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Encadrement par la DNCG, surveillance de l'UEFA, économies dans tous les sens : la saison au pain sec d'un OL en pleine cure d'austérité
En déplacement sur la pelouse du Paris FC, nouveau riche de Ligue 1 qui n'a pas besoin de vendre, les Lyonnais ont pris des habitudes de nouveaux pauvres, à tous les niveaux du club, avant un retour à l'équilibre espéré pour 2029.
Celui qui se réveillerait d'un coma de plusieurs années aurait bien du mal à croire en l'idée que le Paris FC, promu la saison passée, est devenu un ogre pour l'OL, du moins sur le plan économique, en attendant mieux. Dans le choc de haut du tableau de ce vendredi (20 h 45, à voir sur Ligue 1+, disponible sur L'Équipe), les Lyonnais affronteront sur la pelouse de Jean-Bouin des joueurs que leur club n'a plus les moyens de se payer, de Patrick Zabi (25 M€) à Pablo Pagis (15 M€) en passant par Diego Copolla (17,5 M€), Luca Koleosho (14 M€) ou Lassine Sinayoko (7,5 M€), dont le niveau de salaire serait hors grille aujourd'hui à Lyon.
Racheté cet été par Michele Kang, sauvé de la faillite mais toujours encadré par la DNCG et surveillé par l'UEFA, l'OL a adopté depuis un an un train de vie d'ascète afin de remettre ses comptes à flot et viser un retour à l'équilibre pour 2029, ainsi que l'a annoncé Michael Gerlinger lundi, à l'occasion d'une conférence de presse de bilan du mercato. Le directeur général allemand a fait de très gros efforts de transparence et aussi un peu d'humour, quand il a souhaité que Paulo Fonseca ne réclame que « 1000 euros » par mois pour prolonger son contrat.
Il rigolait, évidemment, mais cela allait aussi dans le sens de la nouvelle réalité du club, où le salaire XL du coach représente le poids le plus lourd sur une masse salariale en baisse constante. Estimée à 120 M€ par saison à la fin de l'ère John Textor (2023-2025), elle est descendue à 60 M€ en 2026 et elle approche aujourd'hui des 55 M€, ce qui la placerait au 8e rang de la Ligue 1. Au-delà des salaires, le principal poste de dépense, l'OL fait des économies partout et ne néglige plus rien. Beaucoup de VIP et d'habitués, qui considéraient leurs invitations comme dues après tant d'années, ont eu la mauvaise surprise de les voir coupées. Et tout le monde n'est pas Bafétimbi Gomis : l'ex-attaquant du club insiste à l'inverse pour payer lui-même ses places en President Box, où il vient souvent en famille.
Des dirigeants en métro et des recrues qui ne débarquent plus en jet privé
Les supporters ont aussi grincé des dents lorsque les navettes entre le parking relais d'Eurexpo et le stade sont devenues payantes, à 12,50 € par véhicule, puisque le club ne souhaite plus prendre leur coût total en charge. Ils ne sont pas les seuls à subir l'austérité lyonnaise : les dirigeants empruntent désormais régulièrement le métro depuis la gare quand ils montent à Paris pour des réunions, tandis que les recrues ne débarquent plus systématiquement en jet privé. Le Reims-Lyon de Keito Nakamura s'est fait en van, au dernier jour du mercato - une économie de 15 000 euros -, alors que Malick Fofana avait deux avions qui l'attendaient pour partir en Angleterre.
L'OL a ainsi vendu pour 70 M€ cet été pendant que le PFC a acheté pour près de 80, tout en vendant pour moins de 7 M€. Une balance de transferts négative presque unique en France que l'OL n'est pas près d'avoir les moyens de reproduire dans les prochaines années. Le club rhodanien, au budget annuel inférieur au club parisien (100 M€ contre 130 M€), vise un retour à l'équilibre pour 2029 et ne changera pas son train de vie d'ici là, même en cas de qualification en Ligue des champions.
Les efforts sont partout. Il y a par exemple aujourd'hui plus de partenaires sur le maillot, désormais chargé à bloc, tandis que les campagnes marketing et les animations autour des matches ont été internalisées. « Ça a rendu les gens plus créatifs et davantage à la recherche de solutions, tente-t-on de relativiser au club. Ça aboutit parfois à des résultats qui sont meilleurs que si on avait de l'argent. Ça concerne le mercato mais aussi les autres services. »
La cellule sportive, qui attire des joueurs en proposant des salaires autour des 100 000 ou 120 000 euros par mois, ne peut plus s'aligner sur des concurrents comme Rennes ou le PFC, qui peuvent offrir plus du double. Les marchés annexes sont ainsi explorés (Autriche, Portugal...) pour créer de la valeur et générer des plus-values, car l'OL n'a maintenant plus le choix, ni le droit à l'erreur car la DNCG comme l'UEFA ne lui font pas de cadeaux. Le club n'en fait plus non plus, d'ailleurs : il n'y a pas eu le Noël des salariés, en décembre dernier.