Finale CDF | PSG-OM : final cut

À l’issue d’une des pires saisons de son histoire, l’OM est à la recherche d’un repreneur ambitieux dans un flou médiatique, financier et sportif savamment orchestré. Malheureusement, l’avenir apparaît bien incertain et l’été s’annonce long et suffocant. Pour passer le temps, il reste une finale de Coupe de France face à un PSG gargantuesque en guise d’ultime supplice…

BombOM (final)

Treizième… Oui, vous avez bien lu. En dépit d’un budget de 125 millions d’euros*, d’un effectif cher et conséquent, capable dans l’absolu de conquérir une des cinq ou six premières places au cœur d’un championnat, par ailleurs extrêmement faible, l’Olympique de Marseille a réussi l’exploit de terminer son affligeante saison au treizième rang !

Ce n’est pourtant pas une surprise.

Ainsi, de nombreux supporteurs, qualifiés d’abrutis par Vincent Labrune, envisageaient déjà la catastrophe au soir de la première journée…

Souvenez-vous.

* soit le quatrième de L1 derrière le PSG, l’OL et l’ASM

Chronique d’un échec annoncé

Devant l’absence manifeste de la moindre cohérence politique et sportive, Marcelo Bielsa claque la porte de l’OM le huit août 2015.

C’est la consternation.

D’aucuns prédisent alors une saison difficile, certains évoquent même l’hypothèse d’une terrifiante descente en Ligue 2, d’autres enfin expliquent que le fils de Rosario était la dernière chance de l’OM.

Qui oserait aujourd’hui prétendre qu’il ne fallait pas s’alarmer et que leurs craintes étaient infondées ?

Du côté du club, on se dit incrédule, voire « abasourdi » pour reprendre les mots du président. Très vite, la fronde médiatique s’organise et le technicien argentin passe successivement du statut de gêneur ou de paria à celui de… traître.

Comme c’est facile !

Dès lors, il convient de l’accabler de tous les maux pour mieux faire oublier les erreurs de gestion. Peu importe la vraisemblance des allégations, il faut faire du bruit et dans cet exercice d’imagination et de virulence certains, comme Louis Nicollin, se font remarquer par leur brio et leur classe :

« Le président du PSG ? C’est un ami. Nasser est un mec bien. Par rapport à ce Bielsa qui est une merde et qui n’a jamais voulu apprendre le français, ça n’a rien à voir. Lui, il est plus riche que tout le monde et il met un point d’honneur à apprendre le français. Rien que ça… Je tire mon chapeau. »

Le JDD

Au fil des mois, la vérité se fait cependant de plus en plus évidente tandis que les contempteurs d’El Loco s’époumonent en vain à la radio et sur les plateaux TV : l’homme qui avait réussi à hisser l’OM au quatrième rang en proposant enfin du jeu et du spectacle, l’homme qui avait rendu leur abnégation aux joueurs et leur fierté aux supporters, l’homme qui avait transformé l’espoir en réalité a tout simplement été poussé vers la sortie…

Le responsable de cette hérésie est l’avocat personnel de Margarita Louis-Dreyfus mandaté pour reprendre la main sur l’OM : Igor Levin.

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Son rôle est simple, il doit démanteler le club, morceau par morceau, étape par étape afin de supprimer tout ce qui pourrait empêcher une future vente. Dans sa mission, il sacrifie tout à l’économie du moindre centime et sa première victime est Marcelo Bielsa.

Pour une fois, Vincent Labrune n’est pas à blâmer. En tout cas, pas directement et c’est aussi une forme de désaveu tardif  pour l’ex-protégé de Margarita Louis-Dreyfus, celui que beaucoup surnomment avec dédain, « l’Orléanais ».

Il subit de plein fouet le feu des critiques. C’est assez logique d’ailleurs. À force de jouer avec le feu, il fallait bien qu’il se brulât un jour…

Boire la coupe jusqu’à la lie

Le glas de l’ère Louis-Dreyfus vient de sonner en même temps que l’hallali : les chiens sont lâchés et sur le ton providentiellement consensuel du « y-a-qu’à-faut-qu’on » de Pape Diouf à José Anigo, de Christophe Bouchet à Louis Acariès, de Jean-Claude Dassier à Roland Courbis, d’Éric Di Méco à Marcel Dib,  de Bernard Tapie à Basile Boli – reconverti en ambassadeur d’opérette – chacun y va de sa litanie de griefs envers la direction actuelle de l’Olympique de Marseille.

Un épisode de plus dans le déballage public des petites haines méridionales.

En parallèle, Le Canard Enchaîné se fait une joie de publier les écoutes relatives à l’affaire des transferts douteux du club phocéen entre 2009 et 2012. Entre les détritus divers et variés, une estimation réaliste du préjudice financier subi par l’OM est même avancée : 65 millions d’euros de manque à gagner !

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On apprend de surcroît que lorsque Vincent Labrune était en garde à vue dans le cadre de l’enquête, il a sympathisé avec un des policiers qui l’interrogeaient, au point de lui proposer un poste de salarié en charge de la sécurité de l’Olympique de Marseille…

Proprement surréaliste, cette dernière révélation fait même oublier l’indigence des résultats sportifs et précipite encore plus l’OM dans la tourmente.

Pour couronner le tout, le club publie des communiqués plus ou moins officiels signés de la main de Margarita Louis-Dreyfus qui annoncent une mise en vente. Vraisemblablement rédigés par Igor Levin et constellés d’approximations grammaticales et de dénis de réalité, ils renforcent encore l’idée qu’entre amateurisme, magouille, copinage et illusionnisme, l’OM est décidément à part dans le paysage footballistique français…

Le Figaro

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Humiliée sportivement et médiatiquement, montrée du doigt à tort ou à raison, l’institution marseillaise se fissure de tous côtés, au fur et à mesure que son horizon s’assombrit.

En fait, dénoncée depuis longtemps par de nombreux supporteurs et quelques observateurs, une partie de la vérité du club vient d’éclater sur la place publique. Cette fois, il n’y a pas de filtre, pas de premier plan sportif pour arrondir les angles ni même de contre-feu dans les médias pour contourner l’obstacle.

Les supporteurs sont en première ligne et l’OM en grand danger tandis que des rats, contrariant leur instinct de fuite, s’accrochent comme ils le peuvent à ce qui ressemble de plus en plus à un navire en perdition…

La coupe est pleine

Cette finale, qui aurait dû être une fête, un match attendu par les supporters comme une précieuse occasion de garnir l’armoire à trophées d’une coupe que le club n’a plus remportée depuis 1989, ne sera que l’épilogue d’un chapitre sombre de l’histoire olympienne.

Ce samedi, le « Projet Saint-Germain » rencontrera au Stade de France ce qu’il reste de l’Olympique de Marseille. C’est-à-dire rien ou pas grand-chose. On a vu mieux comme vestiges. Hélas, on devine aisément le résultat de cette improbable opposition malgré les déclarations lunaires du  « Messi des Chartreux » :

« Nos deux matchs face à Paris étaient nos deux meilleurs de la saison. Sur un match, tout est possible ».

Langue de bois de circonstance, réflexe d’autoprotection médiatique ou crétinisme à l’état pur ?

C’est difficile à dire, mais les supporteurs marseillais aussi blasés et abrutis soient-ils n’ont toujours pas adopté les œillères comme accessoires vestimentaires et contrairement à l’ailier droit de la formation olympienne ainsi qu’à quelques journalistes parisiens illuminés ou sevrés de mises à mort façon Game of thrones, ils font aisément la différence entre football et onanisme.

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De la coupe aux lèvres…

• L’adversaire et ses ambitions
En cas de victoire, le PSG  qui de la bouche de son entraîneur veut « marquer l’histoire du football français de son empreinte et battre tous les records », pourrait co-détenir le plus grand nombre de Coupes de France avec… l’OM.

• La différence de niveau
Il eut d’ailleurs été plus juste de parler de hiatus tant les deux équipes semblent aujourd’hui évoluer dans deux galaxies différentes…

Avec un but inscrit par un ancien du cheptel dans les cages de Steve Mandanda, nos chèvres provençales se sont encore réfugiées samedi dernier dans les branchages plutôt que de défendre correctement face à Troyes, la plus mauvaise des équipes de L1 au cours d’une des plus minables saisons de toute l’histoire du championnat…

Dans ces conditions, comment pourraient-elles tenir face au pire carnassier encore en exercice dans cette parodie de compétition ?

• Le bourreau et son adoubement
Celui-là même, qui de son vivant et alors que l’OM encaissait un but infamant, a d’ailleurs reçu du football français un hommage comparable à celui réservé il y a quelques semaines par le football mondial et à titre posthume à… Johann Cruyff, soit une minute d’applaudissement en plein match !

Ou quand le grandiloquent le dispute au ridicule…

Du reste, nul besoin de piles pour bien vibrer et atteindre l’orgasme. Il suffit de perdre la face.

• La loi de la jungle
Même si le berger a changé et que nous avons deux nouveaux chevriers, notre troupeau habitué à vendre sa peau pour une misère ne fera pas long feu face aux crocs de Zlatan.

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• Le contexte
Outre les groupes de supporteurs très remontés contre la direction du club et qui ont néanmoins prévu de se rendre à Paris afin de laisser libre cours à leurs pulsions sodomites, la tension générale sur fond d’état d’urgence permanent, de terrorisme sous-jacent et de terribles souvenirs dionysiens à un mois du début de l’Euro crispe tout le monde, y compris des joueurs qui ont déjà la tête – et les pieds  – ailleurs depuis bien longtemps…

Reste enfin le climat autour d’un OM à l’avenir très incertain, peut-être même à la limite de la cessation de paiement, étant données les économies drastiques opérées pour la préparation de la finale (annulation d’une journée au vert pour économiser 15 000 €)…

Si l’issue de la rencontre ne fait aucun doute, l’avenir de l’OM constitue, en revanche, un véritable mystère. Malheureusement, tout est question de point de vue, et comme le disait si joliment Pierre Dac, lorsqu’on a l’avenir devant soi, il suffit d’un demi-tour pour l’avoir dans le dos.

Comme d’habitude…

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Article lu 1210 fois, écrit le par bibpanda Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , , . Sauvegarder le lien.

2 Réponses pour Finale CDF | PSG-OM : final cut

  1. Bon résumé de ce qui a causé cette horrible saison…

  2. Excellent. Allez l’OM !