance, pas d’animation offensive… le néant. Même les détracteurs les plus acharnés de Bielsa commencent à le regretter amèrement.

Le groupe est en partie responsable de cette situation évidemment, mais la philosophie de jeu, l’organisation de l’équipe, la tactique, la motivation, bref, le choix des hommes de la méthode, des techniques et du discours incombent à l’entraîneur.

À mi-chemin de ce championnat indigeste, Michel est devenu le bouc émissaire parfait – comme l’était déjà Bielsa – l’arme de destruction massive choisie par Vincent Labrune pour semer le chaos, et concomitamment, sa victime expiatoire.

Mort sur ordonnance

Les contre-performances des Marseillais ne se comptent plus depuis quelques années en dépit de brèves périodes de flamboyance. Néanmoins, on sent bien aujourd’hui que quelque chose est en train de se briser, de se défaire.

L’OM n’est plus un club européen depuis des lustres, ni même un grand club français à l’heure d’un PSG richissime et élitiste, soyons objectifs. Pour autant, Indépendamment des budgets et des stars, sous la houlette de Vincent Labrune et de Margarita Louis-Dreyfus, la vénérable institution marseillaise s’est surtout éloignée de ses racines, de ce qui faisait son aura, son panache, sa popularité, et sans doute aussi son essence : la fierté.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’Olympique de Marseille flirte avec la chienlit ou plus prosaïquement, le ventre mou du classement et le maintien parmi l’élite, mais ce qui a disparu en l’occurrence, c’est l’espoir que les choses puissent jamais changer.

Le fossé qui sépare désormais la L1 des autres championnats européens est en effet vertigineux, aussi bien en matière de niveau et  de résultat, que de médiatisation et de parts de marché en comptant des secteurs connexes (immobilier, énergie, transports).

À cette échelle l’OM est minuscule et il est évident que l’Asie et l’Amérique du Nord viendront très bientôt revendiquer une place de choix au banquet du foot business mondial.

Dans cette perspective, il y a cependant une dernière chance que l’OM renaisse un jour de ses cendres : la vente du club. À condition toutefois qu’elle intervienne dès l’été prochain et que l’éventuel repreneur soit aussi solide qu’ambitieux…

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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5 Réponses pour 1/4 CDL* TFC (2-1) OM : le calice jusqu’à la lie…

  1. avatar De selfmade footix le 16 janvier 2016 à 18h50

    Prozac, les gars ? C’est ma tournée !

    Merci Labrune, la blonde et le gris aux dents blanches.

  2. C’est triste…texte juste Toti

  3. Vraiment très bon ; lucide, mais pas complaisant dans la noirceur. Les articles précédents l’étaient aussi, d’ailleurs. Je constate avec plaisir que la rédaction continue à faire du bon boulot. J’attends de lire la prose des nouveaux recrutés.

    • Héhé, merci vieux complice, venant de toi ça fait particulièrement plaisir ! 😉

      Pour le reste, ça ne devrait pas trop tarder.

  4. Snifff… tellement vrai.