Tess Laplacette : « Je savais que ce n’était qu’un au revoir »
Après quatre saisons loin de Marseille, la défenseure (26 ans) a fait son retour à l'OM en 2024. Transformée, elle porte aujourd'hui le brassard de capitaine de son club formateur et d'une ville qu'elle a dans la peau.À quel moment avez-vous débuté le football ?J’ai commencé le foot à l’école primaire, vers mes 7 ans. Ceux avec qui je jouais avaient une licence dans un club, l’ASPTT Hyères, et mes parents ont fini par m’y inscrire. Je ne suis pas issue d’une famille de footeux mais tout le monde fait du sport : mon frère pratique le trail et mes parents ont toujours couru. Ils voulaient simplement que je fasse une activité physique et n’ont eu aucun problème à me voir choisir le football.
Vous avez rejoint l’Olympique de Marseille en 2014. À quoi ressemblait la section féminine, recréée trois ans plus tôt ?Je suis arrivée l’année de la première saison de l’histoire du club en deuxième division (aujourd’hui Seconde Ligue). Toutes les filles bossaient à côté, il n’y avait quasiment pas de contrats fédéraux, on s’entraînait tard le soir… On sentait que c’était vraiment le début. Mais pour moi, il n’y avait pas de réel changement hormis le fait de basculer totalement dans le football féminin.
À l’époque, vous avez 15 ans et évoluez avec des joueuses qui pouvaient avoir le double de votre âge. Comment s’est passée l’adaptation ?Quand je suis arrivée, j’ai fait la préparation avec l’équipe. Cela s’est très bien passé et le coach (Christophe Parra) a décidé de me garder dans le groupe pour le début de saison. Finalement, j’ai disputé presque tous les matches (19 sur 22 en championnat, 18 titularisations). Avec Cindy Caputo, nous étions les bébés de l’équipe et les filles étaient très gentilles avec nous.
Vous décrouvez en même temps les sélections tricolores de jeunes.Je garde de très bons souvenirs. J’ai rencontré des personnes, joueuses et staffs, exceptionnels. Et puis Clairefontaine est vraiment un monde à part, un lieu unique en France.
En 2016, vous vivez votre première montée dans l’élite. Quels souvenirs gardez-vous ?C’est certainement la plus belle des deux montées (la deuxième en 2025). On a réussi à monter avec des filles qui, à la base, n’avaient pas forcément cet objectif-là dans leur carrière. On venait de terminer deuxièmes deux saisons de suite et ça a vraiment été un moment magique d’être championnes et d’enchaîner avec une quatrième place en Arkema Première Ligue.
En 2020, vous quittez l’OM avant d’y revenir quatre ans plus tard. Pourquoi ?Je ne me sentais plus progresser et le club allait moins bien. Je me suis dit que c’était le moment de partir. Je savais que ce n’était qu’un au revoir et que j’allais revenir, mais pour évoluer individuellement, je me devais d’aller voir ailleurs (au Paris FC entre 2020 et 2023, puis une saison au LOSC Lille). Mon retour en 2024 s’est fait naturellement. Les dirigeants m’ont accueillie à bras ouverts. Quand je suis partie, je savais que c’était bien pour moi d’être ailleurs pour progresser mais j’ai toujours ressenti un manque. Marseille, c’est ma ville, mon club et l’endroit où je me sens le mieux. Pour être le mieux possible dans ma vie et sur le terrain, il fallait que je revienne. Les personnes qui m’ont connue à l’OM avant et qui m’ont revue à mon retour m’ont trouvée transformée.
J’étais un peu impulsive et je ne réfléchissais pas trop aux conséquences que pouvaient avoir certains de mes actes. Je suis revenue (à l'OM) beaucoup plus sereine et en étant capable de montrer l’exemple.
Tess Laplacette, capitaine de l'Olympique de MarseilleC’est-à-dire ?J’avais énormément pris en maturité. Mon caractère avait aussi changé. J’étais un peu impulsive et je ne réfléchissais pas trop aux conséquences que pouvaient avoir certains de mes actes. Je suis revenue beaucoup plus sereine et en étant capable de montrer l’exemple. Avant, je n’étais pas trop dans cette case (sourire).
C’est pour cela que vous êtes aujourd’hui capitaine ?Je ne m’y attendais pas forcément au bout de ma deuxième année. Je porte ce brassard avec un réel plaisir et une vraie fierté. J’essaye de faire de mon mieux pour bien représenter le club et montrer l’exemple.
Corinne Diacre est arrivée sur le banc de l’OM le 6 octobre dernier. Qu’a-t-elle apporté au groupe ?À son arrivée, toutes les cartes ont été rebattues et une nouvelle dynamique a été enclenchée. Elle nous a apporté un regard neuf sur les joueuses, la tactique… Tout le groupe s’est acclimaté à sa façon de travailler et au style de jeu proposé. Cela s’est ressenti sur nos résultats et aujourd’hui, on est proches (9es avec 6 points d'avance sur le premier relégable) de l’objectif fixé du maintien. On a tendance à dire qu’on a fait le plus difficile, mais je ne suis pas forcément d’accord. Les derniers points à prendre sont les plus compliqués. On doit mettre un dernier coup de collier pour aller les chercher le plus vite possible.
En prendre ce week-end face à l’OL Lyonnes, c’est un objectif ?C’est la quatrième fois qu’on va les jouer cette saison (*), on commence à les connaître par cœur (rire). Aujourd’hui, on ne peut pas comparer les deux clubs et il faut être réaliste, même si sur un match, tout est possible. On va donner le maximum et quoi qu’il arrive, cette rencontre va nous servir pour les prochaines journées.
(*) Les deux clubs se sont aussi affrontés en Coupe de France Féminine et Coupe LFFP, avec à chaque fois une victoire des Lyonnaises.FFFhttps://www.fff.fr/article/16298-tess-l ... voir-.html