J 35 | SCO Angers-OM : « virage, attention d’Angers ! »

Trois jours après une demi-finale aller d’Europa League sereinement remportée, c’est le retour du championnat. Si ce sprint final peut évoquer un grand prix de Formule 1, le parcours global ressemble plus à une partie de « Mille Bornes ». Le déplacement à Angers revêt donc une importance capitale, avec l’obligation de l’emporter pour rester dans la course au podium.


À quatre journées du terme du championnat, rarement le suspense aura été aussi intense. Trois équipes sont engagées dans une course folle qui ne se limite pas à une collecte de points. Que ce soit la guerre des nerfs avec Lyon ou une infirmerie chargée, comme souvent, le danger réside autant dans les éléments extérieurs que dans l’adversaire en lui-même.

Une carte citerne et une dépanneuse vite !

Après un passage au stand d’une semaine (entre le match à Troyes et la réception de Lille), les Olympiens vont enchaîner jusqu’au 6 mai (et la réception de Nice) un match tous les trois ou quatre jours. Le coach Rudi Garcia aurait bien besoin d’une botte semblable à la carte «citerne» du célèbre jeu d’Edmond Dujardin*, pour pouvoir garder en pleine forme la totalité de son groupe.

Outre la fatigue physique, le final haletant en championnat et la folle épopée européenne pourraient faire tourner les têtes marseillaises, et ainsi nous mener immanquablement vers un moment de décompression, fatal à cet instant de la saison.

                            

Le danger guette au tournant ? Même pas peur !

Stéphane Moulin entraîneur du SCO d’Angers en est bien évidement conscient et va compter là-dessus pour tenter d’assurer le maintien de son club dans l’élite. En effet, les Angevins, quatorzièmes du championnat à huit longueurs du premier relégable pourraient, avec un résultat positif face à L’OM (alors qu’il ne reste que douze points à se partager) commencer à planifier leurs vacances d’été et finir la saison sereinement.

Côté olympien, l’infirmerie qui ne cesse de fonctionner à plein ces dernières semaines (blessures de Sakai, Rolando, Mandanda, Kamara), oblige Rudi Garcia à modifier ses plans et à utiliser la polyvalence de ses joueurs à l’extrême, en ne les mettant pas toujours  à leurs postes de prédilection.

Pour pallier à cela, il va falloir jouer avec la grinta habituelle, et surfer sur la vague de l’euphorie générée par une atmosphère européenne exceptionnelle. C’est l’une des dernières cartes qu’il nous reste à jouer, tant l’état d’esprit de ce groupe aura été son arme principale au cours de longs mois d’efforts non calculés.

Attention cependant ! C’est une arme à double tranchant qui peut, soit apporter un surplus énergétique amené par l’exaltation due au parcours européen, soit être un fardeau si les jambes et les résultats ne suivent pas. Il faut donc absolument continuer à gagner pour maintenir une dynamique positive qui effacera la fatigue et l’usure psychologique accumulées.


La botte du coach

La police du football français a tranché et c’est un nouveau coup dur pour L’OM : la commission de discipline a décidé mardi soir d’infliger à Adil Rami trois matchs de suspension. Une sanction regrettable a de nombreux égards, mais fort heureusement nous pouvons compter sur Rudi Garcia et sa capacité spéciale «as du volant» pour contourner cet obstacle et mettre au point une composition assez efficace pour éviter la sortie de route à Angers dimanche.

Nous ne détaillerons pas ici l’absurdité ni l’iniquité de cette décision, qui prouve encore une fois (si c’était nécessaire) que l’indépendance de la commission de discipline doit être questionnée. Le président Jacques-Henri Eyraud a d’ailleurs parfaitement pris conscience de la situation, et il en parle sans langue de bois dans une interview récente accordée à La Provence.

Même si on a pu, par le passé, reprocher des choses au coach olympien, il faut bien reconnaître qu’en cette fin de saison, il manie le volant avec brio. Étant donné qu’Angers nous a tenu en échec au match aller (1-1 au Vélodrome, troisième journée), il devra à nouveau démontrer sa capacité à mettre tout le monde au diapason afin de combler les absences et proposer la tactique la plus adéquate.

D’autant plus que les Angevins sont des habitués des matchs nuls (treize cette saison, deuxième plus haut total derrière Montpellier) et se voient bien persister dans leur spécialité, comme ils ont su le faire au vélodrome, mais aussi par deux fois face à Lyon (dont un mémorable 3-3).

En revanche les joueurs du SCO présentent un bilan de treize défaites dont quelques valises encaissées face au PSG, Monaco et Troyes (respectivement 5-0, 4-0 et 3-0).
Comme pour chacun des matchs restants cette saison, la victoire est une nouvelle fois indispensable ! Il faudra s’appuyer sur notre force collective et la solidarité que le groupe a démontrée tout au long de la saison, poussé par un coach qui semble lui avoir transmis des valeurs saines, de celles qui permettent de surmonter les cartes de blocage adverses, remettre le feu vert et parfois gagner des titres.

En dernier recours, on peut aussi compter sur les qualités individuelles de nos meilleurs techniciens, au rang desquels, Dimitri Payet, dont on attend toujours le coup franc magique, et qui n’est pas encore parvenu à en rentrer un en 2018. Qu’à cela ne tienne, si il nous gratifie de belles passes décisives, personne ne lui en tiendra rigueur.


Quatre derniers virages

On dit souvent que dans une saison, chaque point perdu peut faire la différence au moment de faire les comptes. Dans la mesure où nous n’en avons laissé que peu en route, nous assistons à une fin de championnat particulièrement serrée.

Même si les raisons peuvent être parfois frustrantes – notamment quelque décisions arbitrales litigieuses – un tout petit point nous sépare aujourd’hui de Monaco, calé dans son fauteuil de dauphin, et quelques buts seulement de la troisième place pour l’instant Lyonnaise (soixante-neuf points chacun, avec une différence de huit buts en faveur de Lyon), c’est pourquoi nous n’avons plus notre destin entre les mains et sommes obligés d’attendre la moindre erreur de nos adversaires pour les coiffer sur le poteau.

Il reste douze points possibles à prendre lors des quatre prochains tournants de cette fin de saison, comme vous pouvez le voir ci-dessous :

Bien que les trois écuries doivent affrontent des équipes à leur portée, il est difficile d’imaginer un sans faute pour chacun des trois concurrents. Nous pouvons donc légitimement espérer que la situation évolue d’ici à la fin du championnat.

À nos joueurs de rester solides jusqu’au bout, car comme le disait le philosophe : « à la fin vous aurez ce que vous méritez. »

Allez l’OM !


*Le jeu des Mille Bornes

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A propos de florent.b


Gastronome et supporter de l'OM, je n'aime rien tant que les combinaisons qui en mettent plein les papilles et les yeux. À table et bon match !
Article lu 751 fois, écrit le par florent.b Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

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