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Balerdi, Medina, Rulli... la parole mais plus les actes
La Provence
Contre Wahi et les Niçois, les Argentins ont encore déployé beaucoup d’énergie pour faire dégoupiller leur adversaire… en vain. Une attitude parfois déplacée qui interroge alors que leur niveau inquiète.
Pas de quartier. Pas même avec un ancien équipier. Tout était bon, dimanche dernier, pour enquiquiner Elye Wahi. Les Marseillais s’y sont même mis à trois pour le faire dégoupiller. Balerdi, Medina, Rulli, par ordre alphabétique ou d’invectives, trois Argentins, récidivistes, à la langue bien pendue. Sommet de leur tentative de déstabilisation, cette séquence durant laquelle le Niçois a osé se désaltérer avec une bouteille qui n’était pas la sienne. "Leo" Balerdi, son ex-capitaine en Provence, s’est alors précipité pour lui arracher des mains, avant de le gronder avec le soutien de "Fac" et "Gero".
"Savoir brancher, une qualité qui n’est pas à la portée de tous"
Quelques instants plus tard, le karma frappait. L’éphémère buteur de l’OM se payait la tête des Latinos en transformant son penalty d’une insolente panenka. Toute cette énergie employée en vain, contre un jeune homme pourtant réputé pour sa sensibilité. Un geste qui éclaire les limites de telles attitudes, les rendant insupportables pour certains fidèles, quand les défenseurs aboient (beaucoup) mais ne mordent pas.
"Savoir brancher est une qualité qui n’est pas à la portée de tous. Tu peux facilement perdre la tête. Le grand défenseur est celui qui va chauffer, taquiner, tout en restant froid, calme et discret. Si tu te laisses emporter, tu es mort, insiste l’ancien Olympien (2006-09), Renato Civelli, réputé pour ne pas être tendre avec ses vis-à-vis. En principe "Leo" et Facundo devraient s’en sortir… mais quand tu joues toujours à la limite, si tu n’as pas le bon équilibre, parfois tu tombes du mauvais côté."
La scène du dimanche soir n’a pas seulement navré les supporters de l’OM. Leurs nombreux détracteurs ont pu s’en frotter les mains, comme le Strasbourgeois Emanuel Emegha qui a publiquement remercié Wahi d’avoir maté Balerdi, l’un de ses meilleurs ennemis. El Flaco a tendance à se brûler avec le feu qui l’anime les soirs de match. Son comportement s’est déjà retourné contre lui, à en juger sa vilaine réputation en Ligue 1, où plus d’un attaquant apparaît surmotivé par l’idée de lui clouer le bec. Au PSG, par exemple, c’est tout une équipe qui l’a pris en grippe. "Balerdi il est nul. Tu le sais. Il ouvre tout le temps sa bouche", avait notamment lancé Ousmane Dembélé à Hojbjerg, en plein Clasico.
"Quand tu recrutes un Sud-américain, tu le prends en entier. En France, vous aimez la grinta, mais dès qu’il y a un geste un peu déplacé vous êtes outrés, sourit le directeur sportif de Defensa y Justicia (D1 argentine). Je ne dis pas que l’on a raison, mais en Argentine on vit le foot d’une manière totalement différente du reste du monde. Pour nous, s’insulter, se donner des coups, ce n’est pas mal agir, ni un débordement. Cela fait partie du sport."
Et Civelli d’ajouter sur les origines de cette tradition au pays de Maradona : "Dès le plus jeune âge, on nous apprend qu’il faut tout faire pour gagner. À cause de ça, j’ai fait des conneries. Imaginez-vous, au centre de formation, on joue avec un seul arbitre, sans assistants le long des lignes de touche. Dès qu’il a le dos tourné, on s’envoie des coups de poing avec l’attaquant. C’est tout un art de ne pas se faire prendre."
"Aujourd’hui, tu ne peux plus déstabiliser un adversaire"
S’ils ne se font pas rattraper par la patrouille, ou très rarement, les Argentins de l’OM n’arrivent pas vraiment à leurs fins. In fine, ce sont souvent eux qui se déconnectent et commettent des étourderies, plus nombreuses à eux trois réunis que les victoires glanées par l’OM en 2026. Quand les actes ne suivent plus la parole, le bât blesse. Et si le fiasco Wahi était un avertissement pour se recentrer sur l’essentiel ? Garder sa cage inviolée, redresser la barre pour l’OM et rejoindre l’Albiceleste au Mondial.
D’autant plus que l’intimidation serait, le foot moderne, en voie de disparition. "Aujourd’hui, tu ne peux plus déstabiliser un adversaire. J’ai vu les changements au fil de ma carrière, note le natif de Pehuajo. Avec la VAR, c’est quasiment impossible à réaliser. Elle nous a enlevé ces petites fenêtres pour mettre un coup discret dans les côtes, envoyer des crachats ou des insultes qui piquent." De là à dire que Balerdi, Medina et Rulli ont perdu leur temps…