J 36 | OM-OGCN : on n’a plus l’anchois !

Corneille soi-même n’aurait pu imaginer dilemme aussi… cornélien. Sacrifier le championnat en se préservant pour la finale européenne et tenter de ramener la coupe de l’UEFA à Marseille sachant que nous sommes loin de partir favoris ? Risquer d’hypothéquer nos chances le 16 mai prochain en disputant à fond la lutte pour le podium et une aléatoire qualification en C1 sans garantie aucune de passer devant Monaco ou Lyon ? Ô rage, ô désespoir, ô calendrier ennemi !

Pléa pis qu’Aliadière ? Dante rêve. Laisse Melou, on s’en Balotelli ! *

Oui, c’est un chapelet de jeux de mots totalement gratuits que même l’almanach Vermot aurait refusé. Alors l’imaginer sous la plume de l’immense dramaturge que fût l’auteur du Cid… Non, ce titre n’est là que pour démontrer par l’exemple la nocivité des cadences infernales sur la production du rédacteur comme du footballeur. Cet article ou le match des olympiens à Salzbourg, même combat !

Mais alors, que dire sur l’OGCN, quand on se retrouve à devoir pondre un avant-match au pied levé ? Parce qu’ici, tout le monde a tellement fêté la qualif’ (on est en finale, on est, on est, on est en finaaaaaleee !) que personne n’a pensé à préparer cet avant-match. Notre tout nouveau rédac’ chef m’a donc menacé des pires sévices si, malgré la fatigue et un planning démentiel, je ne faisais pas le boulot.

Et là réside le grand danger pour le rédacteur comme pour l’OM : la fatigue et la décompression après une grosse échéance !

Les aiglons ont connu une saison sur courant plus qu’alternatif. Disons, un exercice contrasté. Presque relégables en fin d’année 2017, ils ont amorcé une remontée discrète mais continue en 2018, au point de finir le championnat à la lutte pour la cinquième place – et donc l’Europe – avec l’ASSE et Rennes. Ils paraissent désormais hors d’atteinte de leurs autres poursuivants, de Montpellier à Guingamp (46 points chacun).

Le problème, pour l’OM, est qu’ils sont sur une dynamique très forte ces temps-ci, avec plusieurs joueurs en feu : Alassane Pléa a marqué huit buts en six matchs, Saint-Maximin a des jambes bioniques, Seri se remet de sa dépression post-transfert avorté, Lees-Melou s’acclimate et Dante renaît avec le printemps.

Il n’y a guère que Balotelli qui accuse un coup de « moins bien ». Mais on connaît l’appétence de Super Mario pour les grosses affiches, les matchs de prestige et les spotlights des télévisions. Il sortira de son hibernation demain soir, n’en doutons pas.

Certains de ces joueurs, qui arrivent en fin de cycle ou de contrat, auront à cœur de finir sur une qualification avant de partir vers d’autres cieux, tout comme leur entraîneur qu’on annonce sur le banc de diverses grosses écuries de Bundesliga l’an prochain. Nous ne devons attendre aucune démobilisation de la part de rouges et noirs qui ne viendront pas en vacances anticipées.


Rouge, noir, impair ou manque, l’OM passe !

Le match ne s’annonce donc pas comme une partie de plaisir, même avec l’apport énergétique d’un Vélodrome Orange qui virera sanguin en entrant en (ef-)fusion demain soir, pour accueillir les héros de retour de Salzbourg.

Les Niçois ont été témoins, comme la France entière, de la débauche d’énergie que nos joueurs ont dû déployer pour ne pas laisser s’envoler la finale d’Europa League. Ils savent parfaitement que les organismes n’auront pas récupéré à cent pour cent de ces cent-vingt minutes de combat acharné. Ils connaissent donc le défaut de la cuirasse marseillaise. Ni Lady Gaga, ni Patrick Bruel ne maîtrisent suffisamment la « poker face » pour cacher cette faiblesse dans notre jeu.

Alors que faire ? Doit-on se défausser de nos meilleurs atouts pour les reposer et donc consentir à laisser les Azuréens venir prendre des points chez nous, sachant que cela signifierait que nous nous résignons à garder notre actuelle quatrième position qualificative pour une nouvelle Ligue Europa ?

Cela nous permettrait, certes, d’aborder le match à Lyon avec tous nos as en main, mais ne nous apporterait que peu de chances supplémentaires de vaincre l’ogre madrilène, tant l’opposition paraît déséquilibrée sur le papier. Et alors, quelle fin amère pour cette saison de la renaissance si nous devions rater et le titre européen, et le podium en Ligue 1, perdant en conséquence la forte mise de la Champions League !

Vaut-il mieux alors jouer à fond, avec toutes nos cartes (sauf celles que le sort, les commissions de discipline et les blessures nous ont d’ores et déjà retirées) ce match de l’espoir en championnat, au risque d’aborder affaiblis une confrontation européenne qui nous parait déjà défavorable ?

Les jeux ne sont pas encore faits, tout va encore !

Tel est le casse-tête qui doit actuellement agiter le crâne de Rudi Garcia. Auquel il faut rajouter d’autres variables : absence de Rami pour les trois matchs restants, absence de Gustavo contre Guingamp (il aura donc une semaine de repos forcé avant Lyon), retour de Mandanda qu’il va falloir mettre en balance avec les excellentes dernières prestations de Pelé, méforme de Thauvin… Pas simple à calculer, la martingale. Et pourtant…

Ce choix, finalement, l’a-t-on vraiment encore ? Alors qu’il ne reste « que » quatre matchs à jouer, nous sommes dans la position du joueur désespéré devant la roulette du casino. Ces derniers jetons qu’il nous reste, doit-on les mettre sur le rouge ? Sur le noir ? Et si on perdait tout et qu’on n’ait plus rien à se mettre sous la dent ensuite ?

La réponse tient en deux lettres : O.M. Ce club ne calcule pas, ne joue pas gagne-petit. On doit compter sur notre bonne étoile, sur la Bonne Mère, sur l’euphorie d’un parcours européen retrouvé, sur la science d’un Garcia qui sait ce qu’il fait. On fait de notre mieux, on donne tout, on ne lâche rien et on fonce.

La fortune sourit aux audacieux…

 

 

* l’équipe de rédaction laisse l’entière responsabilité de ce jeu de mots à son auteur. Pour toute réclamation, veuillez utiliser les commentaires.

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A propos de selfmade footix


Artiste sur le terrain, viril mais correct dans la vie. Ou le contraire, ça dépend. Amoureux de la vie, de l'amour, du beau jeu et de l'amour du beau jeu. Accro aux parenthèses et autres digressions. Loisir : Lapins crétins spotting sur les pelouses de France et de Navarre.
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4 Réponses pour J 36 | OM-OGCN : on n’a plus l’anchois !

  1. avatar De jarlandine le 6 mai 2018 à 8h34

    Bravo et merci . dur de s’ y remettre après le match de fous , mais tu as fais ça comme un chef !

  2. Pouce levé

  3. Bel effort malgré la fatigue, la bonne longueur et le ton qui va bien avant un match à qui perd gagne. ^^