par fourcroy » 23 Juil 2012, 18:24
Information
Un chanteur d'opéra russe s'est retiré du festival de Bayreuth, la plus importante manifestation consacrée au compositeur Richard Wagner, après la publication d'images qui montrent des tatouages nazis sur sa poitrine. Evgueni Nikitine devait jouer le rôle éponyme du «Hollandais volant», mais des médias allemands ont diffusé des photographies où un tatouage en forme de croix gammée apparaît sur la poitrine du chanteur, bien qu'il ait été recouvert par une autre image.
«J'ai fait faire ces tatouages dans ma jeunesse», a déclaré Evgueni Nikitine dimanche dans un communiqué. «Ca a été une grande erreur de ma vie et je voudrais ne l'avoir jamais fait. Je n'avais pas conscience de l'ampleur de l'énervement et de la peine que cela causerait, en particulier à Bayreuth et dans le cadre de l'histoire du festival.»
Antécédents
Les organisateurs du festival de Bayreuth, dont les places sont parfois réservées avec dix ans d'avance, sont soucieux d'éviter tout rapprochement avec le nazisme, après que Winifred Wagner, belle-fille de Richard et amie personnelle d'Adolf Hitler, a fait du festival qu'elle a dirigé de 1930 à 1945 une vitrine culturelle du national-socialisme.
Adolf Hitler était lui-même un admirateur du compositeur, mort en 1883, et s'est référé à certains de ses écrits pour développer ses thèses antisémites, même si la nature des opinions de Richard Wagner sur les juifs est vivement discutée par les spécialistes de l'artiste. (Reuters)
En passant, la dernière phrase est incorrecte. Les opinions de Wagner ne souffrent aucune discussion : c'était un antisémite.
Ce qui a été débattu, c'est de savoir si ces opinions se retrouvaient dans ses opéras. Adorno, notamment, l'a avancé après la guerre en évoquant les figures de Mime et de Beckmesser. Toutefois, il s'agit d'une interprétation (très discutable et en aucun cas manifeste) et aucune phrase dans les textes des opéras de Wagner n'est directement antisémite (ni philosémite, d'ailleurs - son antisémitisme était politique ; dans ses opéras, il se place sur un tout autre plan).
"La société de surconsommation, fruit d'un capitalisme dérégulé, relève d'une logique compulsionnelle dénuée de réflexion, qui croit que le maximum est l'optimum et l'addiction, la plénitude." Cynthia Fleury