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« Un garçon qui est très positif, tourné vers les autres et irréprochable dans son travail » : pourquoi Timothy Weah a été nommé capitaine de l'OM
À 26 ans, le fils de Mister Georges, Timothy Weah, est devenu capitaine de l'OM, en lieu et place d'un Pierre-Emile Höjbjerg déclassé. Par hasard, le brassard ? Pas forcément. Le parcours récent du joueur rappelle son goût des autres.
Franchement, quand il est arrivé de la Juventus, on ne lui donnait pas six mois avant d'être exfiltré au Genoa. Lors de sa conférence de présentation, le 7 août 2025, Timothy Weah étalait son enthousiasme et sa candeur : « Le coach (Roberto De Zerbi), la direction avec Medhi (Benatia) et le président (Pablo Longoria) sont très, très forts ! Ils sont très gentils. Quand ils te parlent, tu sens qu'ils parlent avec le coeur, c'est ce qui m'a attiré ! » Forts, oui, gentils, pas vraiment.
Le management impatient du triumvirat ne s'accommodait guère des états d'âme des joueurs. Un an plus tard, sur les douze recrues de l'été 2025, six ont déjà filé sous d'autres cieux (Aubameyang, Medina, Hamed Junior Traoré, O'Riley, Pavard, Vermeeren), un autre a déjà fait un aller-retour en Premier League (Angel Gomes) et un dernier reste en partance (Aguerd).
Weah, lui, est toujours là, sa générosité a balayé tous les préjugés. Ce mercredi, il a eu des mots doux pour Bruno Genesio : « Je le respecte beaucoup depuis ses années à Lille, aussi à Rennes. Son jeu, c'est très clair. On va attaquer, on veut marquer des buts, on veut être agressifs. Même dans le pressing, on sera agressifs. Cela correspond à mon style. Le coach est quelqu'un de très calme et on a besoin de ça ici, à Marseille. Pour moi, il est le coach parfait. »
Touché moralement par les énièmes soubresauts d'une saison chaotique, le « bon gamin », comme le surnommait Benatia, a envisagé de quitter son appartement marseillais avec vue sur la Méditerranée. La sélection américaine, éliminée en huitèmes de finale de « sa » Coupe du monde par la Belgique (1-4), ne lui a pas apporté de réconfort. Il est sorti du onze de Mauricio Pochettino, qui l'avait déjà recadré en février : Weah avait critiqué le prix des places pour assister à la compétition, quelques semaines plus tôt. Le piston droit n'a pas abandonné ce combat. Juste avant le tournoi, il a participé à une opération avec Zohran Mamdani, le maire de New York, pour garantir 1000 billets à 50 dollars l'unité (43 €) afin que des gens du coin puissent se rendre au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
Weah est ainsi, un sourire, des valeurs, et Genesio l'a choisi, « de manière un peu forcée puisque c'était Pierre-Emile (Höjbjerg) le capitaine » : « Tim'réunissait le plus de critères, a expliqué le coach. Le capitaine doit à la fois être exemplaire dans son attitude, dans le jeu. Ce qui ne veut pas dire qu'il doit toujours être bon, mais il doit aussi avoir une âme et dégager une énergie de leader. Il incarne ce que je souhaite d'un capitaine. À savoir un garçon qui est très positif, tourné vers les autres et irréprochable dans son travail, dans son investissement. »
Comme tous ses camarades, le capitaine est à vendre mais ça ne l'émeut guère, en tout cas bien moins que les vrais sujets sociétaux aux États-Unis. Courtisé depuis un bail par Sunderland, récemment suivi par Villarreal, il n'est plus pressé de quitter Marseille, où il se sent bien, où ses proches viennent le voir régulièrement. Ceux qui le voyaient au Genoa n'avaient rien compris, et ils le savent désormais : un sentimental peut avoir le cuir épais.