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Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 09:56

John a écrit:Je pense que les gens ne savent pas, ils sont pas prêts pour savoir ce qui va nous arriver, les générations de citoyens à venir c'est flippant. PISA ce n'est que la face émergée de l'iceberg qu'on se prend dans la gueule.

L'école n'est pas malade, est morte et rien (et encore moins les politiques) ne pourra la "sauver".


Anecdote :
Je suis le principal d'un "gros" collège.
Hier soir, réunion de rentrée pour les parents d'élèves des niveaux 5è et 4è. Pas d'enjeu d'orientation, ce temps d'échange constitue un moment d'information plutôt qu'autre chose.
Des parents se sont montrés virulents parce que, d'après eux, on est mauvais, c'est PISA qui le dit. Donc que fait le collège pour faire progresser nos gamins en français... Bin vi, EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle), EDUCFI (éducation économique, budgétaire et financière), PIX (certification concernant les usages du numérique) et autres joyeusetés supplémentaires, c'est bien joli, mais recentrez vous sur l'essentiel ! Qu'ils nous disent...

Sauf que... l'établissement où j'exerce, la maîtrise de la langue n'est pas une vraie problématique. Mais bon, comme les media relaient le sacro-saint classement PISA sans tenir compte des contextes locaux...
PISA ne devrait être qu'un indicateur, pas un outil de pilotage.

Et que dire de la remise en cause d'EVARS, EDUCFI, et PIX ? Si les parents prenaient le temps de le faire avec leurs enfants, peut-être que l'école pourraient s'en dispenser...

Je te rejoins sur les générations de citoyens à venir, mais ça a déjà commencé. Sur ce forum, malgré des désaccords footballistiques ou politiques, la plupart d'entre nous avons un parcours professionnel ou de formation déjà bien établi, avec une certaine culture (même ceux qui aiment Jul :cretin: ) et une conscience citoyenne. Cela se ressent dans nos échanges hors OM (sur ce sujet, on peut devenir sanguin :mrgreen: ).
Quand on se projette à l'échelle du pays, c'est loin d'être le cas. Et, pour rejoindre mon post précédent, l'individualisme, conjugué au désir d'identité communautaire (religion, politique, classe sociale...), provoque et accentue les revendications personnelles tout en n'ayant pas conscience de l'abêtissement de la population et de la rupture de la culture citoyenne.

Enfin, je suis étonné que cet article vienne du Point. Leurs prises de position concernant le système éducatif vont rarement dans le sens des effets positifs de la massification du système éducation et de la démocratisation de l'accès aux études.

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 13:54

La "démassification" va se faire d'elle-même, de façon non maîtrisée ni contrôlée, et ça sera beaucoup plus douloureux que si les élites FR s'étaient préoccupées plus avant du problème de niveau global et d'adéquation avec le marché de l'emploi. Et ce d'autant plus que l'IA est en train de changer la donne, bien que n'étant que dans sa phase initiale de déploiement.

Je trouve dommage que l'augmentation importante du nombre d'élèves au cours des dernières décennies se soit traduit par une diminution tout aussi importante du niveau/contenu des enseignements (je pense en maths en particulier, à un moment où tout pointe vers une demande de l'excellence), et cette blague de la distribution quasi automatique du Bac, avec des épreuves non seulement dégradées (vla le niveau de certaines questions), et comme si ça suffisait pas avec des notations trafiquées afin d'avoir un maximum de candidats reçus, du 98% qui vaut pas beaucoup mieux que les 98% obtenus par un dictateur bananier lors d'une "élection démocratique" lol.

Le processus de ré-industrialisation du pays appelé de leurs vœux par la plupart des candidats à la présidentielle devrait aider, si tant est qu'il voie jamais le jour.

Demandé à Mistral ce qu'il pensait des filières avec débouchés questionnables, un petit extrait :
(bon je vais finalement mettre la balise "table" en place je crois, et surtout virer ce pbm de vide)

[table]Filière
% en emploi stable
% en CDD/précarité
% en reconversion
% en auto-entrepreneuriat
Musicologie
~30 %
~25 %
~35 %
~10 %
Swahili (LLCE)
~25 %
~20 %
~40 %
~5 %
BTS Tourisme
~40 %
~30 %
~20 %
~5 %
Licence Arts plastiques
~20 %
~25 %
~40 %
~15 %[/table]

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 14:39

Présenté de cette façon, ces pourcentages ne veulent pas dire grand chose. Il manque une donnée importante, combien d'étudiants sont inscrits dans ces 4 filières (sur l'année 2024 par exemple), et cela représente quel proportion du nombre total d'étudiants inscrits en études supérieures sur la même année.

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 15:46

Je peux te répondre : "trop". :mrgreen:

Mais pas grave continuons à laisser des jeunes s’enfourner dans des filières ALC (subventionnées) sans aucun débouché, si ce n'est France Travail. Vu la tournure mondiale des évènements, on peut dire que l'avenir leur appartient.

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 16:03

Restreins encore le nombre de places dans les filières et tu engendreras de la colère de la part des usagers, sous entendu des électeurs.
Il est bizarre ce tableau, peezee.
D'où Mistral pioche ces données ?
Pour le BTS Tourisme, il n'y a pas assez d'étudiants formés dans cette filière en France.
Après, il y a de nombreux abandons après avoir eu une première expérience.

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 16:18

aristote2,

Information
Ressources pour aller plus loin

Insee : Insertion des diplômés du supérieur (données par niveau et discipline)
CEREQ : Enquêtes Génération (suivi des diplômés à 3 ans).
Ministère : Statistiques par filière


Information
Ces filières — Musicologie, Swahili, BTS Tourisme, Licence Arts plastiques — sont souvent citées comme des exemples emblématiques de diplômes à faible employabilité, malgré leur existence dans l’offre universitaire française. Voici une analyse plus précise de leur situation en 2026, avec des chiffres et des réalités concrètes.

1. Musicologie
Taux d’emploi :Licence : ~50-60 % à 30 mois (beaucoup se réorientent ou poursuivent en master).
Master : ~65-75 %, mais souvent dans des métiers non liés (enseignement, administration, médiation culturelle).

Débouchés réels :Enseignement (concours très sélectifs : CAPES, agrégation).
Médiation musicale (postes rares, souvent précaires).
Recherche (très peu de postes en université).
Auto-entrepreneuriat (cours particuliers, composition).

Salaire médian : ~1 400-1 600 € brut/mois (pour les rares emplois stables).
Problème : La plupart des diplômés finissent par travailler hors de leur domaine (ex : vente, communication, gestion de projets culturels).

2. Swahili (ou autres langues rares en LLCE)
Taux d’emploi :Licence : ~60-70 % à 30 mois.
Master : ~70-80 %, mais souvent sans lien direct avec la langue.
Débouchés réels :Enseignement (concours de langues rares, postes limités).
Traduction/interprétation (marché très niche, souvent freelance).
Diplomatie/ONG (très sélectif, nécessite des doubles compétences en relations internationales).
Tourisme (peu de postes stables, souvent saisonniers).

Salaire médian : ~1 500-1 800 € brut/mois (pour les rares emplois qualifiés).
Problème : Sans double compétence (ex : Swahili + commerce international), les débouchés sont quasi inexistants.

3. BTS Tourisme
Taux d’emploi :~68 % à 30 mois (dont une partie en CDD ou temps partiel).

Débouchés réels :Agences de voyage (en déclin avec la digitalisation).
Hôtellerie/restauration (souvent des postes peu qualifiés et mal payés).
Offices de tourisme (postes rares, souvent saisonniers).

Salaire médian : ~1 400-1 600 € brut/mois (souvent au SMIC pour les débutants).
Problème :Saturation du marché (beaucoup de diplômés pour peu d’emplois stables).
Précarité : Beaucoup de contrats courts ou emplois en intérim.
Concurrence : Les employeurs privilégient souvent des Bac+3/5 (licences pro, masters en tourisme) pour des postes mieux rémunérés

4. Licence Arts plastiques
Taux d’emploi :~55-65 % à 30 mois (l’un des plus bas).

Débouchés réels :Auto-entrepreneuriat (artistes indépendants, souvent avec des revenus très variables).
Enseignement (concours d’arts plastiques, très sélectifs).
Médiation culturelle (postes rares, souvent précaires).
Graphisme/design (mais nécessite une spécialisation technique en plus, ex : PAO, 3D).

Salaire médian : ~1 300-1 500 € brut/mois (pour les rares emplois stables).
Problème :Marché ultra-concurrentiel : Peu d’artistes vivent de leur art.
Reconversion fréquente : Beaucoup finissent dans la communication, le webdesign ou l’animation (avec des formations complémentaires).

Pourquoi ces filières existent-elles encore ?

Tradition universitaire :
Certaines filières (ex : Musicologie, Arts plastiques) sont considérées comme disciplines fondamentales pour la culture générale, même si elles ne mènent pas à des métiers précis.

Coût faible pour l’État :
Une licence de Swahili coûte bien moins cher à l’État qu’une licence de médecine (pas de labos, pas d’équipements coûteux).
Les frais d’inscription sont identiques pour toutes les licences (~170 €/an en 2026), ce qui ne reflète pas la réalité économique.

Demande étudiante :
Certaines filières attirent des étudiants par passion ou par défaut (échec en PACES, réorientation).
Exemple : Arts plastiques et Musicologie sont souvent choisies par des profils artistiques qui ne veulent pas (ou ne peuvent pas) intégrer des écoles spécialisées (ex : Beaux-Arts, conservatoires).

Logique de "service public" :
L’État et les universités estiment que leur rôle est aussi de former des citoyens éclairés, même si cela ne débouche pas sur un emploi direct.
Argument : Ces filières alimentent la recherche fondamentale et la diversité culturelle.

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 16:52

Je trouvais aussi le tableau incompréhensible. Le détail, en revanche est très intéressant. Et un peu flippant...

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 17:31

peezee a écrit:Je peux te répondre : "trop". :mrgreen:

Mais pas grave continuons à laisser des jeunes s’enfourner dans des filières ALC (subventionnées) sans aucun débouché, si ce n'est France Travail. Vu la tournure mondiale des évènements, on peut dire que l'avenir leur appartient.


Oui je comprends l'argumentaire sur les fameuses voies de garages, mais justement à l'heure de l'IA qui va envahir le monde comme vous dites sur le fin dédié et qui peut tout faire ??
On va TOUS finir au chômage du coup donc qu'ils fassent droit, swahili ou Socio au final quel importance ?

Re: Actu éducation et formation

11 Sep 2026, 20:03

Merci peezee, très intéressant.

Re: Actu éducation et formation

12 Sep 2026, 13:43

Dimeco63 a écrit:John, quand même c'est très pessimiste ton post !
Repenser à la situation de la France en juin 1940, tout semblait perdu devant l'ampleur de la débâcle et pourtant au pire moment de désespoir, de Charles de Gaulle à Henri Frenay, certains avec eux ont pensés qu'un jour la nuit finirai.

Oh que oui je suis pessimiste. La situation critique de la France et du Monde ne permet pas de croire que cela ira mieux avec les générations à venir.

aristote2 a écrit:Anecdote :
Je suis le principal d'un "gros" collège.
Hier soir, réunion de rentrée pour les parents d'élèves des niveaux 5è et 4è. Pas d'enjeu d'orientation, ce temps d'échange constitue un moment d'information plutôt qu'autre chose.
Des parents se sont montrés virulents parce que, d'après eux, on est mauvais, c'est PISA qui le dit. Donc que fait le collège pour faire progresser nos gamins en français... Bin vi, EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle), EDUCFI (éducation économique, budgétaire et financière), PIX (certification concernant les usages du numérique) et autres joyeusetés supplémentaires, c'est bien joli, mais recentrez vous sur l'essentiel ! Qu'ils nous disent...

Sauf que... l'établissement où j'exerce, la maîtrise de la langue n'est pas une vraie problématique. Mais bon, comme les media relaient le sacro-saint classement PISA sans tenir compte des contextes locaux...
PISA ne devrait être qu'un indicateur, pas un outil de pilotage.

Et que dire de la remise en cause d'EVARS, EDUCFI, et PIX ? Si les parents prenaient le temps de le faire avec leurs enfants, peut-être que l'école pourraient s'en dispenser...

Je te rejoins sur les générations de citoyens à venir, mais ça a déjà commencé. Sur ce forum, malgré des désaccords footballistiques ou politiques, la plupart d'entre nous avons un parcours professionnel ou de formation déjà bien établi, avec une certaine culture (même ceux qui aiment Jul :cretin: ) et une conscience citoyenne. Cela se ressent dans nos échanges hors OM (sur ce sujet, on peut devenir sanguin :mrgreen: ).
Quand on se projette à l'échelle du pays, c'est loin d'être le cas. Et, pour rejoindre mon post précédent, l'individualisme, conjugué au désir d'identité communautaire (religion, politique, classe sociale...), provoque et accentue les revendications personnelles tout en n'ayant pas conscience de l'abêtissement de la population et de la rupture de la culture citoyenne.

Enfin, je suis étonné que cet article vienne du Point. Leurs prises de position concernant le système éducatif vont rarement dans le sens des effets positifs de la massification du système éducation et de la démocratisation de l'accès aux études.

Quand tu échanges un peu avec d'autres qui exercent auprès de jeunes (instits ou l'armée par exemple) tu mesures l'ampleur du problème. Ici, comme tu le dis on va mettre la lumière sur le classement PISA et ce n'est pas une vraie problématique. Chez toi, visiblement ce n'est pas le souci. Chez moi le problème n'est pas que les gamins soient mauvais en calcul ou en orthographe, c'est bien pire que ça. Ils n'arrivent pas (j'entends physiquement) à écrire, à tenir un stylo, ils ne parviennent pas à rester assis une heure (alors attentifs pensez-vous), ils ne comprennent pas une consigne simple (par exemple quand tu dis à des secondes que demain tu vas les aider à installer la suite office sur leur nouvel ordi, tu t'attends à ce qu'ils amène leur ordi et bah non en fait).

On arrive avec des générations de "citoyens" complétement déconnectés, des jeunes qui comprennent pas que shooter dans la tête d'un homme à terre comme dans un ballon de foot c'est dangereux, qui n'acceptent pas la frustration: un regard de travers et ça finit à l'arme blanche. Le vocabulaire est pauvre, tu peux leur donner une dictée, ils ne sont pas capable de la recopier même en ayant le texte sous les yeux, parce qu'ils ne comprennent pas (ils écrivent lettre par lettre).
Derrière le premier connard venu au raisonnement simpliste qui va dire que 3 millions de chômeurs tu vires ce qui est bronzé, ou que la dette il suffit de pas la rembourser et d'imprimer l'argent magique parviendra à les convaincre.
Bref ça pue.

Re: Actu éducation et formation

15 Sep 2026, 21:31

Je viens de lire que le premier veut réduire le budget de tous les ministères, hors Défense.
Au lieu d’investir dans l’avenir, c’est à dire l’éducation, la formation et l’enseignement supérieur, il souhaite hypothéquer la matière grise.
Je ne vous cache pas mon inquiétude. Cette année, je dois piloter mon établissement de la même manière que l’année dernière mais avec 56% de moyens d’autonomie en moins. Spoiler : c’est impossible et on engendre de la colère chez les enseignants, qui s’estiment déjà insuffisamment payés (mais c’est un autre débat).
Faire avec encore moins de moyens l’année suivante ? Je ne saurai pas, sauf à proposer du bénévolat sur certains projets… Ambiance du tonnerre à venir.
Exemple concret : il y 3 ans, les remplacements des profs étaient devenus la priorité des priorités, avec des moyens démesurés mis en oeuvre. Aujourd’hui, je ne peux financer que 9h de remplacement en tout et pour tout.
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