J 27 | PSG-OM : le péché d’orgueil

Dimanche soir, les Marseillais, montent à Paris, pour enc… affronter le PSG, une confrontation qui s’annonce gagnée d’avance si l’on se fie aux médias et aux joueurs parisiens. Pourtant l’OM ne se rendra pas au Parc en victime expiatoire, mais plutôt en outsider, un statut qui lui sied à merveille quand il s’agit de renverser des montagnes.


À l’heure où la France du journalisme sportif dort dans une parure de lit qatarie, porte un peignoir à l’effigie de Neymar et se met du déodorant Nivea, l’Olympique de Marseille continue de déjouer tous les pronostics d’avant-saison en enchaînant les bons résultats, au prix de  prestations souvent abouties.

Bien ancrée sur le podium, ayant repoussé les Lyonnais à six points au classement, l’escouade olympienne nourrit des ambitions légitimes et lorgne sur une seconde place qui lui tend les bras.

Et pourtant, de l’avis des consultants de tous bords, emplis de science infuse footballistique, le match de dimanche ne sera qu’une simple formalité pour le PSG. Un match d’entraînement, tout au plus une bonne opposition avant le match retour de C1, face au Real Madrid.

Les spéculations vont bon train, histoire de prédire qui marquera le huitième but parisien, avec quel pied Neymar tirera son penalty, ou encore si Emery parviendra à prononcer le mot anticonstitutionnellement sans ventoline…

L’orgueil reste un mauvais conseiller, l’histoire récente l’a démontré ! Pourtant, tel le fêtard un lendemain de cuite au pastis, jurant ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus et que « l’alcool c’est fini », le joueur parisien ne peut s’empêcher d’être hautain voire méprisant.

Quand on se remémore l’épisode de la remontada du 8 mars 2017, ou le match aller contre Madrid la semaine dernière, on s’aperçoit que le PSG a encore performé dans un domaine où il excelle depuis toujours : la suffisance.

Tels des roquets défiant des lions, ils se sont permis de bafouer deux institutions centenaires et par deux fois se sont fait gifler tels des gamins mal éduqués, se rappelant au passage qu’un match européen, ça se gagne sur le terrain et pas sur Snapchat !


À vaincre sans péril…

Pourtant, sur un plan domestique, tout se passe à merveille. Survolant la Ligue 1 tel un vautour chauve dans le désert, le PSG cherche un adversaire à sa mesure.

Premier avec douze points d’avance sur son dauphin, dix-neuf points sur le quatrième et vingt-neuf points sur le cinquième, le paon parisien fait la roue en se gargarisant d’infliger des roustes mémorables chaque week-end (8-0 contre Dijon, 6-1 face à Rennes).

Dans un championnat à trois vitesses – qui ressemble de plus en plus à la Scottish Premiership – s’enorgueillir de remporter le titre tous les ans ainsi que vingt-sept Coupes de Ligue de rang ne saurait contenter l’appétit d’ogre des Qataris, qui rêvent, eux, de la coupe aux grandes oreilles.

Si l’on devait faire un parallèle avec le monde de l’automobile, disons que le PSG est une formule 1 ayant pour terrain de jeu… une route départementale.

La carrosserie est rutilante, le moteur ronronne, mais faute de pouvoir la pousser dans ses retranchements, la mécanique s’encrasse puis cède le jour du grand prix, quand il s’agit de monter dans les tours…


Un match comme un autre

« On peut tromper une fois mille personnes, mais on ne peut pas… » 

Feindre l’indifférence ne peut suffire à retirer le parfum si particulier qu’exhale ce type de rencontre. La suprématie hexagonale n’est plus en jeu depuis longtemps, mais il n’empêche que les fans parisiens attendent une victoire nette, avec la manière, histoire de chanter les louanges des leurs et de crier à qui veut bien l’entendre que Paris est magique !

Et puis soyons honnêtes, battre l’OM, quoi de plus facile ?

Une équipe où personne ne vaut plus de trente millions d’euros, sans strass (mais avec Payet), composée d’obscurs éléments de seconde zone tels Florian Thauvin, le joueur le plus surcoté du monde (quinze buts, dix passes décisives), Luiz Gustavo, croisement entre Michael Jackson et Prince (meilleur milieu défensif de Ligue 1, cinq buts et une passe décisive), Adil Rami, moins connu que sa femme (mais qui a probablement un taux de testostérone plus élevé que celui de Thiago Silva), Jordan Amavi (qui tient toujours Kylian Mbappé en otage dans sa poche), ou encore Kostas Mitroglou (un peu d’humour ne fait jamais de mal).

Comment ne pas rire face à un adversaire au bilan famélique de cinquante-six points pris en vingt-six matchs, invaincu depuis 2018 et n’ayant cédé que trois fois depuis le début du championnat ? D’ailleurs, lors du match aller au vélodrome, les Parisiens, nous avaient offert dans un élan de générosité, un point pour nous récompenser d’avoir participé.

Leur joie sur l’égalisation de Cavani…

Quelle joie ?


Rendons à César…

… ce qui appartient aussi à Rudi !

Passé du statut d’ennemi public numéro un à celui de coach fantastique en moins de temps qu’il n’en faut à Stéphane Guy pour sortir une écharpe du PSG, l’ancien technicien de la Roma pourrait légitimement s’attribuer la plus grande partie de l’actuelle dynamique olympienne.

Le remaniement du schéma tactique avec le passage en 4-2-3-1, c’est lui ! Le repositionnement de Bouna Sarr, piètre ailier devenu la réincarnation de Cafu (pas le Messin, l’autre) au poste de latéral droit, un miracle enfin reconnu par Lourdes… c’est encore lui !

Il a su donner ce supplément d’âme, cette grinta indissociable de l’identité marseillaise et qui nous rend si fiers de nos couleurs, sans oublier une identité de jeu enfin perceptible, annonciatrice, on l’espère, de lendemains qui chantent.

Toutefois à l’OM, il reste des mystères que même la science n’a pu élucider et qui nous donneraient presque envie d’être une petite souris pour comprendre, vu de l’intérieur du groupe, ce qui s’y passe.

Le rédacteur vous propose donc, l’espace de quelques lignes, de vous mettre dans la peau du coach, histoire d’apporter quelques ajustements qui, soyons-en sûr, seraient extrêmement bénéfiques à l’équipe !

Ah si j’étais Rudi !

  • Je giflerais volontiers Clinton Njie parce que tant au niveau capillaire que footballistique, il fait toujours les mauvais choix.
  • Je proposerais à Sertic de poursuivre sa rééducation dans une clinique plutôt qu’à l’OM, ça coûterait moins cher au club.
  • Je demanderais à Abdenour où se trouve son cousin, celui qui était si fort avec l’AS Monaco.
  • J’expliquerais à Mitroglou le célèbre concept du « plat du pied, sécurité ».
  • Je n’aurais bien entendu jamais recruté Patrice Evra (ni Sertic d’ailleurs).

Chacun a probablement en tête d’autres idées qui feraient du bien au club, mais ce qu’il faut espérer, c’est que le coach placarde sur tous les murs du vestiaire, les mots de Marco Verratti – forfait pour ce match – qui résument à eux seuls l’état d’esprit qui anime les joueurs parisiens :

« Aujourd’hui, on reste tous conscients de l’importance de ce match pour les supporteurs. On en parle aux recrues, on sait que Marseille, s’ils finissent en Europa League, mais en nous ayant battus, ils le vivront comme une saison magnifique. »

« Pour l’OM, le dernier match contre nous a dû être difficile à vivre, car ils étaient à un souffle de la victoire après six ans sans nous battre. Après ce 2-2, j’ai vu beaucoup de tristesse sur le visage de nos adversaires. » @90minutes.com


Dimanche soir, ce ne sont pas seulement trois points qui sont en jeu, c’est aussi l’occasion de rappeler que l’OM est une institution et qu’on ne se moque pas impunément d’un club centenaire et de son histoire.

Les forces sont déséquilibrées ? Peu importe, les millions n’ont jamais acheté le courage ni l’amour du maillot. Paris pense nous battre sans effort ? Eh bien c’est sûrement là notre meilleur atout.

Ils n’ont pas peur, mais nous non plus !

Allez l’OM !


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A propos de fayçaldinho


Manchot- analphabète - susceptible. Le spécialiste de l'aigreur et de la mauvaise foi. Supporter de l'OM de 1986 à 1999 et depuis je subis... mais JHE pourrait bien changer la donne
Article lu 1569 fois, écrit le par fayçaldinho Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

2 Réponses pour J 27 | PSG-OM : le péché d’orgueil

  1. merci, vu les deux matchs, je me demande si j’ai bien fait d’écrire 🙁

  2. avatar De selfmade footix le 25 février 2018 à 15h37

    Ta plume nous a manqué, camarade ! Excellent avant-match.