OM-SCB : quelques notes d’amertume

Voilà, c’est terminé ! Monsieur Buquet vient de siffler la fin de la saison au Vélodrome entre Marseille et Bastia. Une saison aussi riche en émotions qu’en regrets pour l’OM et ses supporters, avec une place au pied du podium en guise de lot de consolation…

Notes NEW (brut)



30

Mandanda


Morel


NKoulou


Fanni


Dja Djédjé


Ayew


Imbula


Alessandrini

10

Payet

26

Thauvin


Gignac


MVP

André Ayew : 5/6 ★★★★★☆ 

Le fils d’Abedi Pelé ne portera plus les couleurs de l’OM la saison prochaine. C’est la fin d’une histoire d’amour fusionnelle entre un public exigeant et un joueur atypique, pétri de hargne, d’abnégation et de courage, autant de qualités qui lui auront permis de s’affirmer comme une des rares valeurs sûres de la L1 au fil des ans.

Plutôt que de nous répandre en superlatifs nostalgiques, résumons notre pensée en trois mots : bravo et merci !

La note vaut pour l’ensemble de son œuvre.

AA


Le boulet

Vincent Labrune : 0/6 ☆☆☆☆☆☆ 

De saison en saison, les certitudes s’accumulent et le bilan du président de l’OM se révèle désastreux : gestion financière bancale, communication calamiteuse, politique sportive à géométrie variable, choix stratégiques indéfendables, jeu d’échecs permanent en matière de ressources humaines, absence d’autorité et absence tout court, etc. En cas de départ volontaire, sa note passera probablement à un pour avoir fait appel à Marcelo Bielsa. Malheureusement, si le second est proche de la sortie, le premier semble accroché à son poste auprès de l’actionnaire principale du club comme une moule sur son rocher… Damned !


Le groupe

Mandanda: 3/6 ★★★☆☆☆ 

Peu inquiété face à des Bastiais plus doués pour donner des coups que pour conduire une boule de cuir avec habileté, le portier olympien a rempli son rôle sans passion ni panache. Sans faillir certes, mais sans briller non plus. Il a fait frissonner le stade lors d’une sortie hasardeuse qui plus est. Moyen avec intensité quoi, comme souvent depuis janvier… C’est un peu léger pour un capitaine quand même ! Et puis le temps passe, on finit par se lasser nous aussi…

Morel : 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Courageux, combatif, blabla et toujours aussi maladroit dans l’ensemble blabla, Jérémy Morel a pourtant trouvé le moyen de marquer sans le faire exprès (évidemment) ! Dans son cas c’est une sorte d’apothéose. Hélas pour lui, ce garçon est à peu près aussi sympathique qu’irritant. Or comme tout semble indiquer que Vincent Labrune lui a déjà accordé une prolongation de contrat, ça ne devrait pas changer la saison prochaine. Caramba…

Nkoulou : 4.5/6 ★★★★½☆ 

He is back ! Le Camerounais a livré ce soir une superbe prestation faite d’anticipations brillantes, de tacles élégants et de relances chirurgicales. Face à Bastia, l’exploit est relatif, bien sûr. Un réveil tardif en somme, toutefois on ne peut guère le lui reprocher. En effet, entre la CAN, une opération au genou et le choix ahurissant de son président de club de ne pas lui avoir adjoint deux autres défenseurs centraux de métier en début de saison, on peut faire une lecture inverse et lui accorder de sacrées circonstances atténuantes !

Fanni : 3/6 ★★★☆☆☆ 

Parfois brillant, souvent terne, ponctuellement sympathique, régulièrement agaçant, jamais réellement adulé ou haï, Rod Fanni aura traversé l’histoire de l’OM comme une idée dans l’esprit de Stéphane Paganelli, c’est-à-dire sans laisser de traces.

Dja Djédjé : 4/6 ★★★★☆☆ 

 De retour de blessure, Brice 3D a fait le job ce soir. Percutant, efficace, dangereux à l’occasion et toujours généreux, le jeune latéral olympien a donné satisfaction. Un potentiel limité, un caractère impulsif, mais des progrès depuis le début de la saison et de l’abnégation plutôt que de l’esbroufe, contrairement à certains de ses petits camarades…

Imbula : 2/6 ★★☆☆☆☆ 

Un match correct, tout au plus. Imbula s’est contenté du minimum syndical ce soir. À l’heure de lui attribuer une note, je choisis de l’imiter.

Payet : 5/6 ★★★★★☆ 

De la finesse, de l’intelligence, de la précision… du talent quoi ! Oui, mais on aimerait bien voir ce qu’il a fait ce soir face à Bastia dans une confrontation PSG-OM par exemple… Avec un peu plus d’efficacité et de combativité, il pourrait jouer dans un grand club européen. Pour l’instant il officie à l’OM et Bielsa est sur le banc. Il est probable que ça ne durera pas, mais on aimerait bien en profiter encore un peu quand même. Une très, très belle saison pour le meilleur passeur du championnat, malgré tout (lamentablement ignoré par l’UNFP, bien entendu).

Alessandrini : 3.5/6 ★★★½☆☆ 

Romain n’a pas le toucher de balle du meneur de jeu de l’OM, ni sa précision ou son intelligence balle au pied, mais il est généreux et altruiste à défaut d’être convaincant. Pas mal, sauf qu’on sait très bien qu’il ne fera jamais mieux, hélas ! D’ailleurs, il n’a pas fait mieux ce soir…

Thauvin : 2/6 ★★☆☆☆☆ 

Le jeune attaquant phocéen réalise un match volontaire, mais très insuffisant et irrégulier. À l’image de sa saison en fin de compte. Pris en grippe par une partie du stade Vélodrome, Florian Thauvin est déjà arrivé à un tournant de sa carrière, car il peut partir en risquant de payer longtemps ses frasques ou rester et s’imposer malgré l’adversité. Cette fois, il n’a plus droit à l’erreur et si techniquement il semble capable de relever ce défi, mentalement le doute subsiste. En tout cas, il ne dispose plus d’aucun joker désormais.

Gignac : 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Un dernier match honorable au terme d’une saison pleine pour le meilleur buteur marseillais. Honorable oui, mais sans plus. Oui vous avez bien lu. Gignac et l’OM c’est fini ! Certains le regrettent déjà, d’autres n’en pouvaient plus d’attendre son départ. Dans les faits, après cinq années de bas et de plus ou moins hauts, il est temps de tourner la page, pour lui comme pour le club, même si on peut reconnaître à l’enfant terrible du Vélodrome un réel panache quitte à fermer simultanément les yeux sur une absence manifeste de talent.

Bonne route, Dédé, et ne te retourne pas. De toute façon, il n’y aura pas grand-chose à voir…


Les remplaçants

De l’explosivité et de la présence pour Batshuayi, de la figuration pour Andonian et du brio ainsi qu’un superbe but en signe d’adieu pour Ocampos. C’est pas si mal pour le dernier match de la saison.


L'environnement

L'adversaire : 1.5/6 ★½☆☆☆☆ 

Des coups, de l’impact physique, un peu de provoc’, quelques opportunités mal négociées et pis c’est à peu près tout. Une équipe corse quoi, avec du cœur, des tripes, de la mauvaise foi, des grandes gueules et peu de talent. Dommage, car sur le banc Bastiais, il y a un entraîneur compétent et sympathique qui tranche un peu avec ce à quoi le foot français nous a habitués.

L'ambiance : 1/6 ★☆☆☆☆☆ 

 Superbe au début avec des travées inondées de monde, de beaux tifos et des chants fédérateurs à faire frémir l’enceinte marseillaise. Puis soudain, une clameur sourde qui s’élève sans motif, des objets qui volent vers le terrain, une détonation assourdissante à quelques pas du gardien bastiais et des pseudo-supporters qui s’agitent fièrement en revendiquant on ne sait quoi… Affligeant.

L'arbitre : 2.5/6 ★★½☆☆☆ 

Que faut-il en penser ? De la maîtrise lorsqu’il s’agit de faire preuve d’autorité et de sagesse en suspendant le cours du match suite à des jets de projectiles divers sur la pelouse et les joueurs bastiais, mais de l’incompétence et de l’incohérence dès lors qu’on parle de psychologie, de rythme, de dialogue, de prise de décision immédiate, d’anticipation et d’intelligence en cours de jeu, comme pour chaque arbitre de Ligue 1 lors de chaque rencontre ou presque… C’est désespérant et le pire c’est que c’est plutôt le système et sa logique qu’il faudrait remettre en cause que les hommes eux-mêmes. Après tout, l’arbitre d’un match de foot n’est pas dans la position la plus confortable sur le terrain, surtout dans une confrontation de ce genre !

Marcelo Bielsa : 5.5/6 ★★★★★½ 

Noter ce match bizarre contrarié par une bande d’abrutis adeptes des bombes agricoles – mais pas corses pour une fois – et du chaos organisé n’aurait guère de sens. Noter El loco, Il maestro, sur quatre-vingt-dix petites minutes alors même que ses principes de jeu, son travail colossal, sa droiture, sa faconde, son romantisme, sa volonté et sa dévotion pour le foot nous ont donné toute la saison des frissons que nous n’avions plus ressentis depuis des lustres serait tout aussi idiot. En revanche, affirmer dès à présent que cet homme-là restera à jamais dans l’histoire du club fait sens. On aurait bien mis six pour le coup, parce que contrairement à ce que pensent quelques cuistres ici ou là, à Marseille comme à Rosario, la passion compte bien plus que le reste.

Merci pour tout Monsieur Bielsa et même si votre départ semble pratiquement acquis,  on aimerait vachement que vous restiez encore un peu quand même. On aimerait oui, mais quand on analyse froidement la gestion ahurissante qui vous a été imposée, on comprend que certaines choses sont inexorables. Au reste, on avale le venin pour un final long en bouche bien qu’indigeste. Comme toujours…

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A propos de Toti


Pixelliste iconoclaste, feuilliste acescent, il gâche le temps libre de tous ceux qui se risquent à lire sa prose et le sien à suivre l'OM.
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