OM-TFC : ça fait même pleurer les gosses…

En clôture de la première journée de championnat, les Olympiens n’ont pas su s’imposer face au TFC. Un match nul dans la continuité de la saison dernière et pour lequel on ne retiendra, non pas un fait de jeu, mais une image : une petite blondinette en pleurs dans les tribunes… Tout un symbole.


1

Un enfant sanglote quand son jouet est cassé, qu’il s’ennuie ou qu’il est fatigué.
C’est  un peu ce que ressentent aujourd’hui les supporteurs de l’OM…


3

Pele


Bedimo *
2

Doria
4

Hubocan
3
2

Sakai
4

Diarra
2

Diaby
2
17

Sarr
3

Cabella
2
26

Thauvin
3

Gomis

* non noté

Entrants :

Rekik => 18e minute à la place de Bedimo(3)

Khaoui => 45e minute à la place de Thauvin (3)

Machach  => 60e minute à la place de Diaby (*) 


MVP

Lassana Diarra

2

Sincèrement, on aurait préféré choisir quelqu’un d’autre. Un joueur qui serait encore là par envie, plus que par défaut… Néanmoins, il faut savoir rester objectif et reconnaître qu’en dépit d’une prestation très moyenne (et sans le moindre match de préparation dans les jambes), il a encore été le meilleur Olympien hier soir.

Attendu au tournant après ses déclarations fracassantes et un capitanat controversé, il n’a pas forcé ce qui en dit long sur le niveau de ses compères censés être dans un meilleur rythme…

Peu ou pas aidé par Diaby, il a été contraint de se concentrer sur la récupération et de combler la lenteur de la défense centrale d’où une faible influence sur les phases offensives. Une première sortie cohérente ponctuée cependant par une dangereuse perte de balle dans la surface de réparation (34e).

Le boulet

Abou Diaby

Abou Diaby

Quand un ancien essaie de se rappeler sans succès de qui il était, ça fait de la peine à voir. Avant, Diaby c’était « récupération, double-contact, débordement, passe en avant ». Mais hier, c’était plutôt « récupération difficile, double-contact inutile, débordement impossible et donc,  passe en retrait »…
Lent, coupable de nombreuses pertes de balles, l’ancien Gunner est même devenu un danger pour ses coéquipiers.

Alors certes, il n’a pas perdu son dribble fétiche. Dribble dont il a abusé hier soir, sûrement pour se prouver que rien n’avait changé depuis son heure de gloire. Pour autant et très franchement, ça en devenait gênant.

À la manière d’un Rocky Balboa dans  « L’oeil du tigre », il va devoir faire évoluer son jeu, mais avant cela, il devra également accepter le fait qu’il ne sera plus jamais le même joueur…


Le match

Aucune surprise en matière de schémas tactiques, les deux équipes évoluant en 4-2-3-1 pour cette première journée de Ligue 1.

Côté marseillais, la surprise vient de la titularisation de Dória aux côtés de Tomáš Hubočan en défense centrale, Bedimo et Sakai se chargeant des ailes. Au milieu, Diarra inaugure son nouveau statut de capitaine en étant associé à Diaby, pour ce qui ressemble à une vieille image jaunie de l’équipe de France. Plus haut et de gauche à droite, Sarr, Cabella et Thauvin sont chargés d’alimenter convenablement Bafétimbi Gomis.

D’ailleurs, à en juger par la faiblesse de l’animation offensive, le nouvel avant-centre de l’OM aura fort à faire pour tirer son épingle du jeu tout au long de la saison.

Chez les Toulousains, Braithwaite a désormais la lourde tâche de succéder à Ben Yeder à la pointe de l’attaque toulousaine. Pour cela, il peut s’appuyer sur Trejo, positionné en dix et particulièrement inspiré tout au long de la rencontre.

D’emblée, le TFC prend le jeu à son compte. D’abord sur une frappe de Bodiger, suite à un corner obligeant Pelé à la parade (19e). Puis, deux minutes plus tard, sur une tête de Braithwaite devançant Hubočan. Fort heureusement, le gardien olympien s’interpose facilement.

4

Du reste, ces occasions successives interviennent immédiatement après la sortie sur blessure de Bedimo (choc avec un panneau publicitaire…), et son remplacement par… Rekik, toujours aussi lent et emprunté (18e).    C’est inquiétant et il faut espérer que l’international camerounais retrouver rapidement son statut de titulaire !

Et les Marseillais dans tout ça ?

Au détour d’un beau mouvement collectif, Cabella tente un raid solitaire qu’il conclut d’un audacieux pointu sur le poteau (24e). Pour autant, la première période n’offre aucune autre opportunité aux hommes de Franck Passi.

En défense, les latéraux ne montent pas et, à l’image de Dória, la charnière centrale est lente, maladroite et dangereusement agressive. Le milieu de terrain souffre également face aux mouvements adverses initiés par Trejo.

5

Diaby étant totalement dépassé, Diarra doit se cantonner à un épuisant travail de récupération. L’équipe est coupée en deux, les attaquants sont obligés de décrocher pour capter le ballon et ne parviennent pas à le remonter proprement. En particulier Thauvin et Sarr sur les côtés qui peinent à trouver leurs partenaires et s’entêtent à tenter d’impossibles escapades en solo.

Oublié ou mal servi, Gomis, se contente de jouer en pivot, car c’est la seule possibilité que lui offrent ses coéquipiers.

Le score est nul à la pause et dans les loges, les p’tits nouveaux de l’équipe dirigeante de l’OM et le fils de la patronne ne semblent pas plus enthousiastes que le public. C’est assez logique finalement…

9

Fort heureusement, les Olympiens reviennent des vestiaires avec de meilleures intentions. Khaoui, qui a remplacé Thauvin à la mi-temps (blessure), fait ainsi beaucoup de bien dans la construction des actions de par sa vitesse et sa faculté à conserver le cuir.

Diaby, incapable de peser sur le jeu, sort au profit de Machach (60e). Ce nouveau changement apporte également un peu de variété et d’assurance dans la circulation du ballon et dès lors, Marseille se montre plus à son avantage. Toujours bien placé aux abords de la surface toulousaine, Gomis commence à trouver ses marques grâce à des relais efficaces.

Cette volonté collective finit par payer et l’international français se montre enfin dangereux : sur une belle passe de Khaoui, il déclenche une grosse frappe tout en spontanéité que le jeune gardien toulousain repousse en corner (63e).

Khaoui le tire magistralement et sert à nouveau Gomis qui exécute une superbe tête sous la barre transversale des buts d’Alban Lafont. Malheureusement, l’excellent portier du TFC veille au grain et réussit une  magnifique parade (64e).

Le rythme retombe un peu tandis que la fatigue s’empare des organismes. À dix minutes du terme, Khaoui offre une dernière occasion à Gomis, mais ce dernier usé par ses efforts répétés ne parvient pas à faire la différence.

6

Par conséquent, après avoir alternativement mené les débats, les deux formations se séparent sur un nul logique, bien qu’un peu décevant (0-0).

Les supporteurs marseillais s’attendaient probablement à une prestation beaucoup plus laborieuse et un bilan moins heureux à l’issue du coup de sifflet final. Il n’empêche qu’au sortir de cette opposition faible, et insipide, ce onze olympien suscite plus de pitié et de doute qu’autre chose.

Pour compenser de criantes insuffisances en matière de maîtrise technique, d’intelligence tactique, de solidité psychologique, d’expérience, et, disons-le, de talent, Franck Passi et ses hommes devront travailler d’arrache-pied en valorisant ce qui semble être le point fort du groupe : l’état d’esprit.

Dans un club comme l’OM, une telle perspective semble bien étriquée. C’est pourtant le seul espoir d’échapper aux rires mordants, ou aux larmes amères…


L'environnement

L’entraîneur

Difficile de juger de son influence à l’issue d’une telle partie. En effet, la composition pouvait sembler logique en regard des joueurs à sa disposition. De plus, les changements opérés ne relèvent pas d’une réelle volonté tactique, mais sont plutôt guidés par les blessures des uns (Bedimo, Thauvin), et le risque de rechute de l’autre (Diaby).

L’adversaire

Sauvés in extremis la saison dernière, Pascal Dupraz et ses hommes vont devoir apprendre à vivre sans leur meilleur joueur et buteur, Wissam Ben Yedder, parti à Séville. Au cours de la partie, ils ont cependant démontré un certain potentiel physique au milieu de terrain. Particulièrement présents en première période à l’image de Trejo, ils ont néanmoins logiquement baissé le pied par la suite et auraient pu être punis si la vigilance d’Alban Lafont avait faibli.

Le contexte

Cette confrontation n’avait rien d’une affiche et paradoxalement, clôture sans éclat une première journée de Ligue 1, par ailleurs ponctuée de nombreux buts.

Un Vélodrome à moitié vide – ou à moitié plein, c’est selon –  pour un premier match à domicile… c’est inédit même si cela ne surprend personne eu égard à l’actualité olympienne. De fait, saluons les supporters présents au stade hier et qui, malgré leur faible nombre, auront su se faire entendre et exprimer leur mécontentement face à la bouillie de football à laquelle nous ommençons tous à nous habituer.

Respect aussi à ceux qui ont regardé ce match à la TV sans zapper. Il fallait le faire !

La saison sera longue et il faudra être sacrément courageux pour supporter cette équipe faite de bric, de broc (et de bras cassés). Pensons également à notre nouveau président, fan de badminton et qui a déclaré « être  là pour apprendre » (et non pas parce qu’il sait déjà).

À en juger par sa mine incrédule lors du match, l’apprentissage risque d’être particulièrement difficile. Voilà déjà un point commun avec les supporteurs…

Bienvenue à l’OM, cher président !

OM-TFC_Cicco

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A propos de TonyO


Un picard expatrié dans le Nord et fan de l'OM. Étonnant, non?!
Article lu 1813 fois, écrit le par TonyO Cet article a été posté dans Compte-rendu et taggé , , . Sauvegarder le lien.

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