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Comment la situation actuelle du Championnat pourrait perturber le marché des jeunes joueurs
Les conséquences de la pandémie de coronavirus pourraient également fortement perturber le marché des joueurs qui arrivent à la fin de leur cursus de formation.
En pleine expansion ces dernières années, tant au niveau concurrentiel qu'économique, le marché des jeunes joueurs risque également d'être profondément impacté par la crise sanitaire actuelle. Notamment pour les dossiers qui concernent la signature d'un contrat aspirant, d'un contrat stagiaire ou d'un premier contrat professionnel. « La période est catastrophique, juge un agent, spécialisé dans le marché des jeunes professionnels, dans une structure qui compte une trentaine de clients. Déjà, un jeune, dans cette période-là, est inquiet. Il y a beaucoup de questions. Mais là, c'est encore plus difficile pour lui, parce qu'on a peu de réponses à lui apporter. Mars-avril, ça doit être la période pour un joueur en fin de contrat stagiaire par exemple d'être vu par les clubs. En tant qu'agent, on invite les clubs dans des tournois pour qu'ils puissent observer et valider ou non le profil. Là, c'est impossible. Et même les vidéos, pour ces catégories d'âge, sont peu nombreuses. »
Pour faire face à cette situation, plusieurs clubs ont eu l'écho d'une volonté de la LFP d'adapter la Charte du football professionnel qui impose aux clubs français de faire part de leurs intentions, par lettre recommandée, au plus tard le 30 avril de la saison en cours, aux jeunes qui arrivent à un tournant contractuel. Le délai pourrait ainsi être repoussé de quelques semaines. « Mais il faudrait qu'on puisse avoir les informations avant, notamment pour pouvoir se retourner si un club décide de ne pas conserver un joueur », alerte David Venditelli, le directeur général de l'agence lyonnaise Score Agencies. « Avant, les clubs multipliaient les premiers contrats professionnels, au risque de bloquer des joueurs qui restaient dans leur club formateur sans véritable perspective d'avenir, ajoute néanmoins un autre agent. Là, au moins, on va peut-être arrêter cette politique de masse improductive... »
Les clubs formateurs pourraient conserver leurs talents
Si, face à des potentielles coupes budgétaires et d'effectifs, les jeunes footballeurs pourraient être particulièrement exposés aux conséquences de la pandémie de coronavirus, la situation pourrait en revanche protéger les principaux clubs français formateurs. Comme chaque saison, plusieurs d'entre eux étaient confrontés à la difficulté de faire signer leur premier contrat professionnel à leurs meilleurs talents face à une concurrence économique et sportive principalement étrangère. À l'image du Paris-SG (Adil Aouchiche, Tanguy Kouassi), Lyon (Pierre Kalulu, Yaya Soumaré, Florent Da Silva) ou Marseille (Isaac Lihadji). « C'est sûr qu'il est probable qu'on ne puisse pas proposer des primes à la signature aussi importantes qu'habituellement et c'est un facteur de décision très important dans certains dossiers, confie le recruteur d'un grand club européen. On est aussi privés d'une période où on occupe traditionnellement le terrain pour observer joueurs et discuter avec leurs entourages. Et la suite est déjà tronquée puisque les phases finales des Championnats nationaux des moins de 17 ans et des moins de 19 ans ont été annulées... »
Dans son versant positif, la situation pourrait inciter les clubs à davantage accorder leur confiance à leurs jeunes joueurs dans un contexte où ils risquent d'aborder le prochain marché des transferts avec des moyens moindres.