J 2 | FCN-OM : voler dans les plumes

Pour le premier déplacement de la saison l’Olympique de Marseille se rend à la Beaujoire pour affronter le FC Nantes dans le cadre de la deuxième journée de Ligue 1. L’occasion pour ces deux légendes du championnat de France de prendre leurs premiers points dans ce championnat 2019-2020.

Autant vous le dire tout de suite, je suis d’humeur badine pour cet avant match ! Et pourtant, je suis en vacances ! A l’heure d’affronter cette équipe de canaris nantais, j’ai clairement envie de voler dans les plumes de la direction ! Cette nouvelle saison commençait pourtant sous les meilleurs auspices.

Rudi Garcia avait été limogé, les joueurs surpayés comme Abdennour, Hubocan ou Rolando (dans une moindre mesure) avaient, enfin, fait leurs valises. Le ciel semblait aussi éblouissant que le sourire de Villas-Boas en conférence de presse. Forcément ça change un peu de son prédécesseur croque-mort cynique style !

Mais… bis repetita. Lors de la réception de Reims samedi dernier, l’OM « nouvelle version » a livré une prestation aussi insipide que les matchs de l’année dernière. Le même tarif de deux buts encaissé par match. Mieux, l’affiche de rentrée face au stade de Reims à mis en lumière la faiblesse offensive de l’équipe, avec seulement deux tirs cadrés pour dix tentés, dans la lignée du match contre Naples… Cette statistique famélique pour une équipe dont la devise est « Droit au but », René Dufaure de Montmirail a dû se retourner dans sa tombe.

On doit surtout souligner la faiblesse technique des passes puisque l’OM a tenté pas moins de 29 centres ! Dramatique. A croire qu’AVB n’a pas vu jouer l’OM sous Rudi Garcia ! En effet, Payet est incapable de jouer tout un match sur l’aile gauche depuis l’Euro 2016, Strootman est trop lent pour être placé en relayeur et Germain ne peut pas jouer seul en pointe (combien de fois faudra t-il le répéter ?).

Bref, avec ces joueurs là, le 4-3-3 est une cause perdue. Germain serait d’ailleurs plus utile en relayeur de ce milieu a trois plutôt qu’à la pointe de l’attaque tant il redescend constamment à hauteur de ses milieux.

Paroles, paroles, paroles…

Le gros point noir de cette nouvelle saison est la gestion de l’effectif et du mercato de l’OM. Jacques-Henri Eyraud avait déjà pris la parole en avril pour annoncer le renouvellement d’un effectif en fin de cycle. Début juillet, on l’a vu en double page d’un grand quotidien sportif nous annonçant « un budget conséquent à l’échelle de la Ligue 1 » et ne pas avoir d’obligations de vendre pour acheter. Ce dernier ajoutant que la priorité de recrutement irait au centre de formation et aux recrues de jeunes à fort potentiel.

Plus de deux mois après le début du mercato, seuls Alvaro Gonzalez et Dario Benedetto (29 ans tous les deux) sont arrivés à l’OM pour 14M€, après la vente d’Ocampos pour 15M€… Les jeunes pépites Lihadji ou Kamara restant toujours en attente d’une signature (échéances de contrat en 2020).

La lenteur de la direction est effrayante sur ce mercato et de nombreux supporteurs s’inquiètent, à raison, de l’attentisme ambiant, voyant nombre de profils désirés fondre comme neige au soleil et les pépites promises signer à la concurrence pour des sommes abordables.

Comme depuis le début de l’ère McCourt/Eyraud, de belles promesses sont faites mais elles sont trop rarement tenues malgré des investissements considérables. Pour, il faut le reconnaître beaucoup trop de désillusions. Si on y ajoute la propension du club à licencier sans vergogne les contrats de joueurs devenus trop gênants, on peut rajouter le manque de classe à la liste des nombreux défauts de notre direction.

JHE doit savoir que la patience n’est pas la mère des vertus des marseillais. Personne n’est dupe et il sera bientôt trop tard pour redresser la barre. On se consolera comme on peut avec tous les nouveaux partenariats que notre cher président a signé. Vous pouvez désormais l’appeler : Kaporal Jacques-Henri Uber de Sainte Baume.

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs

Mais l’heure n’est pas encore à la panique. L’OM affronte un FC Nantes en crise structurelle depuis maintenant pas mal d’années. Une véritable lessiveuse à entraîneurs ! Christian Gourcuff est le quinzième entraîneur sous l’ère Kita ! Le technicien breton, réputé pour son franc parler et son sens de l’honneur risque, comme ses prédécesseurs, de faire des étincelles avec son truculent président. Gourcuff est cependant le profil de coach capable de grandes choses avec les moyens du bord, somme toute limités.

Ses équipes sont souvent rigoureuses et offrent du beau jeu, il faudra donc s’en méfier même si la mise en place de ces préceptes demande souvent du temps. Il est peut être de bon aloi de les croiser en pleine (re)construction de leur identité de jeu. Les Nantais n’ont pourtant pas démérité face aux Lillois, en se créant lors d’une meilleure seconde période. Des occasions et des frappes cadrées… ce qui manque cruellement à l’OM en ce moment. Il n’empêche, les canaris ont un effectif bien inférieur à celui des phocéens sur le papier. Malheureusement, le foot ne se joue pas sur ce support quand bien même j’y mettrais ma meilleure plume (jaune tant qu’à faire).

Trouver la formule

Il reste à espérer que André Villas-Boas ait eu le temps de comprendre les erreurs de son premier match officiel. Il va devoir se transformer en magicien, mais surtout, créer une animation offensive permettant d’amener le danger dans les trente derniers mètres. En mettant ses joueurs à des postes qui correspondent mieux à leurs qualités, cela devrait pouvoir aider. Benedetto apparaissant comme un profil similaire à Germain par la taille, ou sa propension à redescendre, cela serait peut-être une bonne idée de les associer. Le duo pourrait créer le désordre dans une défense nantaise lente mais physique.

Si, toutefois le jeu consistait encore à balancer des briques sur un Germain seul en pointe face à Pallois le déménageur breton, à des tout-droits de Radonjic ou des « débordements » de Strootman, l’après midi risquerait d’être à nouveau long et pénible pour le peuple marseillais.

Il est encore temps pour la direction de rattraper la lenteur inquiétante du mercato de l’OM. La saison est longue et cette défaite inaugurale doit être salvatrice pour rappeler à ces joueurs soit-disant revanchards leurs promesses martelées depuis le début de saison. Encore de belles paroles ?

A son arrivée, JHE avait ébahi son auditoire en disant que « À Marseille, dire c’est faire rire, faire c’est faire taire », ses joueurs et sa communication depuis rendent aujourd’hui cette diatribe complètement ridicule.

Alors que se profile cette rencontre face aux canaris, on ne peut malheureusement que rire… jaune et ne plus se taire. Il est désormais temps de faire le boulot !

Allez l’OM !

 

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A propos de Louis Gustave


Mieux vaut éviter les tacles à la gorge, ça s'appelle une cravate et c'est bien trop sérieux.
Article lu 533 fois, écrit le par Louis Gustave Cet article a été posté dans Avant-match et taggé , , . Sauvegarder le lien.

Une Réponse pour J 2 | FCN-OM : voler dans les plumes

  1. Va falloir que le Boas ajoute un turbo à son cerveau de tacticien et un double turbo aux guibolles de ses joueurs ! merci pour l’ AV