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Rulli se gaufre… encore
Coupable sur l’ouverture du score, qui a forcément conditionné la suite des événements, le gardien argentin, dans le dur depuis deux mois, a la tête sous l’eau. Inquiétant.
Sans lui, les supporters olympiens n’auraient pas eu à s’infliger cette peine. Guincher fébrilement la fin du multiplex, en se rongeant jusqu’au sang les ongles, se croire miraculé de longues et interminables secondes… avant de sombrer dans le désespoir quand Benfica, à des milliers de kilomètres de là, les a crucifiés. Sans lui, Geronimo Rulli, l’OM aurait quitté la pelouse du stade Jan-Breydel tête basse, avec cinq ou six "goals" dans la musette et une différence de buts rédhibitoire pour la qualif'. Mais avec lui, ou plutôt en grande partie à cause de lui, les fidèles de l’OM ont été condamnés à perdre, à regarder les autres, en espérant finir parmi les moins mauvais.
Des arrêts qui ne valent presque rien…
À ce niveau où chaque détail fait la différence, selon la formule consacrée, comment passer sous silence son énorme bévue ? Impossible. Impossible, aussi, d’imaginer que la faute de main de l’Argentin n’a pas conditionné cette soirée catastrophe, fait voler en éclats le plan de jeu et la confiance des hommes de Roberto De Zerbi… Une équipe qui n’a certainement pas besoin de ça pour aborder un match sur deux avec les pieds et la tête à l’envers. Peut-être, enfin, qu’une parade autoritaire dès la 4e minute n’aurait rien changé au scenario que Brugeois et Marseillais allaient écrire.
Une certitude, le natif de La Plata, dans la lignée de ses dernières sorties, s’est complètement troué. Méconnaissable depuis la fin novembre, auteur de bourdes là où il réalisait jadis des miracles, l’ancien ange-gardien de l’OM a donné le ton dès son premier ballon. Une relance caviardée, une de plus cet hiver, directement sur les souliers belges (3). De quoi parfaitement lancer sa partie… Fébrile, l’ex-Montpelliérain allait encore l’être une minute plus tard. Pour le pire. Pourtant bien positionné au moment où Diakhon a hérité du cuir, "Gero" a réussi l’exploit de prolonger au fond de ses filets une frappe, certes puissante, mais placée sur lui. La faute à des mains pas assez fermes (4).
De la fermeté, c’est tout ce qui manque en ce moment à Geronimo Rulli, dont la liquéfaction n’a pas été freinée par le froid polaire qui régnait hier à Bruges. De l’avis de spécialistes du poste, l’Argentin a perdu ce qui faisait sa force. Son assurance, sa capacité à dominer les événements et ne pas les subir. Si personne ne lui reprochera le deuxième et le troisième but brugeois (11, 79), force est de constater son impuissance.
Ses avocats s’attarderont plutôt sur la suite, mais ses nombreuses parades (15, 51, 66) cachent péniblement la forêt. Alors qu’à l’autre bout du terrain Simon Mignolet lévitait au-dessus du pré, Rulli n’a, en réalité, jamais été décisif. Et c’est bien cela que l’on attend du grand gardien qu’il était, et peut toujours redevenir. Hier, ses arrêts rapportaient des points, aujourd’hui ils soulagent tout juste les valises de l’OM… Insuffisant et toujours aussi inquiétant.
La Provence