Le jeune Audois Fabien Bouricha a avoué être l'auteur du jet de pétard Tels sont les derniers mots qu'ont pu échanger hier matin au téléphone Fabien Bouricha, 21 ans, et son père, Gérard. Le jeune supporter marseillais, qui s'était présenté mardi midi à la gendarmerie de son village, à Coursan (Aude), a reconnu mardi soir dès le début de son audition, être l'auteur du jet de pétard ayant grièvement blessé dimanche Anthony Roko, pompier volontaire âgé de 20 ans.
Maintenu en prolongation de garde à vue dans les locaux du commissariat de police de Nice, où il a été transféré mardi après-midi, il a avoué dans un second temps être le propriétaire du pétard. Un fumigène de marque "Cobra (pétard pouvant être chargé jusqu'à 50 g de poudre) qu'il aurait acheté en Italie. Ayant avoué l'intégralité des faits, il doit être présenté ce matin au parquet en vue d'une mise en examen pour "violence avec arme ayant entraîné une infirmité" et risque une peine maximale de 10 ans de réclusion
Le vice-Procureur de la République de Nice, Mario Agneta, pourrait proposer un jugement en comparution immédiate afin de couper court à une «surmédiatisation de cette affaire» comme le dénonce son avocat, Me Jean-Claude Guidicelli, défenseur par le passé de Roland Courbis...et Pape Diouf. «J'espère que la justice saura reconnaître le sens des responsabilités de Fabien qui n'est pas le bourreau que les médias décrivent» regrette l'avocat toulonnais.
«Mon fils n'est pas un voyou...c'est un mauvais concours de circonstances...Il ne voulait pas blesser» plaide le père qui a d'ailleurs tenté de joindre le malheureux pompier hier en milieu d'après-midi. «Je lui ai laissé un message où je lui dis que nous compatissons avec sa douleur et celle de sa famille. Car, ma pensée va aussi vers ses parents» explique Gérard Bouricha, président de l'Espoir Club Coursanais, club de foot du village.
C'est sous sa férule que Fabien a donné les premiers coups de pied dans le ballon rond. Elu meilleur joueur de l'Aude, « il avait même eu l'honneur de jouer en ouverture de France-Angleterre à Montpellier » raconte son père. Fabien avait 12 ans...et un « bel avenir » devant lui.
Il a été alors recruté par les - de 13 ans du FUN (football union narbonnais). Eric Marty, son ancien entraîneur se souvient : « Fabien était un bon meneur de jeu. Très vivant comme joueur. Je n'ai jamais eu le moindre problème avec lui. Sur le terrain, on ne peut pas dire que c'était un enfant agressif. Il était là pour jouer, pas pour mettre des coups. D'ailleurs, je ne sais même pas s'il a pris un carton jaune dans la saison...».
De la MJC Coursan où il était revenu, à Ornaisons, où il évoluait encore la saison passée, tous ses anciens co-équipiers sont unanimes : Fabien est « un gentil...sûrement pas un violent ».
Ce serait par l'intermédiaire d'un ancien partenaire Coursanais, lui aussi inconditionnel de l'OM, qu'il aurait intégré il y a trois ans environ le club des Yankees de Narbonne puis celui de Marseille...« un club plus actif » selon son père.Depuis deux ans, le jeune Coursanais avait rejoint le club des "Fanatics". Il avait expliqué à un de ses copains que « chez les Yankees, ça ne bougeait pas assez ». Fabien faisait partie des plus actifs du "kop des fanatics", l'un des huit clubs de supporters de l'OM.
« Il faisait quasiment tous les déplacements à l'étranger ! Puis, il était très impliqué au sein du club. Il préparait les "tifos", les drapeaux...c'était un "fou" de l'OM ». Un "tifoso" mais « pas un hooligan » plaide déjà maître Guidicelli, en invitant les pouvoirs publics à s'interroger ces armes en vente libre sur Internet.
« Des fumigènes de ce calibre là, il s'en lance tous les week-end et dans tous les stades d'Europe »...
le midi-libre