Connaissez-vous les secrets du Palais de la Bourse ?
La Provence
Myrtille MAYAUD-DEQUERO
mmayaud-dequero@laprovence.com patrimoine Situé sur la Canebière en face de la place du Général-de-Gaulle, le Palais de la Bourse a été conçu par l'architecte Pascal Coste et construit sous le Second empire, il fut inauguré en septembre 1860, en présence de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie. Démêlez le vrai du faux de cet édifice classé au titre des monuments historiques.
À deux pas du Vieux-Port, il accueille la Chambre de commerce et d'industrie. Construit au milieu du XIXe, le Palais de la Bourse est le point de départ d’une grande vague de construction d’édifices publics à Marseille.
C’est la première Chambre de commerce au monde
Vrai. Tout commence en 1599 au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville. À l’époque, quatre négociants s’occupent du bureau du commerce, chargé d’organiser les échanges en Méditerranée. Sous le règne d’Henri IV, la création d’une Chambre de commerce devient essentielle pour renforcer les liens avec l’Empire ottoman et structurer le commerce alors fragilisé par la piraterie. L’idée d’un lieu dédié s’impose. "On passe de la chambre de l’Hôtel de ville du XVIIe siècle où se réunissaient négociants et industriels à un pilier du port et du commerce méditerranéen dès 1860", affirme Patrick Boulanger, historien de l’Académie des sciences lettres et arts de Marseille.
Il est le premier bâtiment de Marseille construit en charpente de fer
Vrai. Imaginé par l’architecte Pascal Coste (1787-1879) en pleine Révolution industrielle, le Palais de la Bourse marque une rupture. "C’est une révolution pour l’époque. Et le Palais de la Bourse est un vrai chef-d’œuvre de l’architecture du Second Empire", soutient Patrick Boulanger.
Sa structure métallique est une première à Marseille. "Dès la façade, on est baigné dans l’univers du commerce et des négociants", ajoute-t-il. Car la façade, richement ornée, célèbre l’univers du commerce ouvert sur la mer, avec notamment deux statues d’Eugène Guillaume visibles depuis la Canebière : à gauche, le génie de la navigation et à droite, celui du commerce de l’industrie.
Le Palais de la Bourse fait la longueur d’un bassin de natation
Vrai. Il a une largeur de 47 mètres sur la canebière. Sa hauteur dépasse les 25 mètres. Pour lui donner encore plus de grandeur, l’architecte l’a surélevé. "C’est un monument. Le bâtiment est destiné à recevoir le tribunal de commerce, la chambre et les syndicats des courtiers et agences de change, alors l’architecture doit être monumentale", soutient Patrick Boulanger.
C’est la seule Chambre de commerce sans horloge
Faux. À l’intérieur, une grande horloge, réalisée par l’horloger de la cour impériale de Paris, Henry Lepaute, décore le hall. Elle donne l’heure locale et indique également, grâce à plusieurs cadrans, celles de différentes villes européennes et fonctionne toujours aujourd’hui.
Le bâtiment a été détruit lors de la Libération de Marseille en août 1944.
Faux. En 1944, le Palais de la Bourse est bombardé par les troupes allemandes, qui le soupçonnent d’abriter des résistants. Un incendie se déclare au quatrième étage, aggravé par l’explosion d’une canalisation. Si l’édifice tient debout, les dégâts sont considérables. Fresques de Emmanuel Coulange-Lautrec, peintures de Dominique Antoine Magaud… une partie des décors et ornements intérieurs disparaît. Faute de moyens après la guerre, certains plafonds sont recouverts d’enduit. Quelques tapisseries d’époque subsistent encore aujourd’hui, témoins discrets de ce passé abîmé. "Le bâtiment n’a pas été détruit mais il reste le seul bâtiment public canonné par les Allemands", conclut Patrick Boulanger.