EL 1/4 | RB Leipzig-OM : prendre le taureau par les cornes !

Après une trêve aussi amère qu’interminable, agrémentée d’une victoire ô combien coûteuse face à Dijon, l’OM  reprend sa campagne européenne et s’en va défier Leipzig, un club qui se signale autant par un classement inespéré en Bundesliga que par son côté « artificiel », très décrié outre-Rhin. Un défi à la mesure des Olympiens ? Peut-être, mais la marche est haute, et il ne faudra pas la rater !

Jeudi tout est permis !

Le RasenBallSport Leipzig (auparavant SSV Markanstädt, club amateur de la banlieue de Leipzig), racheté en 2009 par le géant de la boisson énergisante Red Bull, est aujourd’hui un solide quatrième du championnat germanique, par le biais d’investissements aussi massifs qu’avisés.

l’Olympique de Marseille aura ce jeudi, la possibilité de regarder plus avant, avec en point de mire le premier acte d’un affrontement ayant pour enjeu une demi-finale de coupe d’Europe (une première pour l’OM depuis quatorze ans). Ceci étant, le déplacement en Saxe, n’aura rien d’une sinécure, il est au contraire inquiétant, et ce à plus d’un titre :

  • d’une part, vu sa création récente, le RB Leipzig est un adversaire relativement méconnu (même s’il y a fort à parier que Rudi Garcia s’emploie à combler cette lacune à grands coups de séances vidéos) sur la scène européenne.
  • d’autre part, il s’agit d’un adversaire très coriace, en témoignent les victoires accumulées face à des formations plus prestigieuses, au rang desquelles on citera Porto, Monaco, Naples, et même le Bayern Munich, soit de sacrés clients ! Toutes ont subi les foudres d’un jeu lipsien basé sur l’offensive, la vitesse et l’enthousiasme de la jeunesse.

Fort heureusement cette saison,  l’OM ne semble pas se complaire dans le rôle de la victime expiatoire, particulièrement en Europa League, où les joueurs allèguent avoir à cœur de briller. En dépit d’une phase de poule plus que contrastée, les victoires successives (et avec la manière) face à Braga et Bilbao semblent avoir aiguisé l’appétit des olympiens. Espérons que cet état d’esprit saura perdurer, car d’autres difficultés se sont glissées sur leur parcours, tel le gravillon dans une chaussure.

Faites chauffer les cartes vitales !

Au soir de la qualification contre Bilbao, tous les supporteurs (le rédacteur en tête) espéraient voir un OM au complet et au top de sa forme aller défier le taurillon allemand. Tout est retombé comme un soufflé au fur et à mesure que l’infirmerie se remplissait. Florian Thauvin, que l’on croyait tiré d’affaire après sa blessure à San Mamès, a finalement rechuté en sélection. Son indisponibilité est comprise entre dix et quinze jours, ce qui rend sa participation en Allemagne hautement improbable.

Il a été rejoint ce samedi par deux de ses camarades de jeu, et non des moindres : Adil Rami, dont l’absence est estimée à environ deux semaines, et Steve Mandanda, dont la déchirure musculaire au quadriceps semble indiquer une indisponibilité de quatre et six semaines, ce qui le met quasiment hors-jeu pour la fin de saison.

En l’espace de quinze minutes à Dijon, le secteur défensif s’est considérablement affaibli. Si en Ligue 1 ces absences laisser présager des lendemains difficiles, que penser alors d’une double confrontation face à une formation louée pour son talent, sa vitesse et sa technique ? Ce simple constat a du donner quelques bouffées d’angoisses au sein de l’exécutif olympien, notamment au moment d’envisager une solution de remplacement cohérente concernant la charnière centrale.

C’est grave docteur ?

Rolando, revenu amoindri de sélection à tenu sa place samedi, mais a terminé le match sur les rotules, qui plus est en serrant les dents. L’information est tombée, implacable, et l’international lusitanien doit déclarer forfait pour jeudi, la faute à un tendon d’Achille récalcitrant. Rudi Garcia se retrouve donc dans l’obligation de composer une charnière centrale inédite.

Les solutions Sertic –enfin revenu de blessure– ou Abdennour, pour accompagner le colosse du Cabo Verde avaient sans doute été sérieusement envisagées, mais chez beaucoup de supporteurs, elles font surtout frémir les échines. S’il n’est pas si catastrophique que ça (quoique !), Sertic s’est plus souvent fait remarquer par des actions défensives douteuses que par des prestations de grande classe. De son côté, Aymen Abdennour est toujours loin du niveau qui fut le sien sous les couleurs monégasques, et le duel à distance qui devait l’opposer à Rolando (dans l’esprit de Rudi Garcia) n’a jamais eu lieu. Pour un joueur sensé apporter de la solidité et de l’expérience, le constat est sans appel, il n’est pas au niveau, d’où la dommageable nécessité d’envisager d’autres options.

La tentation de repositionner Luiz Gustavo un cran plus bas pourrait être grande, mais cela reviendrait à dégarnir le milieu de terrain, le cœur du jeu, d’un élément qui à maintes fois prouvé qu’il était indispensable au bon équilibre collectif de l’équipe.

Reste une solution, très souvent évoquée depuis son match réussi face à Dijon, qui consisterait à titulariser Boubacar Kamara en défence centrale, son poste préférentiel. Même si la tentation est grande, tant le potentiel du minot semble se révéler, gardons à l’esprit que l’intensité des joutes européennes n’a rien à voir avec la Ligue 1.

Dans ce contexte, jeter dans l’arène un jeune joueur peut être à double tranchant : en cas de match réussi, sa confiance peut grimper en flèche et contribuer à l’installer durablement dans la rotation. Dans le cas contraire, cela risque de retarder sa progression et priver Garcia d’une solution pour les prochaines échéances, notamment en championnat. Pas certain que l’entraîneur prenne un tel risque, mais a-t-il vraiment le choix ?

Vous avez une mutuelle ?

Certes, la réalité est loin des espoirs,mais pour autant, tout n’est pas tout noir. L’Olympique de Marseille va monter à l’assaut d’un bastion allemand qui manque d’expérience. En effet, si l’effectif olympien a l’une des moyennes d’âges les plus élevée de la compétition, c’est exactement l’inverse pour celui de Leipzig, qui doit ses performances à sa «classe biberon», symbolisée par des joueurs tels que Dayo Upamecano, devenu à 19 ans, un taulier en défense, ou encore Bruma et Timo Werner, respectivement 23 et 22 ans, qui portent le milieu et l’attaque de la formation lipsienne !

Les Olympiens, décimés par les blessures, sont- ils condamnés à la défaite pour autant ? L’expérience, qui constitue la pierre angulaire sur laquelle les bases du Champions Project ont été jetées, a bien des arguments à faire valoir face à une équipe certes truffée de talents et emplie d’insouciance, mais dont le vécu au haut niveau est encore frais. Y opposer de vieux briscards, sachant aussi manier le vice avec la componction nécessaire, tout en y associant une bonne dose de grinta pourrait ressembler à une formule gagnante.

Souhaitons que les esprits olympiens ne soient pas parasités par les affres de la course au podium et le souvenir du match face à Lyon… une plaie toujours béante qui nous fera souffrir jusqu’au terme de la saison !

En définitive, et au-delà des considérations tactiques qui agitent le microcosme marseillais avant chaque match (quid de l’avant-centre ? Que faire de Sanson ? Quelle charnière centrale aligner ? Et tant d’autres questions en suspens) c’est peut-être la préparation mentale qui sera capitale pour ce match, sous peine de subir la même désillusion que les précédentes victimes du club au taureau.

Allez l’OM !

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A propos de Ragnarok


Juriste de raison, confiseur de métier, ancien habitant du bassin parisien repenti en Marseillais pur sucre qui n'a toujours vibré que pour l'OM. Joueur occasionnel au Z5 (option « pieds carrés et contrôles aléatoires » incluse), et désormais fier rédacteur de Massalia Live !
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