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"Si l'on voit l'OM des bons soirs, il n'y a pas de souci à se faire…"
Dernier adversaire du Club Bruges KV, contre lequel il a marqué samedi dernier en championnat belge, l’ex-Olympien Marley Aké (2018-21) lève le voile sur les forces et faiblesses du prochain rival de l’OM.
Pour ceux qui ont la mémoire courte, il était, à quelques buts près, le Robinio Vaz d’André Villas-Boas, son minot préféré, celui qu’il lançait en fin de partie (26 fois entre 2019 et son départ à Turin en 2021) pour renverser la table et/ou réveiller ses troupes. Marley Aké, 25 printemps au compteur, n’est plus un bleu. Aujourd’hui prêté (avec option d’achat) à Zulte Waregem, après de courtes piges à Dijon, Udine et Yverdon, l’ex-Juventino (6 apparitions chez les pros) s’éclate en Jupiler Pro League.
Titulaire indiscutable sous les ordres de Sven Vandenbroeck (17 matches, 6 buts), le Biterrois a encore trouvé le chemin des filets samedi dernier, grâce à un astucieux lob en bout de course face à… Bruges (défaite 4-3), le prochain adversaire de l’OM, demain, en Ligue des champions. Un rendez-vous qu’il ne manquera sous aucun prétexte, assis sur son canapé, après avoir un temps envisagé se glisser parmi les supporters marseillais au stade Jan Breydel. Pour La Provence, l’ancien Olympien livre les clefs d’un match décisif pour l’avenir européen de Roberto De Zerbi et sa bande.
Vous gardez toujours un œil sur l’OM depuis votre départ en janvier 2021 ?
Bien sûr, je regarde tous les matches ! Je connais tous les joueurs et entraîneurs qui ont défilé. Cette année, il y a une très belle équipe qui aime jouer au foot, aime avoir le ballon, attaque beaucoup et marque énormément de buts. C’est très plaisant à suivre.
Les dernières prestations des Olympiens vous rendent optimiste avant ce match décisif face à Bruges ?
Bruges est une très bonne équipe, qui a su mettre en difficulté le Barça (3-3). Mais l’OM a les armes, en termes de qualité de jeu et d’individualités, pour faire la différence. Je pense qu’un joueur-clé sera Timothy Weah. Il peut faire grand bien, quand on voit un peu sa capacité de projection, comment il arrive à apporter le surnombre sans être marqué. Il va pouvoir appuyer sur les points faibles de Bruges, qui a dû mal à museler ce type de joueurs de couloir une fois qu’ils sont lancés. Pour le reste, 90% des Marseillais sont, sur le papier, supérieurs aux Brugeois. Si l’on voit l’OM des bons soirs, il n’y a pas de souci à se faire…
Comment décrirez-vous Bruges ? Certains disent qu’il ressemble un peu à l’OM, capable de gagner contre n’importe qui et perdre face à tout le monde…
C’est un peu la réflexion que je me suis faite quand on a joué contre eux (rires). Ils adorent avoir le ballon, pour s’appuyer sur leur grande qualité technique. Ils se projettent aussi sans relâche vers l’avant, que ce soient les latéraux qui dédoublent ou les milieux qui plongent dans la surface, notamment pour être à la réception des centres. C’est une équipe audacieuse, qui n’a pas froid aux yeux. Ce sera une belle opposition de styles.
Quelles sont les individualités dont l’OM devra se méfier en priorité ?
Évidemment, leur milieu et capitaine Hans Vanaken. Leurs deux ailiers aussi, Forbes et Diakhon. Stankovic qui se projette beaucoup, et qui nous a mis deux buts ce week-end. C’est vraiment le problème à régler face à cette équipe. Comment prendre, marquer, ces milieux qui arrivent lancés dans la surface. Il faut être très discipliné, ne surtout pas les lâcher, car il y en aura toujours un ou deux à la réception d’un centre, en plus des attaquants. Ils ont des latéraux très offensifs également. Si l’OM arrive à priver Bruges de ballons, il y a de grandes chances que les Marseillais mettent leur adversaire en difficulté.
Sur quels aspects avait insisté votre entraîneur, Sven Vandenbroeck, avant de les affronter ?
Il voulait que l’on soit le plus proche possible, que l’on soit bien en place défensivement, et surtout que l’on aille très vite en transitions offensives, dès la récupération du ballon, quitte à allonger le jeu, pour profiter des grands espaces qu’ils laissent dans leur dos. Ça a bien marché, car on a marqué deux buts comme cela.
L’OM a les profils comme Aubameyang, Paixao et Weah, qui font de bons appels en profondeur, pour appuyer où ça fait mal, à condition de vite jouer les coups, être vertical quitte à avoir par moments du déchet. Je pense, aussi, que ce match va se jouer au milieu de terrain. Ce sont des joueurs de ballons en face ! Vanaken, Stankovic… ils sont plus à l’aise avec le ballon entre les pieds que dans le duel physique. Plus ils arriveront à les priver de ballons, mieux ce sera pour l’OM.
L’OM de Roberto De Zerbi aime attirer ses adversaires dans son camp pour mieux les piquer en profondeur. Est-ce que Bruges est une équipe qui presse ses adversaires ?
Oui, clairement, elle va chercher haut. Ils doivent aussi impérativement s’imposer pour rester en Ligue des champions… Mais est-ce qu’ils vont défendre différemment parce que l’OM se régale de ces situations. En tout cas, leur ADN en championnat, c’est d’aller chasser l’adversaire dans son camp. Pour résumer, l’OM devra faire attention aux déplacements du milieu de terrain brugeois et profiter des espaces laissés dans le dos de la défense belge, notamment en partant depuis les ailes.
La Provence