Information
Arthur Vermeeren, le déclassement permanent
Le milieu de terrain belge a retrouvé une place de titulaire à Brest pour la première fois depuis plus d’un mois, mais a encore une fois été sorti à la pause.
Il n’est pas réapparu sous la pluie fine de Francis-Le Blé, après être sorti du terrain brestois tête basse, comme tous ses coéquipiers, un quart d’heure plus tôt. Il restait pourtant encore une mi-temps à disputer et l’OM a appris, cette saison, qu’un match n’est pas forcément terminé à 2-0, mais Arthur Vermeeren a fait les frais de la prestation cataclysmique de son équipe avant la pause et de la première réorganisation tactique de l’ère Habib Beye, passé en 4-4-2 avec l’entrée de Pierre-Emerick Aubameyang, sans effets notables.
Voilà un peu l’histoire de la carrière olympienne du milieu de terrain belge, souvent le premier déclassé ou sacrifié selon les circonstances, comme il l’avait déjà été à la pause à Lisbonne lorsque Emerson avait été exclu. Mais c’est bien lui qui a personnifié le premier choix fort d’Habib Beye vendredi soir, titulaire surprise à Brest alors qu’il n’avait plus démarré depuis le 4 janvier contre Nantes. Un mauvais souvenir, parce que "Tuur" avait laissé son enthousiasme déborder bien trop largement, auteur d’un tacle kamikaze au pressing sur Anthony Lopes qui lui avait valu un carton rouge direct et précipité une soirée galère, seulement la première de 2026, ce que l’on ne savait pas encore à l’époque. L’ex de Leipzig et de l’Atlético avait écopé de deux matches de suspension, mais sa sanction la plus sévère est venue de l’intérieur même du club, où Roberto De Zerbi l’a purement et simplement écarté, ne lui donnant ensuite que 12 petites minutes à se mettre sous la dent (1 à Angers et 11 au Paris FC).
Il estime pouvoir jouer aux côtés de Timber
Une situation que l’intéressé a acceptée sans broncher, même s’il estimait, en privé, ne pas vraiment mériter un tel traitement et aurait bien aimé des explications qui ne sont jamais venues. L’incompréhension a duré au fil des semaines, "puni" alors qu’il avait plutôt donné satisfaction lors de la première partie de saison, auteur notamment d’excellents matches face à l’Ajax et Newcastle en Ligue des champions. L’arrivée anticipée de Quinten Timber, initialement prévue cet été et finalement finalisée dans les dernières heures du mercato hivernal, n’a pas arrangé ses affaires, parce que la direction olympienne le voit comme un concurrent direct à Vermeeren, alors que le Belge estime de son côté pouvoir être complémentaire du Néerlandais dans l’entrejeu.
C’est manifestement l’avis d’Habib Beye, qui n’a pas hésité à associer les deux hommes comme relayeurs et "box-to-box" devant la sentinelle Pierre-Emile Hojbjerg dans un milieu à trois, mais la déliquescence collective dans le Finistère ne facilite pas l’analyse des performances individuelles. Tout juste peut-on noter que Vermeeren, comme tout le monde, n’a pas assez pesé sur la rencontre, qu’il a réussi 92% (22/24) de ses passes mais a manqué celle qui aurait pu compter, pour Timber dans la surface brestoise, mais aussi que sa sortie n’a pas vraiment arrangé les affaires olympiennes.
Aura-t-il de nouveau sa chance dans les prochaines semaines, qui s’annoncent décisives pour déterminer à quelle fin de saison auront droit les fidèles du Vel' ? Cela pourrait dépendre du système choisi par Beye après le stage à Marbella, lui l’adepte d’un 3-5-2 qui correspond sur le papier à l’activité et la justesse technique du Belge entraperçues lors de ses premiers mois. Il faudra aussi que le Flamand retrouve le niveau qui avait séduit les supporters olympiens lors de ses premières apparitions, avant de rentrer dans le rang au fil des rencontres. Cela pourrait bien décider de l’avenir d’Arthur Vermeeren à l’OM, lui qui est déterminé à réussir à Marseille au point de repousser les quelques approches venues de l’étranger cet hiver. Mais tout le monde sait qu’ici, plus qu’ailleurs, le temps est compté.
La Provence