J30, LOSC-OM : « le Passinko »

D’ici quelques heures, l’OM affrontera le LOSC  au Stade Pierre Mauroy. Un match crucial pour chacune des deux équipes et qui soulève d’ores et déjà, de nombreuses questions. 

À quel jeu de hasard tordu Gérard Lopez a-t-il joué pour prendre Franck Passi comme entraîneur principal ? Une roulette russe avec Igor Levin, un pachinko japonais avec Vincent Labrune, ou un concours de pierre-feuille-ciseaux avec Marcelo Bielsa, mais sans feuille ni ciseaux ? 

L’homme irrationnel

Ce match pourrait être sous-titré : « En attendant Bielsa » (ou « Godot », si les journalistes sportifs s’intéressaient à autre chose qu’à la petite sphère de cuir qui rythme leur monde)…

En effet, le dénominateur commun entre Gérard Lopez, nouveau patron du LOSC, Franck Passi, nouvel entraîneur de l’équipe lilloise, Igor Levin, avocat de Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune, – respectivement ex-propriétaire et ancien président de l’OM – c’est lui, l’homme de Rosario !

Le technicien dont l’ombre survolera le match. L’homme parti en coup de vent de l’Olympique de Marseille il y a près de deux ans et qui suscite depuis d’intenses rêves (é) ro(man) tiques chez certains supporteurs phocéens. Celui qui doit arriver sans coup férir cet été au Domaine de Luchin.

L’entraîneur emblématique, présent sans l’être, laisse d’ailleurs son futur assistant présumé travailler sur place, car il refuse de prendre en charge une équipe en cours de saison.

Adulé ou détesté, il ne laisse personne indifférent et rend fous journalistes spécialisés et observateurs de la chose footballistique. Son nom résonne comme une incantation mystique, son parcours force le respect de ses pairs et son aura confine pratiquement à l’occultisme.

Pour les Marseillais, il appartient au passé et le présent s’appelle désormais Rudi Garcia. Pour les Lillois, il incarne le futur et, sans doute, une forme de renouveau après les quinze années de présidence de Michel Seydoux.

Entre-temps, la bataille aura bien lieu sur le terrain avec Xeka, Eder et Passi d’un côté, Gomis, Hubočan et Garcia de l’autre.

Quant à la célèbre pièce de Samuel Beckett, précisons tout de même pour les Lillois les plus sensibles qu’à la fin, Godot ne vient pas…

Les hommes-clés du LOSC

Xeka, le guerrier.
Ses maîtres-mots : combat, passion, danger…« Par son courage, Xeka changera la face du monde ! »

Six fois titulaire depuis son arrivée fin janvier, il n’a connu que deux victoires, dont une en coupe de France face aux terribles ogres sanguinaires du Bergerac Périgord F.C. Ce n’est pas un joueur agressif, juste un lapin crétin.

Son seul carton jaune est dû à un fait d’antijeu : lors de Lille-Bordeaux, il a voulu empêcher les Bordelais de récupérer le ballon après un but de son équipe. Il est souvent vu en compagnie de son meilleur ami Gabriel, arrivé en janvier comme lui. Certains pensent d’ailleurs qu’ils finiront en couple dans six saisons.

Sunzu, le stratège.
Passé maître dans l’art de la guerre, il a peu joué cette année. À peine quatre rencontres. Il est surtout utile dans les après-matchs, pour redonner de la force à ses camarades qui en ont besoin suite à certaines oppositions dignes de combats entre Saiyans.

© Saiyans by Gothax.deviantart.com

Eder, le chien dans un jeu de quilles (ou l’homme qui aurait dû être banni de France).
Cette vile créature qui n’a marqué que onze fois en trente-cinq matchs de L1 sera assurément dans tous les mauvais coups pour inscrire un but contre le cours du jeu. Au reste, c’est ce qu’il fit en ce maudit 10 juillet 2016, permettant ainsi au Portugal d’obtenir enfin une première consécration européenne et à la France de comprendre que 1998, c’est loin…

Heureusement, il y a peu de risque de voir le match durer jusqu’à la cent neuvième minute.

Passi, l’homme porte-clés.
Engagé pour préparer l’arrivée de Bielsa à l’intersaison, il a dirigé cinq matchs officiels pour une défaite, trois victoires et un nul. Il a battu Nancy, dix-huitième de L1, Bergerac-Périgord en Coupe de France et Caen lors de son premier match. Une victoire initiale probablement liée au fameux « électrochoc » survenant au moment du remplacement d’un entraîneur.

La cellule de recrutement du LOSC s’apprête à mettre la main sur plusieurs perles rares pour l’an prochain.

Les hommes-clés de l’OM

William Vainqueur, le vainq… stabilisateur.
Alors que les plus naïfs des supporteurs marseillais espéraient voir Lassana Diarra tenir le milieu de l’OM cette saison, les autres ont eu le plaisir de voir William Vainqueur tenir ce rôle à la perfection (ou presque). Malheureusement, le patron indiscutable de l’entrejeu de l’OM sera absent à Lille, du fait d’un troisième carton jaune reçu en moins de dix matchs. Espérons que cette suspension n’handicapera pas trop l’escouade de Rudi Garcia…

Tomas Hubočan, le défenseur polyvalent.
De retour dans le groupe après une blessure, sa polyvalence est un atout : il nous épargnera la présence de Rekik dans les dix-huit sélectionnés et il pourrait même nous épargner celle de Dória sur le terrain… Pour autant, le natif de Zilina ne symbolise pas la sécurité absolue !

Bafétimbi Gomis, la panthère noire.
Va-t-elle marquer des buts et nous faire voir la vie en rose ? C’est tout ce qu’on lui souhaite ! Ça, et l’espoir que le célèbre commentateur de Canal +, Stéphane Guy, s’étrangle tout seul un jour en essayant de prononcer son prénom : « Batéfimbi ? Batifembi ! Tabebimfi ? »

C’est pas possible, c’est pas possible, c’est pas possible !

Franck Le Gall, le « doc. »
Le médecin de l’OM est en train de devenir un homme important du dispositif olympien : les retours de Hubočan et Gomis vont être l’occasion de voir s’ils ont été bien préparés pour reprendre la compétition.

 

Après avoir milité pour le recrutement de Mandžukić à l’OM, Evra milite pour le retour de Mandanda.

Le vingt-troisième homme

Mikael Lesage, l’arbitre.
Passé semi-professionnel cette année, il n’a pas peur de sanctionner : plus de trois cartons jaunes en moyenne par match et huit rouges distribués en dix-huit rencontres de L1 ! Malgré sa sévérité (il a expulsé à deux reprises, deux joueurs de la même équipe), il reste équitable puisqu’il n’a accordé aucun penalty à Lyon lors du seul match des Gones au cours duquel il a officié… Incroyable !

Avoir de la chance, c’est par exemple porter un maillot presque identique à celui du Toulouse FC, sans avoir à subir les logorrhées de Pascal Dupraz.

Le match à venir

La défense de Lille sera privée de Marko Baša. Nos attaquants devront donc essayer de passer par l’axe central des Dogues.

Sachant qu’en attaque, Passi s’appuie sur les talents individuels de Yassine Benzia, de Nicolas de Préville, et de Rony Lopes avec Eder en point de soutien, nos milieux de terrain – probablement Sanson, Anguissa et Lopez – auront tout intérêt à user de leur vitesse pour atténuer la lenteur de nos défenseurs axiaux, sous peine de voir Yohann Pelé souvent sollicité…

À charge de Payet, Gomis et Thauvin de marquer et ainsi d’emmener l’OM vers sa quatrième victoire à l’extérieur en L1. Amen.

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A propos de sillicate


Habite En Yourte ! Son Amour Laisse Univoquement Transi, Passant Ostensiblement Tout Obstacle. Caractère Amer Voir Acariâtre. Une Nouvelle Enquête Bientôt Intériorisera Nos Obsessions Utéro-Zygotiques Enflammées ?
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