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Kondogbia, seconde jeunesse
La Provence
Trop souvent trahi par son corps cette saison, l’international centrafricain n’a jamais pu enchaîner les matches. Chose qui commence à changer depuis que Beye a repris l’équipe en main.
L’annonce a fait son petit effet dans les coursives du Stadium. Sa présence, du bon côté de la feuille de match, a arraché un sourire à certains, provoqué l’étonnement chez d’autres. Oui, Geoffrey Kondogbia sera bien là, au coup d’envoi, pour la troisième fois en une semaine. Chose banale pour ses collègues footballeurs, moins pour le natif de Nemours, tant de fois trahi par son corps.
L’ex-Colchonero s’était forgé une triste réputation. Celle d’un joueur éphémère, capable de serrer les dents 90 minutes, de rendre de très fiers services (à Madrid et au Koweït), avant d’en payer le prix, de longues semaines à l’infirmerie… "Le problème, c’est le risque de blessure musculaire. Il faut bien le gérer, planifier, cocher les matches qu’il peut disputer. S’il pouvait jouer tout le temps, ce serait un joueur de classe mondiale. Malheureusement, ce n’est pas possible", regrettait en début d’année Roberto De Zerbi, aux premières loges pour assister à la descente aux enfers de "Kondo".
Une gestion trop prudente ?
En Provence, bien que son passage s’avère contrasté, Geoffrey Kondogbia n’a pas toujours été maudit par la fragilité. Lors de ses deux premiers chapitres olympiens, il était, par exemple, solidement installé parmi les éléments les plus sollicités. Tout a basculé au crépuscule de l’été 2025. Contractée à l’entraînement entre le déplacement au Real et le Clasico, une blessure au mollet allait lui pourrir la vie. Ce qui aurait dû l’éloigner des terrains quelques semaines l’a mis sur la touche deux bons mois. Comme Hamed Traoré, "Kondo" a succombé à l’épidémie de rechutes qui sévissait cet automne au centre RLD, coûtant la tête de plusieurs membres du staff médical, jugés coupables.
La suite n’était guère plus réjouissante. À l’exception de soirées de gala (Liverpool, Bruges et Trophée des champions), depuis la nouvelle année, "Kondo" ne sortait plus du banc. Avant cette fameuse semaine à trois titularisations, son bilan était alarmant. 641 minutes disputées, soit moins que "CJ" Egan-Riley, à peine plus que Jeffrey De Lange, doublure dans les buts. De Lyon à Toulouse, en passant par la coupe, "Kondo" a signé en sept jours 20% de ses apparitions cette saison, disputé presque un tiers de son temps de jeu total.
"Je me sens plutôt bien, prêt à aider l’équipe. Cela faisait un moment que je n’avais pas joué, ça fait du bien de retrouver des sensations", glissait-il à ce propos, avant la réception des Violets. Prudent, peut-être un peu trop, Roberto De Zerbi préférait l’utiliser avec parcimonie. Une stratégie contre-productive ? Le colosse marseillais, qui mène une vie d’ascète, a besoin d’enchaîner, quitte à braver certaines douleurs, pour trouver son rythme de croisière, habituer son corps à la répétition des efforts. La gestion du technicien italien a pu frustrer l’intéressé. D’autant plus que sa condition physique ne s’est pas subitement améliorée, en quelques jours, pour un résultat diamétralement opposé entre De Zerbi et Beye.
Sous les ordres de l’ex-capitaine olympien, Kondogbia n’a jamais été aussi fringant (sur la durée) cette saison. Le milieu défensif incarne à merveille les deux piliers de la religion Beye : intensité et verticalité. Pendant l’Olympico, deux fois contre le Téfécé, il a ratissé large, harcelé l’adversaire, marqué son territoire. Il s’est aussi offert quelques gourmandises, en claquant par vingtaine des renversements et ouvertures, souvent millimétrés. Un précieux atout, bridé par le style De Zerbi. Ces trois soirs, "Kondo" s’est à chaque fois hissé parmi les meilleurs Olympiens. Un retour au premier plan, même si certains regrettent de ne pas l’avoir vu s’avancer durant la funeste séance des tirs au but.
Une prolongation pas à l’ordre du jour
En bientôt trois ans et cinq entraîneurs à l’OM, hors intérimaires, Kondogbia (33 ans) en a vu d’autres. Deuxième joueur le plus ancien de l’effectif, derrière Leo Balerdi, il sait relativiser, "se concentrer sur l’essentiel", ce qu’il maîtrise. Et cela commence par ces neuf dernières journées, dont il doit être l’un des acteurs principaux. Plus tard, cet été, viendra sans doute la question de son avenir. En fin de contrat le 30 juin 2027, il n’a pas encore été approché par la direction mouvante du club, pour une prolongation ou un prochain départ.