OM : "On a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome", souligne Petruzzo avant la première de la section féminine
Le directeur général de la section féminine de l'OM s'est exprimé ce vendredi au sujet de la réception de Montpellier, ce samedi au Vélodrome, mais aussi du développement des Marseillaises et des projets futurs.Toujours souriant et généreux avec la presse, le directeur général de la section féminine de l'OM, Stefano Petruzzo, s'est exprimé ce vendredi au Vélodrome. Pendant une vingtaine de minutes, le dirigeant italo-argentin a répondu, dans un français parfait, aux questions des médias. Au menu, la première historique des Marseillaises au Vel' ce samedi (18h30), mais aussi tout le travail effectué ces derniers mois et les projets envisagés pour le futur de la section.
Pourquoi avoir choisi ce match-là pour la première au Vélodrome ?Comme vous pouvez imaginer, dès le moment où on a décidé de faire le match au Vélodrome, on a vu toutes les potentielles dates et options, et on a décidé de donner le maximum de visibilité à l'équipe féminine marseillaise. On a choisi la trêve internationale des garçons. Ce n'est pas la seule raison, mais c'est à la base une des raisons. En mars, il y a la fête de la femme (la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, ndlr) et plusieurs évènements pour célébrer le rôle de la femme dans la société, donc il y a plusieurs éléments qui ont poussé à ce choix.
Comment vous, le staff au sens large, préparez les joueuses à ce moment qui doit être un moment formidable mais qui peut être aussi un moment compliqué ?Il y a de l'excitation, oui, mais je ne dirais pas qu'il y a de la peur, peut-être de la trépidation si on peut dire ça en français. C'est évidemment un moment tellement historique, et ce qu'on peut faire, c'est de travailler en tranquillité. Et le fait qu'on a prévu le match avec beaucoup d'avance, qu'on s'est préparé depuis plusieurs mois, ça veut dire qu'on peut arriver avec tranquillité. Il n'y a pas trop de choses à la dernière minute à régler, on a tout imaginé avec toute l'anticipation possible, donc c'est d'être nous-mêmes, être tranquille, et au minimum de ne pas ajouter de la pression.
Est-ce que ça donne envie de faire d'autres matches au Vélodrome ? De penser à venir directement ici plutôt que de commencer la prochaine saison à Turcan ?On devra regarder aussi en fonction du calendrier, des plusieurs facteurs qu'on doit considérer. Mais je dirais que oui, on a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome chaque saison, ça c'était au début du projet, en fait toute la conception du projet, de l'événementiel, des animations, est prévue pour dire "On veut le refaire" et on le refera. Après, on devra choisir les dates justes, les concepts justes, combien de fois le faire, mais oui, on a beaucoup d'envie de continuer, que ce soit un rendez-vous pérennisé.
Quel chiffre de billets réservés vous étiez-vous mis en tête ? Et maintenant que vous êtes à quasiment 50 000, qu'est-ce que ça représente ?Alors, moi je suis toujours ambitieux et très optimiste, donc on doit se préparer pour la réalité, qui peut être certaines fois pas au niveau qu'on voudrait, mais effectivement, j'ai toujours senti que cette ville, ce club, peut répondre présent d'une manière qui peut surprendre beaucoup de personnes, et en fait c'est ça qui s'est passé. Même aujourd'hui la billetterie a explosé, on est proche de 50 000, et oui, honnêtement j'ai toujours eu la confiance, mais c'est ma deuxième saison à l'OM avec les Marseillaises, donc je commence à comprendre que j'avais raison de croire que c'était possible, c'est vraiment incroyable ce qu'il y a à Marseille.
Avec la gratuité des places, quel type de supporters vous voulez aussi inviter dans le stade ?Vraiment tout le monde, tout le peuple marseillais, et pas seulement. C'est vrai que faire une entrée gratuite pendant la trêve internationale, avec toute la communication qu'on a faite, ça permet à d'autres types de supporters qui n'ont pas l'occasion de venir chez les garçons. Mais aussi avec des choses qu'on fait avec le soutien de la ville, comme une fan zone ouverte au public. On doit remercier la direction pour cette entrée gratuite. Ce n'est pas une entrée gratuite pensée pour dire "Ah sinon personne ne va venir voir le football féminin", c'est pour dire qu'on ouvre les portes chez nous, du temple, à tout le monde.
Est-ce que vous pensez que ça participe aussi à l'accompagnement du développement du foot féminin à Marseille ?Certainement. L'un de nos principaux objectifs est d'être un moteur pour le foot féminin en France. Mais évidemment, on doit partir de chez nous, à Marseille, dans le département, la région. Et donc il y a plusieurs choses qu'on fait pour ça. Ce match-là, c'est un peu l'évidence, très visible, mais il y a beaucoup de travail fait avec des clubs partenaires, en allant dans les écoles. Il y a vraiment toute une opération qu'on fait, même avec notre fondation, 13e Homme. On fait beaucoup de choses et pouvoir rassembler pour un match historique nous permet de remercier tout le monde et de vraiment fédérer, même physiquement, les personnes.
Est-ce que c'est déjà un match réussi ?Je n'anticipe pas. Je dirais que dans les étapes qu'on a suivies jusqu'à maintenant, on est très contents du déroulement et de comment on y arrive. Mais après, on doit faire le match. On doit bien faire hors terrain. On espère que le terrain sera là pour nous aussi. Les matches et les résultats, c'est la seule chose que nous ne pouvons pas contrôler. Mais vraiment, on est très heureux. Je remercie vraiment tout le monde, à l'OM, dans la ville, pour tout l'effort et le soutien.
L'une des prochaines étapes du projet serait peut-être de jouer à Marseille. Est-ce que ce rendez-vous avec 50 000 personnes au Vélodrome, ça donne aussi un peu de crédit vis-à-vis de la municipalité, par exemple, pour un retour à Marseille ?Alors, je ne peux pas parler pour les autres, pour la municipalité, mais oui. C'est vrai qu'on se trouve très bien à Martigues et on remercie aussi la ville de Martigues pour leur soutien. Mais c'est vrai qu'on est l'OM, on est les Marseillaises, donc on aimerait jouer au moins un peu plus à Marseille. Et oui, avoir ce soutien, ce grand événement ici au Vélodrome, donne peut-être encore plus de visibilité au fait qu'il y a envie de foot féminin, il y a envie des Marseillaises ici à Marseille. Après, les solutions ne sont pas évidentes, comme vous savez, donc à voir ce qu'on pourra imaginer dans le futur.
Quelles sont les prochaines étapes du projet ?Avant tout, devenir centre de formation, absolument, ça c'est très important pour nous, et continuer dans la progression de l'Académie. Et après, dans ce que nous faisons, il y a beaucoup de premières. Je vous assure que chaque jour, il y a des premières dans la manière de travailler sur l'aspect technique, la communication, le digital... Beaucoup de choses qui prennent du temps à être visibles. Une fois qu'on se sera pérennisé en première division, on voudra devenir de plus en plus compétitif, donc peut-être les prochaines premières seront aussi liées aux résultats sportifs.
La Ligue des Championnes alors ?Oui, peut-être pas la saison prochaine, mais...(rires) Oui, dans le futur, on aimerait ça.
Thibault Lopez pour la Provencehttps://www.laprovence.com/article/om/5 ... n-feminine