EL 1/2 | OM-RB Salzbourg : patron, une autre canette !

A l’heure où l’ensemble des joueurs de Ligue 1 se demande comment meubler ses soirées de milieu de semaine, les Olympiens, suivant l’adage cher à Connor McLeod selon lequel « il ne peut en rester qu’un ! » s’apprêtent à recevoir une équipe du RB Salzbourg qu’ils ont déjà croisée avec peu de bonheur durant la phase de poules… 


Faire ses gammes !

Alors, avant de tirer quelque plan sur la comète que ce soit, réjouissons-nous un instant d’avoir l’occasion de vibrer pour cet OM qui nous aura procuré d’immenses émotions cette saison.

D’aucuns ont sans doute serré un poing aussi rageur que satisfait lors du tirage au sort des demi-finales d’Europa League, en sachant que c’était, a priori, le moins expérimenté de nos trois adversaires potentiels qui nous était échu. Mais ceux-là, tout à leur bonheur, avaient peut-être oublié que cet adversaire ne nous était pas inconnu, puisque nous l’avions déjà affronté lors de la phase de poule, et qu’alors, les résultats face à cette formation avaient été assez maussades. En témoignent une défaite 1-0 en terre autrichienne et un triste 0-0 devant un morne Vélodrome garni d’à peine 23 000 âmes phocéennes.

Malgré tout, y compris un ennui quasiment indéboulonnable de ses prestations, l’OM avait réussi à se qualifier en voyant néanmoins le club de la ville de naissance de Wolfgang Amadeus Mozart terminer à la première place du groupe. Depuis, que ce soit au niveau domestique ou sur la scène européenne, les Salzbourgeois ont récité une partition presque parfaite, dominant leur (court) championnat de la tête et des épaules, et s’offrant quelques scalps prestigieux dans les matchs à élimination directe. La Real Sociedad, Dortmund et plus récemment la Lazio de Rome ont ainsi fait les frais de la détermination de cette équipe à ne pas être uniquement considérée comme l’antichambre du RB Leipzig et d’un championnat relevé, en l’occurrence la Bundesliga ! Une détermination telle qu’aujourd’hui le grand frère reste à la maison les jeudis soirs et peine à mettre un pied devant l’autre le week-end.

Le RB Salzbourg a donc tout de l’adversaire qui aurait fait frissonner l’OM il y a quelques mois de ça. Seulement voilà, les ciels et blancs ont, entre-temps, trouvé la clé de sol de leur jeu, et du même coup, se sont mis au diapason de ce genre de confrontation. Portés par un Vélodrome magnifique, ils ont déjà fait mordre la poussière à un taureau et désormais bombent le torse face aux dangers !


Donner un récital !

Puisque sur les bords du Salzbach on semble apprécier la grande musique, il serait dommage que Marseille manquât à sa réputation de cité accueillante en oubliant d’offrir une représentation inoubliable à ses visiteurs d’un soir. Gageons cependant que ces derniers risquent d’être quelque peu surpris par la conception phocéenne de l’hospitalité et des représentations lyriques. En effet le Red Bull Salzbourg ne joue que rarement devant une assistance supérieure à 20 000 personnes et il y a fort à parier que la Scala du boulevard Michelet, chauffée à blanc par plus de 65 000 supporteurs transis, fera son petit effet sur les joueurs autrichiens. Nul doute que les cousins Lipsiens aient déjà avertis les jeunots que cela n’allait pas être une partie de plaisir, mais peuvent-ils vraiment concevoir ce qui les attend ?

Sur le rectangle vert aussi la surprise risque d’être de taille, puisque l’OM morose qui était vaguement venu croiser le fer n’est plus ! Il est devenu, si ce n’est une machine à gagner, au moins une équipe redoutable par son esprit de corps, par sa détermination, et aussi par son jeu. En effet, nanti d’un plan de jeu encore balbutiant et de cadres soit en deçà de leur vrai niveau, soit purement et simplement laissés au repos (Payet, Thauvin, Mitroglou, n’avaient pas foulé la pelouse lors du précédent OM-Salzbourg et Germain avait remplacé un Njie habituel, c’est à dire assez fantomatique), notre club chéri avait accroché un nul. Un résultat beaucoup plus dommageable pour les esthètes que pour les comptables. Ils n’avaient toutefois pas été mis en danger par un onze salzbourgeois remanié par Marco Rose dans la mesure où la première place du groupe était assurée.

Comment, dès lors, se baser sur un match sans réel enjeu pour présumer d’une opposition qui en comporte un ? Un enjeu non négligeable qui plus est puisque, rappelons-le pour ceux qui auraient passé les quinze derniers jours loin de tout accès à l’information, au terme de cette confrontation aller-retour, l’un des deux protagonistes validera son billet pour une finale de coupe d’Europe ! La réponse est simple : c’est impossible ! L’instant sera solennel pour chacune des deux formations, qui auront tout loisir de réellement montrer ce qu’elles sont vraiment !

Certes, l’adversaire s’appuiera à nouveau sur l’insouciance de la jeunesse (car oui, le Red Bull Salzbourg est la classe biberon de la classe biberon Lipsienne) et un jeu tout en vitesse fait de contres, de renversements et d’explosivité. Mais l’OM a montré, sur une partition artistiquement composée par le chef d’orchestre Garcia, qu’il savait aussi jouer dans ce style et même très bien car, ne l’oublions pas trois des cinq buts marqués face à Leipzig l’ont été via des contres ou des récupérations hautes.


Messieurs les musiciens, pas de fausses notes s’il vous plait !

Sur le papier, l’OM enthousiasmant et déterminé entrevu ces dernières semaines ne semble pas devoir souffrir d’un quelconque complexe face à une formation autrichienne certes talentueuse, mais au vécu bien maigre en compétition continentale. Celà étant dit, notre effectif n’est pas non plus composé que de vieux briscards ayant déjà tout vu ou presque. En revanche il semble se poser comme un bel équilibre entre l’expérience et la jeunesse symbolisée, il y a deux semaines, par Boubacar Kamara et Maxime Lopez. Et cette jeunesse avait su se mettre en avant et paraître bien plus mature que son âge. Le risque ne semble donc pas se trouver là, mais plutôt dans la gestion de la pression inhérente à ce genre de rendez-vous. La préparation mentale sera donc déterminante pour cette échéance que les supporteurs attendent comme les enfants attendent noël.

Au delà de l’aspect psychologique, il faut également considérer les possibilités en matière de composition et de tactique qui s’offrent à l’entraîneur olympien. Au rang des blessés, inutile de préciser que ni Steve Mandanda ni Hiroki Sakai ne seront de la fête. Le premier espère reprendre la compétition avant la mi-mai et une éventuelle finale en terre lyonnaise. Quant au second, la durée de son indisponibilité étant évaluée à trois semaines (sauf s’il « nique la science » lui aussi…) il devrait revenir sur les terrains à peu près en même temps que le premier cité. Boubacar Kamara semble lui aussi un peu juste pour participer au match aller, alors que Rami, Rolando et Sarr sont aux soins pour leur permettre de jouer jeudi. Pour le reste de l’effectif en revanche, pas de bobos. Tout le monde est disponible (oui, même Gregory Sertic, Henri Bedimo et Clinton Njie) et dans la mesure où le compteur des cartons jaunes est remis à zéro après les quarts de finales, il n’y a pas non plus de suspension à déplorer.

Ainsi, c’est surtout l’organisation et la composition de la défense qui devrait décider du schéma tactique proposé par Rudi Garcia. Gustavo retrouvera t-il une place dans une défense à 3, amenant avec lui sa capacité de relance haut de gamme pour permettre à nouveau au duo Sanson-Lopez de briller dans l’entre-jeu ? Ou bien le coach marseillais préférera-t-il le replacer à son poste de prédilection (en a-t-il seulement un ?) devant la défense afin de privilégier une récupération haute ?  Car devant, même si le choix d’une défense à 2 ou à 3 modifiera forcément le schéma offensif, il y a peu de chance que les têtes changent. Payet est enfin revenu à son vrai niveau et enchaîne les performances de qualité, Thauvin empile les buts et les passes décisives depuis son retour, et Mitroglou prend un malin plaisir à faire taire les critiques de tous bords. Seul Ocampos risque donc d’être impacté par les choix tactique de Rudi Garcia. Mais pour Lucas, qu’importe ! Tant qu’on le laisse entrer sur la pelouse pour aller croquer tout ce qui passe à sa portée, il est heureux.

Ainsi, sans aller jusqu’à dire que tous les feux sont au vert, les motifs d’espoir supplantent sans peine les craintes, d’autant plus que le Vélodrome offrira pas loin de 65 000 âmes supplémentaires pour que les joueurs réalisent un rêve !


Quel Aria ?

En guise d’hommage de Padawan envers son Jedi, le rédacteur de cet article va donc rendre les honneurs à son mentor en ces lieux, le bien nommé Fayçaldinho, en vous proposant quelques scénarios possibles pour cette demi-finale :

  • Victoire de l’OM par 4-0 : les joueurs de Salzbourg, trop occupés à tenter de contenir les flots de sangs qui s’écoulaient de leur oreilles dans un Vélodrome qui fit trembler Marseille de Callelongue jusqu’à l’Estaque, ne furent que des spectateurs désolés d’Olympiens virevoltants. Impuissants, ils virent successivement Thauvin, Payet, Mitroglou et même André Franck Zambo Anguissa planter des buts aussi beaux les uns que les autres et célébrer une victoire historique en demi finale d’une coupe européenne avec retenue. En effet, les effusions seraient réservées au match retour tant un score de cette ampleur ne pouvait constituer une garantie depuis les événements de mars 2017. Du côté de Décines cependant, un certain Jean-Michel A. commença en toute hâte à démonter les sièges d’un formidable outil, et à emballer des ruches dans du papier bulle.
  • Victoire 1-0 : L’OM s’impose au terme d’un match où les deux équipes, cédant à la pression, pratiquèrent un football dont les vertus offensives furent un formidable hommage au football Héraultais. Un but contre son camp improbable d’Andreas Ullmer, reprenant d’une sublime reprise de volée un tir raté de Clinton Njie, offrit la victoire à un stade Vélodrome lancé dans une merveilleuse séance de ronflement collectif qui allait faire le tour des médias européens. Prudent bien que satisfait, le même Jean-Michel A. contactait Cerise de Groupama pour s’assurer des clauses de sa multirisque professionnelle.
  • Défaite 0-2 : Paralysés par l’enjeu et un stade si bouillant qu’eux-mêmes en furent surpris, déconcentrés par une bourde monumentale de Yohann Pelé qui ratait un arrêt du nez (pourtant sa discipline de prédilection), les olympiens perdirent le fil d’un match où les joueurs adverses arboraient fièrement un masque d’Anthony Lopès. Le tuyau fut donné à Marco Rose quelques heures avant la rencontre, par un appel anonyme d’un certain Jean-Michel A. qui assista avec délectation à l’expulsion de trois phocéen, dont Lucas Ocampos qui ne desserra sa mâchoire du mollet du latéral Salzbourgeois qu’une fois que celui-ci fut monté dans l’avion du retour. Sitôt le coup de sifflet final donné, un tweet fit dégoupiller le public marseillais en ces termes : « Disputer 1 1/2 d’EL avec un EBITDA* aussi mauvais était voué à l’échec ! Dommage pour l’OM la saison prochaine vous laisserez la place aux vrais ».

En espérant une belle issue au terme d’un match plus fou encore, allez l’OM !

*EBITDA (en français BAIIDA) ou « earnings before interest, taxes, depreciation, and amortization » : notion comptable aussi ésotérique qu’ennuyeuse que nous ne développerons pas ici.

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A propos de Ragnarok


Juriste de raison, confiseur de métier, ancien habitant du bassin parisien repenti en Marseillais pur sucre qui n'a toujours vibré que pour l'OM. Joueur occasionnel au Z5 (option « pieds carrés et contrôles aléatoires » incluse), et désormais fier rédacteur de Massalia Live !
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Une Réponse pour EL 1/2 | OM-RB Salzbourg : patron, une autre canette !

  1. avatar De Benito De Soto le 26 avril 2018 à 16h18

    Eh bien espérons que les musiciens olympiens seront à la hauteur de la symphonie concoctée par le Vélodrome et que la partition ne sera pas salopée.