Interrogé sur d'éventuelles nouvelles mesures de représailles d'Ankara, le chef de la diplomatie a répondu : "Nous verrons bien, et je souhaite qu'on en reste là, si possible." "Les relations entre la France et la Turquie sont des relations étroites et multiples dans beaucoup de domaines, et nous avons beaucoup de choses à faire ensemble", a-t-il ajouté, prenant "acte" par ailleurs du rappel de l'ambassadeur turc à Paris. "Je regrette cette première réaction et je fais appel au bon sens et à la mesure", a-t-il ajouté.
La Turquie a annoncé la suspension des visites et le gel de sa coopération politique et militaire avec la France. "Malheureusement cette proposition a été adoptée malgré tous nos avertissements (...) Cela va ouvrir des plaies irréparables et très graves dans les relations bilatérales", a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Les exercices militaires conjoints ont notamment été annulés en signe de protestation. Auparavant, le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç avait fustigé une "loi (qui) équivaut à une trahison de l'histoire et des réalités historiques", estimant qu'elle signait "le retour en France des tribunaux de l'Inquisition".
"Une connerie sans nom"
Ce raidissement des relations entre les deux pays intervient alors qu'Ankara et Paris s'attachaient au contraire à faire cause commune pour obtenir un arrêt de la répression meurtrière en Syrie. La proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale punit d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende la négation d'un génocide reconnu par la loi, comme l'est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915 qui a fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens.
Selon plusieurs médias, Alain Juppé jugeait la proposition de loi inopportune, en raison de ses conséquences potentielles sur les relations bilatérales, et l'aurait fait savoir au président de la République. Le Canard enchaîné s'est fait mercredi l'écho d'une déclaration d'Alain Juppé, lequel aurait indiqué que "cette proposition de loi est intellectuellement, économiquement et politiquement une connerie sans nom. On n'a pas à se lancer dans un concours des génocides (...) pour tenter de récupérer les voix des Français d'origine arménienne. C'est ridicule."
Jeudi, Alain Juppé n'a pas confirmé ces paroles, disant simplement s'être exprimé "à plusieurs reprises sur cette question", ajoutant que son "point de vue est bien connu". "Il y a eu une initiative parlementaire, dont acte", a-t-il simplement dit. Il a également rappelé que "le parlement français est libre de ses actions et initiatives".








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