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Pourquoi l'OM a réfléchi à ne pas participer à la Ligue Europa
Menacé par le gendarme financier de l'UEFA d'un bannissement pour la saison 2026-2027, l'OM a réfléchi à ne pas participer à la Ligue Europa, pesant les pour et les contre.
Le 17 juin, l'OM a été sanctionné par la commission de contrôle financier des clubs de l'UEFA : une amende de 10 M€ et un sursis d'un an pour redresser sa situation, sous peine d'être automatiquement exclu de toute compétition européenne en 2027-2028 ou plus tard s'il ne se qualifie pas à l'issue de la prochaine saison. Le risque de ne pas disputer la Ligue Europa, qui planait depuis des semaines en cette fin de printemps, a été écarté.
À l'époque, plusieurs dirigeants passés et présents du foot français, ainsi que des spécialistes du fair-play financier européen, évoquaient du bout des lèvres une alternative. « Négocier » avec l'UEFA cette exclusion de la Ligue Europa pour faire baisser la pression - aujourd'hui, les règles de l'UEFA sont jugées bien plus contraignantes que celles de la DNCG, un gendarme plutôt connecté à Frank McCourt.
« Connaissant la situation financière du club, la réduction de la voilure et du projet, l'actionnaire qui ne veut plus mettre d'argent, je serais eux, je me serais assis sur la Coupe d'Europe, explique un exécutif proche de l'instance européenne, qui tient ce discours depuis fin mai. Les revenus de la Ligue Europa, ce n'est rien à l'échelle des déficits, et de ce que l'OM peut jouer en se focalisant uniquement en Championnat. Le club ne me semble pas avoir l'effectif pour disputer à fond la Coupe d'Europe. »
Un ancien cadre de l'OM témoigne : « Je pense qu'ils ne l'ont pas fait pour des raisons d'image et de communication, la nouvelle équipe dirigeante n'a pas voulu endosser ce choix, épineux, auprès des supporters, et cela aurait pu aussi décevoir Bruno Genesio avant qu'il ne s'engage. Après, l'image et la com, dans le foot, c'est très relatif, surtout pour un dirigeant... Ils avaient pourtant une fenêtre pour faire passer la pilule, ils pouvaient dire : "On assume le passé et le passif de l'OM, voilà pourquoi on ne va pas en Coupe d'Europe". Ils ont commencé à critiquer la gestion de Pablo Longoria, mais ont décidé de s'arrêter à l'aspect rhétorique. »
L'OM aurait accepté l'exclusion... si cela avait concerné la Ligue Conférence
Valider une exclusion, ou pousser dans ce sens, n'est pas forcément une hérésie. L'AC Milan a négocié son absence de la campagne de Ligue Europa 2019-2020 pour éviter des pénalités plus lourdes à l'avenir et réguler sa situation financière. Plus proche de nous, la Juventus a été bannie de la Ligue Conférence 2023-2024, et n'a pas fait appel, pour se préserver un futur plus radieux sur la scène continentale.
En juin, un débat a pu poindre au sein du club olympien. Les deux camps avaient leurs arguments et ils étaient d'accord sur un point : si l'OM s'était qualifié pour la Ligue Conférence, il aurait accepté de ne pas y participer. La C4 s'avérant peu rémunératrice, il aurait été plus judicieux de se concentrer sur un plan de relance débarrassé des entraves de l'UEFA. En Ligue Europa, la donne est différente, la compétition garde un certain prestige, ainsi qu'un attrait sportif et financier.
La saison dernière, l'OL s'était plié aux sanctions et avait réussi à s'en sortir avec près de 50 M€ de recettes, dont 8 à 10 M€ de billetterie et des primes sportives importantes grâce à son parcours (premier de la phase de ligue, éliminé en 8es de finale par le Celta Vigo). Même en retranchant 12 M€ d'amende à cette enveloppe, le jeu en avait valu la chandelle, et le club lyonnais avait d'ailleurs profité de cette saison pour respecter les engagements formulés auprès de l'UEFA.
Alors que les affiches au Vélodrome (Olympiakos, Levski Sofia, Celta Vigo et Anderlecht) n'ont pas déclenché un enthousiasme démesuré chez les responsables billetterie de l'OM, le club aurait clairement un intérêt financier à remporter quelques rencontres et étirer la campagne jusqu'au printemps.