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Des chantiers encore immense
Sur ces cent premiers jours, l'objectif principal de la nouvelle direction a été de redorer l'image du club avec un Jacques-Henri Eyraud particulièrement présent.
MARSEILLE - Après la revue de presse, la revue de tweets. Président 2.0, Jacques-Henri Eyraud aime que les réseaux sociaux valident ses idées et ses projets, et ses subordonnés au club l'informent souvent de cet écho virtuel. Petit-déjeuner avec René Maleville, supporter médiatique et trublion marseillais à la nuque longue bien identifiée ; passage sur le site Le Phocéen, dédié aux supporters du club ; relations régulières avec Claude Perrier, PDG du groupe La Provence ; présence remarquée au match des U 8 de l'OM... Depuis plus de trois mois, Eyraud s'affiche sur tous les fronts pour montrer un visage bien différent de l'ancienne direction, coupée de cette base et parfois méprisante avec elle.
« Eyraud et son équipe ne sont pas bêtes, ils veulent reconquérir le peuple marseillais, confie Djamal Mohamed, le directeur sportif de Consolat (N). C'est la première fois qu'un patron de l'OM invite les présidents des petits clubs du coin à dîner au Vélodrome après un match. » Lui a rencontré Andoni Zubizarreta à la Commanderie pour évoquer un partenariat. « J'ai senti de la bonne volonté, mais il ne faut pas se leurrer : certains dirigeants ne veulent pas travailler avec les clubs de quartier. »
Mohamed cible l'association OM et le chemin à parcourir derrières les déclarations d'intention. Eyraud pensait aller vite sur le dossier du centre de formation, mais il en est au même stade que ses prédécesseurs, qui voulaient récupérer les jeunes à partir de quinze ans. L'association, présidée par Jean-Pierre Foucault, un proche du maire Jean-Claude Gaudin, n'a pas abandonné son pré carré, Zubizarreta n'a pas encore imposé sa griffe sur ce secteur, idem pour la détection et la cellule de recrutement. À l'Hôtel de Ville, justement, les formules de politesse sont de mise. Après les présentations, les négociations (chiffrées) pour le loyer du Vélodrome vont bientôt commencer.
Eyraud a surtout observé
Chez les groupes de supporters, échaudés par la fin de l'ère Louis-Dreyfus, la nouvelle direction est toujours considérée avec bienveillance. « Mais depuis la tournée d'Eyraud dans les locaux des groupes, nous n'avons pas abordé les questions épineuses, sur la sécurité, les déplacements, la convention de commercialisation des abonnements et notre bataille juridique », explique un cadre des Yankee du virage nord. La nomination de Thierry Aldebert, lieutenant-colonel de gendarmerie, au poste de directeur de l'organisation, de la sûreté et de la sécurité, va relancer ce processus. Comme le directeur général adjoint Jean-François Richard, en charge du marketing, Aldebert symbolise le renouveau administratif du club.
«Eyraud a eu un discours sincère»
Mais ce changement d'ère ne s'est pas encore traduit en profondeur. La majorité des figures limogées (Franck Passi, l'ex-secrétaire général Cédric Dufoix, l'ancien directeur de la sécurité Guy Cazadamont) n'appartiennent pas au clan Anigo, d'ailleurs licencié par la direction précédente. Les plus fidèles partisans de l'ancien directeur sportif sont toujours à la Commanderie. Pour accompagner la vague de départs, Eyraud aura mis (encore) les formes. Il a évité un mauvais vaudeville avec Passi, un temps chauffé à blanc par son avocat. Ces cent derniers jours, Eyraud aura passé beaucoup de temps à écouter, à observer. Il demande à être jugé sur ses décisions et leur impact. Rendez-vous dans cent jours.