Information
Genesio, la crise de foi
La Provence
L’entraîneur de l’OM, qui a enchaîné cinq défaites de suite, est de plus en plus marqué. S’il a exclu envisager une démission, la trêve sera l’occasion de faire le point avec ses dirigeants.
Je pense qu’ils ont un très grand entraîneur avec beaucoup d’expérience, il va aider l’équipe à améliorer sa prestation. Je suis confiant pour eux. C’est le football, c’est une place difficile quand tu es coach d’un club comme ça, il y a toujours de la pression. Mais je pense qu’avec Bruno Genesio, ils vont progresser, c’est sûr."
Les mots sont flatteurs, surtout venant de Luis Enrique, un des meilleurs entraîneurs du monde, même s’ils n’ont pas vocation à regonfler le moral en berne du technicien marseillais, de plus en plus dépité après les défaites, depuis la première à Monaco le 30 août. Cela fait cinq de suite, à chaque fois sur un score différent, à chaque fois porteuse de regrets et d’espoir, mais pas trop quand même, tant la frustration grandit en même temps que l’OM dégringole (17e en Ligue 1, 33e en Ligue Europa). "J’en ai un peu marre de répéter les mêmes choses, on ne peut pas se satisfaire de perdre. Je ne peux pas me contenter d’une défaite de la sorte face à la meilleure équipe du monde. Ce n’est ni mon état d’esprit, ni pour cela que je fais ce métier", disait-il dimanche soir.
Une réaction qui fait écho à l’après-match à Istanbul, où il avait été très déçu du résultat. Ses yeux étaient rougis en conférence de presse, et au départ du car marseillais vers l’aéroport, son regard était hagard.
"Non, il n’y a pas l’idée de démissionner"
Dimanche soir, dans ses déclarations, il allait même plus loin dans l’agacement. Lassé, Genesio ? "La réflexion avec la direction, on l’a tous les jours. Là, il y a une trêve, on va prendre un peu de repos, ça va nous faire du bien. On va aussi continuer à travailler parce qu’on en a besoin aussi. Il y a des joueurs qui vont partir en sélection. Et puis voilà, je n’ai rien d’autre à vous dire."
Canal +, juste avant le Clasico, avait révélé qu’il n’excluait pas de démissionner. La question lui a été posée : "Non, non, il n’y a pas l’idée de démissionner. Je ferai un point avec la direction, mon staff et mes joueurs. Pour l’instant, ce qui m’importe, c’est de faire progresser l’équipe."
Les joueurs seront en congés le week-end prochain, Genesio aussi, en attendant, le technicien bénéficie d’un soutien inconditionnel des supporters, de la direction, et de son effectif, à l’image des propos de Neal Maupay dimanche soir : "Le coach nous a parlé, comme après chaque match. C’est quelqu’un qui se bat, il croit en son projet, on est tous derrière lui, et je pense que ça se voit sur le terrain."
Des discussions avec les dirigeants sont ainsi prévues cette semaine. "Comme toutes les semaines", nous indique-t-on en interne, ou l’on nous renvoie aux déclarations du natif de Lyon écartant la possibilité de démissionner, et l’on invite à la prudence quant à un départ anticipé du technicien qui présente un bilan comptable cataclysmique (1 victoire, 5 défaites), malgré un contenu honorable vu le matériel à disposition. Bien qu’il soit pour l’instant épargné par les critiques (qui visent presque exclusivement l’actionnaire Frank McCourt, et depuis peu le président Stéphane Richard), l’ancien du Losc assume ses responsabilités et ne supporte pas de perdre. "Il vaut mieux éviter de lui parler les lendemains de défaites", glisse une source au club.
Cela commence à en faire beaucoup et il va falloir vivre avec cette série noire encore trois interminables semaines, avant un déplacement à Troyes qui lancera un calendrier plus abordable mais aussi plus copieux en termes de répétition des matches (8 en 28 jours). Bruno Genesio aura-t-il l’occasion de s’asseoir sur le banc au stade de l’Aube ?