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Vermeeren, la ligne rouge
Indispensable au collectif en fin d’année, le Belge a complètement disparu des radars. Alors que De Zerbi cherche encore la bonne formule au milieu, lui reste scotché sur le banc.
De Saint-Gilles à Bruges, une Belgique, deux ambiances. Ici, aucune référence à la rivalité entre Wallons et Flamands. Plutôt, un coup de projecteur sur l’humeur d’Arthur Vermeeren. "Tuur" a perdu le (timide) sourire qui éclairait son visage début décembre. En un mois et demi, le local de l’étape n’a pas seulement égaré sa risette. En premier lieu, son statut de titulaire, forgé au fil de l’automne à la sueur de son front. Avant de défier l’Union, le Kesselaar, clairvoyant et habile manieur de ballon, était la seule lumière au tableau. Le chaînon manquant pour lier attaque et défense, le métronome d’un milieu en chantier. Avant de se frotter à Bruges, le Belge a pris ses marques ailleurs, à l’ombre, emmitouflé dans sa parka et enfoncé sur le banc. Une chute aussi soudaine que vertigineuse.
Depuis ce fameux 4 janvier, un tournant dans son aventure marseillaise, Vermeeren n’a pu se réchauffer qu’une minuscule minute, dans le temps additionnel à Angers. S’il imaginait reprendre l’histoire où il l’avait laissée, au retour de sa suspension, l’ex-Colchonero est reparti de zéro. Derrière le guère utile Matt O’Riley, les candidats au départ Angel Gomes et Darryl Bakola, ainsi que Bilal Nadir… chacun d’eux lui passant devant contre Angers, Liverpool et Lens. De là à imaginer une punition, il n’y a qu’un bout de crampon.
Aussi élogieux qu’exigent avec lui, Roberto De Zerbi avait souvent pris le bâton pour le faire avancer vers cette grande carrière que tous les prédisent. "Ce qu’il fait n’est pas suffisant. Il faut qu’il soit un peu plus dans le duel, sinon il ne pourra pas devenir l’un des meilleurs en Europe", glissait par exemple le technicien lombard, alors que "le présent et le futur de l’OM" venait de signer 45 minutes de haute volée à Lisbonne, avant d’être sorti à la pause pour pallier l’exclusion d’Emerson.
Pas de panique… pour l'instant
"Roby" a aussi été magnanime avec son protégé prêté par Leipzig (avec option d’achat, 20M), qu’il désirait enrôler dès ses premiers pas en Provence, à l’été 2024, avant d’obtenir gain de cause un an plus tard. Au retour de la trêve hivernale, Vermeeren signait une piètre semaine d’entraînement sur les hauteurs de La Commanderie. De Zerbi a quand même choisi de lui faire confiance pour mener la chasse aux Canaris. Mal lui en a pris. Après 26 minutes, le numéro 18, auteur d’un tacle dangereux sur Anthony Lopes, franchissait la ligne rouge et abandonné les siens. Pour l’OM, en cette fraîche après-midi, le début de la fin (défaite 0-2).
La suite ? Un amer Trophée des champions regardé, impuissant, depuis les tribunes, avant de se rapprocher du terrain, sur le banc de touche, où il demeure spectateur. Pas de quoi provoquer un affolement dans le clan Vermeeren, réputé terre à terre. S’il n’avait certainement pas cédé à l’enflammade lorsqu’un grand soleil brillait au-dessus de sa tête, il n’entend (pas encore) sombrer dans le désespoir quand un vent glacial souffle sur la nuque de "Tuur". Et si la tendance perdure ? Le jeune homme, dont le plan de carrière est très clair, avait poussé pour un départ de l’Atlético et Leipzig dès lors que son temps de jeu avait fondu. À Marseille, au moins, il n’aurait qu’à patienter jusqu’à la fin de son prêt.
Imprévisible lorsque retentit l’hymne de la Ligue des champions, Roberto De Zerbi pourrait tout à fait le sortir du placard en cette nuit décisive pour son avenir européen. La recrue Quinten Timber n’étant pas qualifiée, le fragile Geoffrey Kondogbia sur un fil, les autres rarement convaincants sous la tunique immaculée, le Belge ne ferait pas tâche aux côtés de l’indéboulonnable Pierre-Emile Hojbjerg, pour tenir tête au redoutable trident Stankovic-Vanaken-Onyadika. "Ces dernières semaines, je ne l’ai pas senti en forme physique et mentale. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne jouera pas demain et à l’avenir, a concédé hier "RDZ". C’est un 2005, il a tout le temps pour trouver la régularité. Pour un jeune joueur, c’est la chose la plus difficile."
La Provence