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Revoilà le vrai Weah !
La Provence
Le capitaine olympien a renoué cette semaine avec son meilleur niveau. Déjà très bon face à l’Olympiakos, il a récidivé à Raymond-Kopa, avec deux passes décisives à la clef.
Timothy Weah n’est plus le même. À moins qu’il ne soit simplement redevenu lui-même. Un jeune homme apaisé, heureux, chantre de la "positive attitude". L’Américain a ainsi quitté Raymond-Kopa, en début de soirée, d’un pas léger. Plutôt que de s’arrêter en zone mixte le visage fermé, où sa présence est devenue incontournable les soirs de débâcle, "Tim" s’est faufilé derrière Geoffrey Kondogbia, envoyé au front. Au lieu de s’autoflageller, d’endosser le fardeau d’une défaite et tous les malheurs du monde, à l’instar de sa repentance au Roazhon Park, le capitaine, presque trop exemplaire, a pu sourire et poser de bon cœur avec les supporters qui l’attendaient plus loin. Tout simplement savourer cette belle journée. Aussi, son retour au premier plan.
Coincé dans une lessiveuse
Méconnaissable en ce tout début de saison, Timothy Weah avait rallié tête basse la trêve, exclu du Clasico, fautif d’être largué. Une lente descente aux enfers pour la bonne surprise de la saison 2025-26, usée jusqu’à la corde par Roberto De Zerbi et Habib Beye, puis snobé par Mauricio Pochettino qui l’a rarement convié aux festivités d’un Mondial à domicile. Après des congés trop courts, Weah a remis le couvert à l’OM, qu’il aurait pu quitter du jour au lendemain. Marseille, où il a quand même hérité du brassard, à la surprise générale, après intervention du boss McCourt, soucieux d’en priver Hojbjerg.
Piégé dans une lessiveuse depuis plusieurs mois, le fils de George a également dû apprendre un nouveau métier. Même s’il a été enrôlé pour être un redoutable piston droit, voire plus grâce à sa grande polyvalence, le New-Yorkais n’était en rien un latéral d’une défense à quatre. Lui, l’avant-centre de formation qui n’a pas les bases tactiques, ni les automatismes pour assurer la couverture et gérer les un contre un. Entre son apprentissage sur le tas et, pour certains, le poids du brassard, Weah a traversé août et septembre comme une âme en peine.
Et si tout cela était, enfin, de l’histoire ancienne ? Ses deux dernières sorties, en l’espace de trois jours, plaident en ce sens. En verve devant l’Olympiakos, une nuit européenne durant laquelle il s’est mué en redoutable défenseur, signant quelques retours salvateurs, l’ancien Parisien l’était tout autant hier, en Anjou. Malgré une entame de match poussive, qui laissait craindre une rechute, "Tim" s’est admirablement ressaisi.
La tentation du front
Signe qui ne trompe pas, aussi de sa progression, il a retrouvé le fil en épousant ses tâches défensives. Sans ce tacle du bout de l’orteil, au terme d’un contre angevin, Amine Sbaï aurait très probablement corsé l’addition, et définitivement enfoncé les Olympiens (35). "J’ai passé la trêve à faire des courses pour mieux me sentir physiquement. Je travaille beaucoup défensivement, aussi le timing de mes tacles. C’est toujours bizarre, mais ça demande du travail", glissait-il jeudi soir, après le revers en Ligue Europa.
Après avoir évité le pire, Weah offrait le meilleur. À l’OM et Himad Abdelli, cible de son centre au cordeau (1-1, 37). En toute fin de partie, en bon capitaine, il a même tendu la main à un camarade en difficulté, Igor Paixao, en déposant sur son pied une admirable remise de la tête (2-5, 85). Ses deux premières passes et gestes décisifs cette saison…
De quoi lui redonner des ailes. Et, peut-être, l’envie de voler un peu plus haut sur le terrain, où il se sent le plus à l’aise. Une idée caressée par l’Américain, qui a assisté avec plaisir (et intérêt) au baptême réussi de Kelyann Bezahaf à "son" poste, à Troyes. "Jouer un cran plus haut ? Je suis prêt à jouer partout, même si le coach me dit : ’Tim, tu passes au but', je suis prêt ! Donc si le coach me dit de jouer en attaque, j’y vais, si je joue en défense, je joue en défense", promet l’intéressé. Une excellente nouvelle, devant ou derrière, si l’OM a bel et bien retrouvé le vrai Weah.