Information
"JE SUIS TOXIQUE": LA FOLLE CONFÉRENCE DE PRESSE DE DEUX HEURES DE MARCELO BIELSA, TRÈS CRITIQUÉ EN URUGUAY
S'il a qualifié l'Uruguay pour la prochaine Coupe du monde, Marcelo Bielsa doit affronter un flot de critiques, encore plus après la déroute subie face aux États-Unis (5-1). Tout en reconnaissant des "erreurs", il s'est calmement défendu au cours d'une conférence de presse de près de deux heures fidèle au personnage.
Une heure et 45 minutes de conférence de presse. Il faut croire que Marcelo Bielsa avait des choses à dire après la claque subie par l’Uruguay en amical face aux États-Unis (5-1), dans la nuit de mardi à mercredi, en Floride. Une déroute qualifiée de "honteuse" par les médias nationaux et qui fait tâche pour un sélectionneur très contesté depuis plusieurs mois, et ce malgré la qualification obtenue pour la Coupe du monde 2026. Remis en cause pour ses méthodes, et fragilisé il y a un an par les dures critiques à son encontre de Luis Suarez, Bielsa est tellement sous pression que certains s’attendaient à ce qu’il claque la porte cette semaine.
Mais s’il a reconnu quelques "erreurs" devant les médias, l’emblématique technicien argentin (70 ans) a réaffirmé son envie de rester à son poste. "J’ai la même force qu’au premier jour. Oui, à un moment donné, j’ai envisagé d’arrêter, mais ce n’est plus le cas. Perdre 5-1 est un résultat qu'on ne peut ignorer. On a honte de tels résultats. Il faut analyser la situation et se poser les questions qui permettent d'expliquer une telle contre-performance. J’ai toujours assumé mes responsabilités", a-t-il déclaré au cours de cette longue prise de parole, dans des propos rapportés par le site Infobae.
PUBLICITÉ
"J'ai reçu de nombreuses plaintes relatives à mon comportement. Mais je ne sais pas s'il est judicieux d'aborder ce sujet après une défaite 5-1. En étant constamment dans l'autocritique, je cherche des solutions pour répondre à ces critiques tout en restant fidèle à moi-même. Tout au long de ma carrière, j'ai toujours été apprécié des joueurs. Mais c'est durant cette période que j'ai subi le plus de mauvais traitements, dans certains cas précis comme celui de Luis Suárez, et dans d'autres cas potentiels", a développé "El Loco", tout en précisant ne pas ressentir de "désir de vengeance".
"J'ai du mal à paraître détendu et amical"
"Si les joueurs veulent que je parte, c’est très simple. Ils me disent : ‘Écoutez, on veut que vous partiez.’ Mais je ne peux pas me laisser guider par des rumeurs", a-t-il ajouté, alors qu’il lui est reproché, entre autres, des charges de travail trop importantes aux entraînements, des relations extrêmement froides avec certains de ses joueurs ou encore la gestion du cas Lucas Torreira, tenu éloigné de la sélection malgré un statut de cadre à Galatasaray. Nommé en mai 2023 sur le banc de la Celeste, l’ancien coach de l’OM et de Leeds, déjà responsable par le passé de deux équipes nationales (l'Argentine et le Chili), affiche un total de 16 victoires en 31 matchs, pour 8 nuls et 7 défaites.
Un bilan terni par l’élimination face à la Colombie en demi-finales de la dernière Copa America, alors que l’Uruguay avait réussi à sortir le Brésil au tour précédent. Plus surprenant, Bielsa a profité de cette tirade en conférence de presse pour se confier sur son caractère. Et assumer certains traits de sa personnalité : "Je ne vais utiliser qu’un seul mot : je suis toxique. Ma présence aggrave la situation pour l’autre personne. Oui, je suis toxique. Je vois ça comme le karma… Savez-vous sur quoi repose ce comportement ? La peur. On n'aime pas gagner, on craint la défaite, bien plus que la victoire."
"Je suis quelqu'un de timide, d'obsessionnel et de méthodique", a-t-il insisté. "Moi je n'aime pas le désordre, je me sens mal à l'aise dans ce genre d'environnement. Ce sont mes faiblesses. J'ai du mal à paraître détendu, spontané et amical. Ce n'est pas dans ma nature. Malgré cela, j'ai toujours été bien perçu par les personnes avec qui je vivais, car il était évident que je possède d'autres qualités. Mais de toute évidence, sur le plan humain, je n'ai pas encore obtenu l'acceptation de ce groupe."