Information
Joueurs défaillants, entraîneurs jetables, manque de leaders, crise d'identité, recrutement manqué : le Real Madrid en pleine crise
Le remplacement de Xabi Alonso par Alvaro Arbeloa ne semble pas en mesure de résoudre les problèmes ancrés du Real Madrid. Plus que la responsabilité de l'entraîneur, ils découlent, depuis un moment, d'une mauvaise planification sportive, d'un déficit collectif et d'une attitude bien trop suffisante des joueurs.
Alvaro Arbeloa a remplacé Xabi Alonso sur le banc du Real Madrid. Mais la piteuse élimination par Albacete (D2, 2-3), mercredi, en huitièmes de finale de la Coupe du Roi, a confirmé qu'un changement d'entraîneur pourrait ne pas suffire face aux maux profonds et anciens dont souffre l'équipe madrilène.
Une somme d'individualités dont l'expression collective frôle le néant, qui propose un jeu anarchique, sans maîtrise ni idées, et assoit ses succès, depuis longtemps, quasiment exclusivement sur des exploits personnels. Des joueurs qui se reposent sur leur statut et pensent qu'il les sauvera de toutes les situations et les exempte de l'implication et des efforts basiques nécessaires.
Ce constat d'un collectif et d'une mentalité défaillants ne date pas d'hier et a été, en partie, masqué par les titres glanés en 2024 (Liga, Ligue des champions). Mais la planification et la politique sportive hasardeuses des dirigeants madrilènes l'ont accentué et précipité la crise traversée par le Real depuis deux saisons.
Un Real sans tête pensante
Lors de la dernière décennie, la Maison Blanche avait bâti sa gloire, en grande partie, grâce à son brillant et complémentaire trio du milieu, Casemiro-Kroos-Modric. En s'évertuant à empiler des jeunes joueurs au profil et poste souvent similaires, à défaut de recruter des successeurs aux boussoles qu'étaient Toni Kroos et Luka Modric, le Real se retrouve sans tête pensante, à la technique et au QI football supérieurs, pour structurer et orchestrer le jeu. Et avec une équipe mal construite et déséquilibrée. Avoir préféré, cet été, enrôler Franco Mastantuono (ex-River Plate), un ailier certes jeune (18 ans) mais cher (jusqu'à 63 M€ bonus inclus), plutôt que Martín Zubimendi, un milieu défensif passé de la Real Sociedad à Arsenal contre 60 M€, en est une illustration.
Les entraîneurs en place, rarement considérés sur le recrutement et contraints de faire avec ce qu'on leur donne, pâtissent aussi d'un climat d'incertitude et de suspicion permanent. Sur la sellette à la moindre contre-performance, ils n'ont ni la confiance ni la sérénité nécessaires et se retrouvent vite affaiblis, voire illégitimes auprès de leur groupe. Dans les moments critiques, les reproches diffusés par les dirigeants et leur absence de soutien tendent aussi à les fragiliser. Autant que l'absence de sanction interne quand un joueur remet en cause leurs choix et leur autorité.
Des leaders pour la plupart pas au niveau
Cette gestion discutable, marquée par une incapacité chronique à laisser mûrir un projet et guidée par l'impatience, semble favoriser un sentiment de toute-puissance et d'impunité chez les joueurs madrilènes, pourtant loin d'être irréprochables. Hormis Kylian Mbappé, Thibaut Courtois et Aurélien Tchouaméni, les cadres (Valverde, Bellingham, Vinicius...) ne sont plus au niveau depuis l'an dernier. Et les recrues (Huijsen, Mastantuono, Alexander-Arnold...), pour le moment, très loin du minimum requis.
Dans ce marasme ambiant, le manque criant de leaders - expérimentés, à l'aura et l'autorité naturelles, et à la culture club très ancrée - s'avère extrêmement préjudiciable. Des Sergio Ramos, Casemiro, Nacho, Modric, Kroos, Karim Benzema, capables de fédérer un vestiaire et surtout de recadrer leurs coéquipiers au moindre écart lorsque leur implication ou leur attitude collective font défaut.