Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Dragan » 24 Nov 2022, 13:32

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Marseille attire comme un aimant; Qualité de vie, climat, télétravail... Chacun a trouvé une bonne raison de s'installer au pied de la Bonne Mère

Vous ne pouvez pas savoir la chance que vous avez de vivre ici toute l'année !", souffle Olivier en regardant la Bonne Mère. Le quinquagénaire a acheté au prix fort un T3 en dernier étage dans un Pouillon à la sortie du premier confinement et s'échappe de Paris trois jours par semaine grâce au télétravail. Comme lui, ils sont nombreux à investir dans un pied à terre ou une nouvelle résidence principale au soleil. Eux, ce sont les "venants", un terme emprunté à Hadrien Bels pour décrire ces habitants venus d'ailleurs qui participent à la mutation d'un Marseille que l'auteur du roman Cinq dans tes yeux ne reconnaît plus. Des nouveaux arrivants du nord attirés par la mer, le marché de l'immobilier et la desserte TGV à trois heures de la capitale. Les touristes aussi qui atterrissent des compagnies low cost le week-end pour prendre un shot de vitamine D sur le Vieux-Port.

Du Panier à Endoume, de Noailles au cours Ju, les bars branchés, les restos végés et les concepts de déco poussent comme des champignons. Avec les fresques de street art et les petits trafics en toile de fond. Ici, les néos aiment faire le marché, chiner dans les friperies, boire l'apéro au milieu de la foule colorée et s'encanailler rue d'Aubagne, à deux pas de la "dent creuse".

Une opportunité

Incontestablement, Marseille bouge et rattrape son retard, sa cote monte et sa population se transforme. Des nostalgiques ne se reconnaissent pas toujours dans ce décor, ils pointent le manque de vie et la perte d'une âme dans les quartiers, ils s'inquiètent d'une gentrification du centre-ville et de la hausse du prix au mètre carré qui poussent les plus modestes en périphérie et empêchent les jeunes d'accéder à la propriété.

"La Provence fait rêver, tous les clichés y passent, même les pires ! À la sortie du confinement, il y a eu un phénomène de 'défrustration', les gens ont eu envie de se lâcher et trouver un cadre de vie plus apaisé et confortable. Le 'quoi qu'il en coûte' de l'État a renforcé la capacité de financement de certains. Quand les Parisiens ont un pouvoir d'achat deux à trois fois supérieur au marché et la motivation de concrétiser un projet vite, cela crée une bulle et des surenchères. On ne peut pas tout mettre sur la migration, la hausse d'aujourd'hui (7 % en 2021) s'explique aussi par un rattrapage : depuis la crise des subprimes en 2008, les prix de l'immobilier n'avaient fait que descendre pendant dix ans, nuance Olivier Chartier, responsable commission-transaction de la Fnaim 13. Le marché est reparti en 2018, le Covid a donc amplifié le courant et différencié la valeur des biens : avec ou sans extérieur et Marseille devenait la destination du télétravail. Pendant deux ans, la dynamique a été forte et si la demande reste supérieure à l'offre, ce n'est plus le vendeur qui dicte la loi. On commence à retrouver des discussions et les prix se tassent, hormis dans les 7e et 8e arrondissements. La ville cumule toujours des handicaps (transport, propreté et sécurité) mais si elle poursuit le développement de ses infrastructures, il n'y a aucune raison pour que les gens partent. Aujourd'hui, on voit même des Aixois s'installer à Marseille..."

Si la pandémie est un accélérateur de tendances, ce changement d'image auprès des Parisiens et Lyonnais prend racine en 2013 avec le label Capitale européenne de la culture. "C'est la mise en tourisme de la ville avec ses 32 km de rivage, l'ombrière, le Mucem qui a changé sa perception. Marseille est aussi la seule ville au monde qui a un parc national sur son territoire. Le Covid a exacerbé ce qui était déjà là. Le rêve de la mer ce n'est pas Nice ou Cannes, les gens viennent à Marseille pour son aspect rebelle qui repoussait autrefois. La ville a une opportunité historique et le plan Marseille en grand en est l'accélérateur.La nouvelle municipalité y participe aussi en cassant le côté clientéliste et corrompu même si elle n'arrête pas de communiquer sur le surtourisme. C'est une question qui se règle, Barcelone l'a bien fait. Marseille est une ville d'hybridation culturelle où l'on est surpris partout et tout le temps.

Les gens y viennent comme ceux qui partaient à l'époque en Amérique ! Aujourd'hui, cette nouvelle vague de migrants est aussi légitime et va porter une partie du développement de la ville. Ils viennent du nord, ils sont diplômés, ils gardent leur boulot ou entreprennent, ils ont de l'argent et des exigences, ça manquait, relève le sociologue Jean Viard. C'est là que les politiques publiques doivent protéger les plus faibles, engager des actions pour l'emploi et le logement afin que les jeunes intègrent le mouvement. Si les arrivants d'Ile-de-France font monter les prix, c'est un bon indicateur car quand une ville ne vaut plus rien, ils s'écroulent. Il ne faut pas en avoir peur, Marseille est une ville de migrants. Le 'nous' marseillais a deux ou trois générations. Tous les peuples sont passés par Marseille, c'est une ville inscrite dans la mémoire, faite de survivants. Jamais Marseille n'a eu une telle capacité d'attraction, ces transformations doivent profiter à tous."

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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Lo Provençau » 24 Nov 2022, 20:20

Il y a quand même une différence entre les "migrants" qui sont venus a Marseille pour fuir la misère (la très large majorité des personnes arrivées dans cette ville entre aux 19 et 20eme siècle) et les "migrants" qui y viennent par héliotropisme avec les poches pleines.
Je trouve la comparaison un peu malvenue, au bas mot...
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar superolive » 24 Nov 2022, 22:13

Lo Provençau, c'est clair :lol:
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Dragan » 27 Nov 2022, 17:45

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À Belsunce, le blues des grossistes; Installée depuis un siècle au coeur du quartier de Marseille , l'activité de vente en gros s'organise pour garder sa place

Ce matin de novembre, ils se retrouvent autour d'un café, au coeur de Belsunce, sur une table du Berti, place des Fainéants (1er). Vincent, Djoudi, Sophie et les autres sont tous grossistes, parfois de père en fils. Prêt-à-porter, accessoires, lingerie, maquillage, mini-électroménagers, jouets... ils approvisionnent forains et commerçants venus pour la plupart de la région même si certains habitués n'hésitent pas à faire le déplacement plusieurs fois par mois depuis Montpellier ou Perpignan. Ce matin, le rush de Noël ne se fait pas sentir. Malgré quelques colonnes de cartons empilées sur des chariots, qui roulent le long des vitrines, l'activité ne bouillonne pas. Et le moral se perd au fond de la tasse. "On a l'impression que nous, commerçants de Belsunce on n'est pas considérés comme des acteurs économiques du quartier. On n'est rien, on décide sans nous, notre voix ne compte pas", lance Vincent.

Car au-delà de la grogne suscitée par la fermeture soudaine du parking de La Providence, d'autres interrogations alimentent les discussions des grossistes. Forcément, privés de ces 82 places idéalement situées derrière la bibliothèque L'Alcazar et bordées par les rues de La Providence et Longue-des-Capucins, les commerçants accusent un manque à gagner (lire ci-dessous). "Ça commence par la fermeture du parking, et puis, c'est quoi la suite ? Nous voudrions savoir quel est l'avenir de Belsunce. Qu'envisagent les collectivités pour notre quartier ? Et par conséquent, le commerce a-t-il encore une place ici ?", lance Thérèse Basse, présidente de l'Association des commerçants et artisans Marseille Belsunce (Acam). Dans ce secteur dédié à la vente de gros, depuis près d'un siècle, ils sont actuellement 115 grossistes et 450 commerçants. Soit 600 emplois au total, confirme la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille (lire ci-dessous). "Si les grossistes vont mal, tout le monde va mal", insiste Ahmed, le patron du Berti.

Le cafetier pointe les rideaux de fer qui ne se lèvent plus, rue du Tapis-Vert ou des Convalescents. Les arrêtés de péril s'affichent sur les portes, le quartier périclite "et puis les incivilités et la violence sont de plus en plus présentes. Si on remplace le parking par un jardin, très bien. Mais tout le monde ici sait que ce ne sont pas les enfants qui iront jouer là-bas et que ça finira en hôtel à ciel ouvert", fait remarquer Mahjouba du bar La Française, rue Longue-des-Capucins.

Un peu plus loin, dans sa boutique de vêtements et accessoires, Sophie Wang sert une cliente mais reconnaît que la saison va être dure à boucler et met en danger les prochaines. "On a déjà vécu les manifestations de gilets jaunes, les années de Covid... On résiste mais on n'y arrive plus. Alors, oui, quand il a fallu manifester contre la fermeture de ce parking, qui offre pour nous et surtout pour nos clients une meilleure accessibilité, on est allé rejoindre les manifestants dans la rue. Et pourtant, ce n'est pas notre culture. Nous, on veut juste travailler. Et pas faire de la politique, ni de comptes rendus à notre avocat, ni circuler de pétition...", insiste la commerçante.

Sous son tiroir-caisse, deux contraventions qu'une cliente lui a envoyées. "À 10 h 11 et 11 h 06, le même jour, le 3 novembre. Elle s'est garée près du magasin pour charger et voilà..." Comme d'autres, Sophie s'est également posé la question du Mif 68 (Marseille international fashion center) en 2018, installé dans la Zac de Saint-Antoine, en contrebas de Grand Littoral (15e). Ce village de containers financé par le groupe immobilier Résiliance devait rassembler 200 grossistes mais en compte moins de 50 à ce jour. "Les loyers sont très chers et le droit d'entrée aussi", glisse la grossiste. "Il faut penser aussi à ceux qui sont propriétaires des murs. Que fait-on ? On brade tout et on s'en va ? Et puis, on aime ce quartier, qui bouge, qui klaxonne, cette mixité. Mais peut-être que l'intention de la mairie est de transformer Belsunce en quartier Airbnb. Et on va devenir comme la rue de la République : vide de vie", relève Djoudi, grossiste en prêt-à-porter masculin de la rue des Convalescents. En 2018, Sabine Bernasconi alors maire de secteur (LR) ambitionnait de faire du quartier un "nouveau Chinatown". Avec des commerces, bien sûr, mais aussi des activités culturelles, des grandes portes délimitant le quartier... Et puis, les grossistes ne se sont pas rués vers le nord de la ville et le projet a pris l'eau. Quant à sa successeure, Sophie Camard (PM), elle ne tient pas à renoncer ni à la végétalisation de la place ni à une circulation plus apaisée. Ça va encore coincer à Belsunce.

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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Lo Provençau » 27 Nov 2022, 19:13

Ça fait pas un siècle mais au moins 300 ans que ce quartier est celui des grossistes. Le nom des rues, l'architecture des immeubles en est un implacable témoignage.
Ça me désespère toujours de voir ce genre d'article écrit au lance pierre par des gens ne connaissant probablement pas plus Marseille que moi Bourg en Bresse.
Mais bon, ainsi va la vie. Les nouveaux remplacent les anciens.
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar superolive » 27 Nov 2022, 21:36

Lo Provençau, quoi tu ne connais pas Bourg en Bresse ? :hein:
C'est pourtant le début de la fameuse plastique vallée, je connais bien :lol:

Bon en vrai c'est totalement moins intéressant que Marseille :wink:
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Dragan » 29 Nov 2022, 09:44

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Marseille mise sur un grand parcours d'art urbain

Le musée des Arts urbains de la ville va investir 3,5 millions pour créer une centaine de fresques dans les quartiers déshérités.

C'est une nouvelle pièce d'un ambitieux projet de parcours d'art urbain à ciel ouvert qui sera inaugurée le 8 décembre sur le mur d'enceinte d'un lycée du 3e arrondissement de Marseille : une fresque de près de 300 m2 vantant les valeurs du sport et du travail collectif. Pour cette installation dans un des quartiers les plus déshérités de la ville, le pôle de création artistique Méta 2 et l'association d'innovation sociale Marseille solutions, à l'origine de l'initiative, ont fait appel à un artiste du cru - Bobar - et ont mobilisé 16 jeunes inscrits à la première promotion de l'école du MauMa (musée des Arts urbains de Marseille) qu'ils ont créé.

« L'art urbain est notre véhicule d'insertion pour former des populations éloignées de l'emploi à des métiers connexes, comme la communication et le bâtiment », explique Camille Chapuis, présidente de Marseille solutions. Ainsi présenté, le projet a permis de mobiliser des ressources autres que culturelles auprès d'acteurs économiques - l'OM Fondation et la Fondation SNCF en tête - et de l'Etat, par le biais de Pôle emploi. Près de 35.000 euros ont ainsi pu être réunis. Il en faudra dix fois plus pour mener à son terme ce chantier qui prévoit la création d'ici à 2026 d'une centaine d'oeuvres de street art sur les pignons des bâtiments du nord de la ville. Il s'inspire largement de l'expérience Wynwood Walls, créée il y a treize ans dans un quartier malfamé de Miami, aux Etats-Unis. Le quartier s'est depuis hissé parmi les « must see » de la ville, attirant 3 millions de visiteurs chaque année ainsi que des start-up, des bars et des restaurants branchés par dizaines.

Séduire les croisiéristes

A Marseille, le MauMa a la même ambition. Son parcours pédestre propose déjà de découvrir une dizaine d'oeuvres géantes valorisant le bouillonnement culturel qui couvre de couleurs vives les murs du centre-ville depuis les années 1980. « Le MauMa parvient à encadrer cette spontanéité artistique », observe l'agence d'urbanisme de l'agglomération de Marseille.

En bordure de la cité Félix-Pyat, le groupe Orange a par exemple offert un de ses murs pour la réalisation d'une fresque XXL en hommage au peuple ouïgour martyrisé par le gouvernement chinois. Un peu plus loin, une Joconde géante constituée de 6.207 points de couleur a pris place sur le flanc d'un nouvel immeuble. Des dizaines de milliers de touristes ont déjà sillonné le parcours. Avec l'aide de l'office de tourisme, le MauMa espère maintenant séduire les compagnies de croisières, qui accostent à deux pas.

Paul Molga

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Messagepar Dragan » 29 Nov 2022, 10:34

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Neutralité carbone : comment Marseille veut accélérer la transition

D'ici à 2030, la cité phocéenne ambitionne de réduire drastiquement son empreinte écologique. Un défi qui touche toutes les composantes de son organisation urbaine, transports et immobilier en tête.

Devenir un territoire modèle de la transition écologique : c'est l'ambition affirmée par Marseille. Un authentique pari pour l'une des villes les plus polluées de France, classée 26e - sur 36 - au palmarès européen de la Clean Cities Campaign. Elle a franchi ce printemps un premier jalon en intégrant le programme « 100 villes neutres en carbone d'ici 2030 » lancé par Bruxelles et saura à la fin de l'année si elle est sélectionnée parmi les 30 qui bénéficieront d'un accompagnement technique et financier privilégié, comme neuf autres villes en France, dont Bordeaux, Lyon, Dunkerque et Paris.

Pas moins de 377 candidatures avaient été déposées. « Marseille part de loin, mais elle a été retenue pour sa volonté à porter des initiatives rapides et pragmatiques pour changer les usages du territoire. Notre ambition est d'inventer un nouveau modèle d'interaction entre la ville et la nature », explique le maire, Benoît Payan.

Les micromobilités au coeur de la stratégie

Le chantier est colossal : Bruxelles estime à 10.000 euros par habitant l'objectif de neutralité carbone en huit ans, soit près de 9 milliards pour Marseille, bien plus que d'autres chantiers prioritaires de la ville comme celui de la rénovation des écoles, chiffré 1,2 milliard.

Pour se hisser en ville-pilote de la neutralité climatique, Marseille prévoit de s'appuyer sur plusieurs piliers d'actions. Le principal concerne les transports : « Le trafic automobile est aujourd'hui responsable de 45 % de la pollution au dioxyde d'azote (NO2) avec une concentration près de cinq fois supérieure aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé », note Pierre Dornier, coordinateur de l'étude de la Clean Cities Campaign en France. Et seulement 2 % de ses rues possèdent des pistes cyclables. Les micromobilités sont au coeur de la stratégie de transition urbaine de la ville. Son plan prévoit notamment la création de sept « autoroutes cyclables » qui desserviront l'ensemble du territoire.

Un programme de report modal de la logistique de livraison urbaine est également en chantier au marché d'intérêt national : le site investit en ce moment 25 millions d'euros avec la Banque des territoires pour concevoir la plus grande centrale photovoltaïque urbaine de France capable de recharger en énergie verte une importante flotte de véhicules électriques pour se conformer aux exigences réglementaires de la zone à faible émission (ZFE) mise en place en septembre dans l'hypercentre de Marseille. Selon l'Ademe, les concentrations de dioxyde d'azote et de particules fines pourraient alors diminuer d'au moins 12 %.

Décarboner le parc immobilier

L'autre grand chantier concerne la décarbonation du parc immobilier. Sur ce terrain, l'écoquartier Euroméditérranée, labellisé l'an passé parmi 42 opérations d'aménagement urbain accompagnées par le Programme d'investissement d'avenir (PIA), tient déjà le leadership. Ensembles résidentiels innovants, nouvelles infrastructures de transport, commerces, équipements publics… Sur cette extension de 170 hectares au nord des 310 hectares initiaux du 112e quartier de la ville, c'est un véritable puzzle de la transition écologique et sociale urbaine qui se met en place. « L'ambition est de créer la ville méditerranéenne et littorale de demain, durable et innovante, offrant une dimension internationale à Marseille avec 30.000 habitants et 20.000 emplois supplémentaires », détaille Laure-Agnès Caradec, présidente du conseil d'administration de l'établissement public.

La pièce maîtresse de ce programme est l'écoquartier des Fabriques, imaginé par Bouygues Immobilier et Linkcity sur un territoire de hangars en friche. Après Smarseille, l'îlot d'Eiffage inauguré avant la crise sanitaire, ce programme comprendra 250.000 mètres carrés de planchers, dont 170.000 pour 2.500 logements avec vue sur la mer ou les collines, des bureaux et des espaces de coworking (44.000 mètres carrés), des magasins de proximité (20.000 mètres carrés), mais aussi des écoles, des campus de formation, des résidentes étudiantes, seniors et hôtelières, une médiathèque et des crèches.

De nombreux services et lieux partagés seront également créés : conciergerie, jardins collectifs, accès à internet pour tous, chambres d'invités, véhicules en autopartage, mutualisation des parkings… Coût estimé du projet : entre 600 et 650 millions d'euros. Près de 8.000 habitants et des centaines d'entreprises et de commerces s'installeront sur ce territoire.

Paul Molga

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