Valère Germain : retour vers le futur

Racheté au mois d’octobre par le magnat américain de l’immobilier, Frank Mc Court, l’OM se reconstruit peu à peu et s’apprête à vivre son premier mercato estival ambitieux depuis le départ de la famille Louis-Dreyfus. Une étape décisive qui semble s’éterniser à en croire les médias et les supporteurs. Pourtant, un joueur vient déjà de rejoindre le club et pas n’importe lequel. 


Un signe du destin ?

Ça y est, c’est signé. Un joli contrat de quatre ans pour la première recrue officielle de l’Olympique de Marseille. Et, je ne sais pas vous, mais ce nom me donne une étrange sensation. Comme si le doc Emmett Brown nous avait prêté sa DeLorean pour retourner dans le passé !

Germain. Un nom familier, qui rappelle une époque déjà lointaine, mais heureuse. Un patronyme qui, lorsqu’on l’évoque, fait remonter à nos narines les doux effluves des titres. Pour la première recrue estivale de l’ère McCourt, le hasard a choisi le fils d’un joueur de l’ère Tapie. Est-ce un heureux présage ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais permettons-nous de rêver !


Une glorieuse histoire

Né le 17 avril 1990 à Marseille, Valère Germain est le fils de Bruno Germain, ancien milieu de terrain de l’Olympique de Marseille avec lequel il a gagné trois titres de Champion de France ainsi que d’une Coupe de France.

Titulaire derrière le trio magique constitué d’Abedi Pelé, de Jean-Pierre Papin et de Chris « Magic » Waddle lors de la finale de Coupe d’Europe perdue contre l’Étoile Rouge de Belgrade, Bruno a gravé son nom de famille dans les mémoires parmi la la kyrielle de stars ayant évolué au club durant l’ère Tapie.

Une vedette ? Non, mais un joueur incarnant à lui seul l’esprit d’une équipe où chacun était prêt à mourir sur le terrain pour gagner. Nostagie, quand tu nous tiens !


Tel père, tel fils !

Il y a encore quelques jours, Valère Germain assistait en compagnie de Thierry Henry à un match de la finale NBA et étrennait déjà un maillot du vainqueur, à savoir les Golden State Warriors.

The Warriors, soit « Les Guerriers » en français. Tout un symbole !

Fraîchement auréolé d’un titre de Champion de France avec l’AS Monaco, le bilan de sa saison est en outre jalonné de dix-sept buts et cinq passes décisives toutes compétitions confondues pour un total de soixante matchs joués ! Et ce, malgré la présence de deux monstres à ses côtés sur le front de l’attaque : Radamel Falcao et Kylian Mbappé.

Valère Germain a donc prouvé qu’il était capable de trouver sa place aux côtés de joueurs loués par la presse et consacrés unanimement pour leurs qualités intrinsèques hors-norme.

À cela s’ajoute un superbe parcours collectif jusqu’en demi-finale de Ligue Des Champions. Excusez du peu !


Un joueur de devoir…

Qu’on se le dise, en dépit d’une ressemblance troublante avec Neil Patrick Harris, l’acteur interprétant Barney Stinson dans la série télévisée How I met your mother, Valère Germain n’a rien de glamour. Du reste, il n’intéresse guère les journalistes, obnubilés qu’ils sont par le phénomène Mbappé.

Loyal, courageux et professionnel à l’heure de l’outrance et des réseaux sociaux, il remet toutefois au goût du jour une éthique du sport qu’on croyait révolue.

Prêté a Nice par l’ASM lors de l’exercice 2015-2016, il a contribué activement à ce que le club azuréen vive une des meilleures saisons de son histoire aux côtés d’Hatem Ben Arfa, un autre personnage susceptible d’aimanter les regards et les critiques.

Impliqué dans la qualité de jeu comme dans les résultats, il s’est en effet consacré au projet niçois avec dévotion alors qu’il ne pouvait imaginer ce qui l’attendait à l’issue de son prêt.

Mieux. De retour à Monaco l’été dernier, il a réussi à convaincre l’entraîneur Leonardo Jardim de le conserver dans l’effectif monégasque.

D’ailleurs, continuons de dérouler la bande en marche arrière.

À l’instar de son père qui était revenu en 1994 pour aider l’Olympique de Marseille à revenir en Première Division, Valère a lancé sa carrière en Ligue 2 à Monaco lors de la saison 2011-2012. Prenant part au titre de champion et à la remontée du club monégasque parmi l’élite, il a même terminé meilleur passeur du championnat cette année-là !

Valère semble donc faire partie de ces joueurs sur qui on peut compter en toute circonstance. Certainement, le genre de personnalité qui peut participer activement au lancement de l’OM Champions Project.


… mais qui a aussi du ballon !

Germain, ce n’est pas qu’un nom ressurgi du passé. Valère, c’est aussi et surtout un bon joueur de football, intelligent, collectif, altruiste. Des qualités qui font de plus en plus défaut aux attaquants modernes.

Il ne battra aucun record de buts en déposant des défenses sur le carreau avant de mystifier des gardiens de but. N’attendons pas cela de lui, il n’a pas les aptitudes requises. En revanche, qu’il pleuve, vente ou neige, il se mettra au service de l’équipe grâce à son sens inné du placement et du déplacement.

Des qualités récemment mises en avant par Claude Puel, son ancien entraîneur à l’OGC Nice :

« Germain ? C’est une bonne pioche. C’est un joueur qui est intelligent, qui a une très bonne gestuelle dans les contrôles et les enchaînements devant le but. Buteur, très bon jeu de tête, altruiste. »

Ou par un de ses adversaires cette année en Ligue 1, le défenseur Brésilien, Dante :

« Ce que fait Valère Germain est incroyable. Il pique dans ton dos, il bouge, se déplace, fait des appels… Franchement, c’est un joueur qui fait chier les défenses. Il est tellement intelligent…

Parfois, il ne marque pas, ne fait pas de passes dans un match, mais, grâce à ses déplacements, il fait du bien à son équipe. Il bouge des blocs entiers et ouvre des espaces. Il est très fort. »

Il donnera peut-être des maux de tête à Rudi Garcia sur sa façon de l’utiliser et de penser son système tactique pour l’incorporer dans le onze titulaire. Ou même en cours de match.

Là encore, Claude Puel a son avis sur la question :

« C’est un très bon profil, qu’il faudrait peut-être associer avec un autre joueur avec de la puissance comme on avait essayé de le faire à Nice. »

De toute évidence, il se rendra certainement indispensable grâce à son toucher de balle, sa faculté à utiliser toutes les surfaces du pied, son jeu de passes et son bon timing dans le jeu aérien en dépit de son gabarit.

Comme de nombreux supporters l’ont évoqué à son arrivée, voilà enfin un joueur qui possède un « QI football ». Finie la période des Lapins Crétins !


Sans oublier un style old school !

Quand on pense à Valère Germain et à la trace qu’il a laissée à Monaco et à Nice, on entrevoit un personnage sympathique et qui a du cœur, mais aussi un footballeur ambitieux et différent de la norme. Un vestige d’une ère passée.

En effet, son style de jeu, mais aussi sa coiffure, tout en lui rappelle les années quatre-vingt-dix. Pas de look capillaire excentrique venu d’une autre planète. Pas de strass ni de paillettes, rien. Un mec normal quoi, alors qu’il vient justement de la ville phare de la Côte d’Azur, connue pour ses exubérances !

Voilà donc un marseillais qui revient dans sa ville natale, ou plutôt qui y débarque fièrement comme le dit son père :

« C’est son club de cœur depuis qu’il est tout petit. Dans sa tête, c’était l’OM. »

Un fils prodige qui a le sang ciel et blanc. Un homme dont on sait tous qu’ici, à Marseille, il sera à sa place. Un joueur qui n’aura pas peur de la pression du Vélodrome. Car, je pense qu’on peut le dire sans se tromper, Valère Germain craint dégun !


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A propos de Chris Red


Rédacteur pour le plaisir et passionné de l'OM, je suis également auteur de romans et de nouvelles SF/Fantastique et traducteur novice dans le même domaine.
Article lu 612 fois, écrit le par Chris Red Cet article a été posté dans Portrait. Sauvegarder le lien.

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