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★★★★☆
Geraint Thomas (Grande-Bretagne, Ineos), le tenant mise tout sur le Tour
Passé sa grosse frayeur après sa chute en début de Tour de Suisse en juin, le Gallois s'est remobilisé pour tenter de retrouver le caractère de gagneur qui était le sien en 2018. Il sait qu'il a un rôle important à tenir, celui de vainqueur sortant. Il a su faire de ce Tour 2019 l'objectif unique de sa saison. Son expérience et sa science de la course seront ses principaux atouts avec une équipe formatée pour gagner le Tour (6 victoires sur 7 depuis 2012 avec trois coureurs différents).
Egan Bernal (Colombie, Ineos), l'équipier devenu prétendant
Le jeune Colombien ne participe là qu'à son deuxième Tour de France (15e en 2018) mais il fait déjà figure d'épouvantail. L'absence de Chris Froome lui offre évidemment plus de libertés alors qu'il avait été confiné l'an dernier à un rôle d'équipier de luxe. Le petit grimpeur de 22 ans qui est loin d'être ridicule en contre-la-montre a pris beaucoup d'ampleur et d'assurance en l'espace d'un an. Sa victoire au récent Tour de Suisse l'a confirmé.
★★★☆☆
Jakob Fuglsang (Danemark, Astana), seul aux manettes
Après avoir longtemps travaillé pour des leaders ou partagé les rôles (avec Andy Schleck, Vincenzo Nibali, Fabio Aru), le Danois arrive au départ du Tour, enfin seul aux commandes d'une équipe. Sa victoire sur le dernier Critérium du Dauphiné a apporté la preuve qu'il avait les épaules pour assumer ce statut et surtout un groupe totalement dédié à sa cause autour de lui. Même s'il n'a pas les talents d'un pur grimpeur, sa régularité lui permet de travailler ses adversaires à l'usure.
★★☆☆☆
Thibaut Pinot (France, Groupama-FDJ), gérer la pression
Le Franc-Comtois revient sur le Tour après une année de retrait censée lui faire oublier ses deux échecs précédents en 2016 et 2017 (abandons). Même si son choix de privilégier le Giro en 2018 s'est soldé par un énorme coup de bambou la veille de l'arrivée, le leader de Marc Madiot semble métamorphosé depuis. Sa victoire au Tour de Lombardie en octobre dernier apparaît clairement comme un déclic, celui qui lui permet désormais de ne plus faire de complexes par rapport aux autres favoris. Ses derniers doutes reposent encore sur sa capacité à supporter la pression du Tour, surtout s'il se retrouve en position de le gagner.
Romain Bardet (France, Ag2r La Mondiale), tout pour la 3e semaine
Ses deux places sur le podium et ses trois victoires d'étapes ces quatre dernières années le placent tout naturellement parmi les principaux outsiders de cette édition 2019. Son relatif échec sur le dernier Critérium du Dauphiné où il n'a jamais été en mesure d'élever son niveau, a déjà été oublié. Il mise gros sur la dernière semaine de course. Son ultime gros bloc d'entraînement en Sierra Nevada lui a permis de régler les derniers détails. Reste que la réalité de la compétition n'est pas toujours la même que celle des stages de préparation.
★☆☆☆☆
Vincenzo Nibali (Italie, Bahrain-Merida), le poids des ans
C'est le seul à avoir réussi à intercaler son nom (en 2014) dans le palmarès du Tour dominé par les Sky (aujourd'hui Ineos) depuis 2012. L'Italien a l'expérience des trois semaines de course, il est le seul au départ de Bruxelles à avoir déjà remporté les trois grands Tours. Même si son impuissance à se défaire de Richard Carapaz sur le dernier Giro a laissé entrevoir les premiers signes du poids des ans (il a 34 ans), il n'a pas donné l'impression pour autant d'avoir réellement puisé dans ses réserves.
Nairo Quintana (Colombie, Movistar), éternelle promesse
Ses trois places sur le podium des Champs-Élysées (en 2013, 2015 et 2016) avaient laissé présager à court terme une victoire finale du grimpeur colombien. Il semble trop souvent sur la réserve alors qu'on attend toujours de lui un véritable passage à l'acte. Il en a évidemment les moyens et c'est en cela qu'il reste toujours un client dangereux aux yeux des autres outsiders du Tour.
Nairo Quintana lors de la présentation des coureurs. (F. Faugère/L'Équipe)
Adam Yates (Grande-Bretagne, Mitchelton-Scott), l'imprévisible
On l'a souvent présenté comme (légèrement) moins talentueux que son jumeau Simon sur les grands Tours, mais c'est pourtant lui qui a réalisé la meilleure performance sur les routes du mois de juillet, 4e en 2016 alors que son frère n'a jamais fait mieux que 7e (en 2017). Malgré une semaine plutôt terne lors du dernier Critérium du Dauphiné, le Britannique reste une valeur sûre. Son côté imprévisible peut brouiller les pistes.
Rigoberto Uran (Colombie, EF Education First), le discret
Comme à son habitude le Colombien a réussi à se faire oublier à l'approche du Tour, préférant réduire ces jours de course au Tour de Californie et au Tour d'Occitanie, loin des projecteurs du Dauphiné ou du Tour de Suisse. Cette stratégie résume aussi sa personnalité, sa discrétion qui lui permet de rester toujours au contact des meilleurs sans se faire remarquer. Il est toujours difficile à décrocher et s'il en reste un, ce sera lui. Comme en 2017 lorsqu'il était resté jusqu'à Paris une menace pour Chris Froome, à seulement 54'' de la première marche du podium.
Steven Kruijswijk (Pays-Bas, Jumbo-Visma), souvent placé
Le solide Néerlandais est un habitué du Top 10 sur les grands Tours (6 depuis 2011), dont une 5e place encourageante en 2018 sur le Tour de France après avoir failli gagner le Giro en 2016. À deux jours de l'arrivée il avait chuté dans la descente du Col d'Agnel perdant son maillot rose qu'il semblait certain de ramener à Turin. Sa constance dans l'effort et sa puissance naturelle sont ses principaux atouts.