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Raymond Domenech prend la parole avant la première question
« Avant les questions, ou plus simplement pour éviter les questions, je vais y répondre avant de commencer. Ce sera beaucoup plus simple. Je tiens à préciser que la sanction prise contre Nicolas Anelka est justifiée. Que je soutiens la Fédération dans cette décision. Personne n'a le droit, personne ne peut se permettre de se comporter d'une telle manière, que ce soit dans un vestiaire ou ailleurs. L'exemplarité des sportifs de haut niveau est quelque chose d'important. La première sanction a été sportive puisqu'il a été sorti à la mi-temps et la deuxième administrative.
Deuxième point. Pourquoi je suis intervenu pour lire le communiqué ? Ça faisait 45 minutes au moins, même plus, que j'essayais de les convaincre que ce qu'ils faisaient étaient une aberration, une imbécillité, une stupidité sans nom. Au bout de 45 minutes, avec le président, le staff, on a tous essayé de les convaincre. Je me suis dit à un moment stop, il faut arrêter la mascarade. Les Français et tous les gens qui se demandaient ce qui était en train de se passer avaient le droit de savoir. J'ai lu le papier et je suis parti. J'aurais dû dire à la fin qu'en aucune manière je ne cautionnais ce document et cette attitude-là. »
Raymond Domenech, ce match n'est-il pas impossible à préparer dans ces conditions ?
C'est difficile vu le contexte. Je sais qu'ils y ont laissé beaucoup d'énergie, en dehors du sport. C'est dommage. Mais quelque part, maintenant, il n'y aura plus de mots pour expliquer ce qui s'est passé. Il n'y aura que des actes. Et le seul acte qu'ils pourront réaliser, ce sera sur le terrain demain (ndlr : mardi). Tout le reste n'a strictement aucun intérêt et aucun sens.
Ne vous sentez-vous pas complètement désavoué ?
Le problème n'est pas là. Je suis responsable de l'équipe de France. Ce qui est arrivé, j'en suis en partie responsable. Mais ma responsabilité, c'est de les préparer pour le match de demain. C'est la seule chose qui compte.
Avons-vous la certitude que c'est vous qui allez faire l'équipe demain soir ?
Même si je vous le dis, vous ne me croirez pas. Je le dis quand même. J'ai toujours fait l'équipe. Personne ne m'a jamais dicté quelle équipe je devais faire. Bon, peut-être que ça m'aurait arrangé une fois ou deux (sourire). Demain, ce sera exactement pareil. Je ferai l'équipe que j'ai envie de faire, avec le staff.
Pensez-vous que la réputation du football français a souffert des évènements de ces derniers jours ?
Non. La réputation de l'équipe de France est en jeu sur le prochain match. C'est ce match qui va faire que sportivement, notre réputation sera entachée ou sera valorisée et confirmée. C'est ce qui va se passer dans ce match qui décidera de l'image qu'on pourra avoir.
Faites-vous encore confiance à vos joueurs ?
J'ai vingt-deux joueurs. Le mot de confiance n'a plus lieu d'être à ce niveau-là, ne veut plus rien dire. Je n'ai pas à leur faire confiance ou pas. Je dois les mettre dans la situation pour qu'ils soient le plus efficace possible. Ce n'est pas facile aujourd'hui mais c'est comme ça. A eux maintenant de montrer sur le terrain qu'ils se sont rendus compte de ce qu'ils ont fait. Et ils s'en sont rendus compte, petit à petit. Ils ont pris conscience de ce qu'ils ont fait. Le seul moyen de rattraper le coup, c'est d'être performant sur le terrain et de jouer à fond l'infime chance qu'il reste de rêver.
Ottmar Hitzfeld a dit qu'il serait parti à votre place. Avez-vous songé à démissionner ?
Chacun sa vie. Moi, je ne mêle pas de la vie des autres sélectionneurs.
Avez-vous l'impression que vos joueurs ont juste envie de partir en vacances et que ce n'est qu'un discours de façade leur volonté de gagner ce match ?
Non, c'est un vrai discours. L'ampleur de ce qu'ils ont créé fait qu'ils ont envie de gagner le match. C'est certain. Autant sur quelques matchs je me pose la question, autant là leur motivation sera pleine et entière.
Maintenez-vous votre confiance à Patrice Evra ?
Je n'ai pas encore fait l'équipe. On verra demain. Encore une fois, ce n'est pas un problème de confiance. Demain, il faudra savoir quels joueurs seront encore en état physique et psychologique de faire le match pour essayer de jouer la chance de l'équipe de France à fond. Ça, c'est la priorité.