Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar pretender » 13 Aoû 2026, 22:39

Allez, un petit article bobo pour mettre un peu de positif dans les actus marseillaises.

https://www.connaissancedesarts.com/art ... ction_expo
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pretender
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Lo Provençau » 14 Oct 2026, 07:16

Je vais remettre un peu de déprime dans ce sujet mais le contenu est tellement délirant que c'est difficile de ne pas le partager.

Pour ceux qui ne fréquente pas le coin, il y a depuis une paire d'années une invasion de zombies crackhead autour des réformés et du Chapitre. Un nombre qui augmente de façon exponentielle.
On se demandait la source de l'épidémie, elle est expliquée ci après.

Une opération de dégentrification du centre ville diligemment menée par les autorités centrales, sans doute soucieuses de corriger la hausse récente du coût du logement à Marseille en raison prétendument de l'arrivée de parisiens aisés par un transfert de parisiens misérables.
:cretin:

Ça vient de marsactu (et repris par Mediapart)


Information
L’État a-t-il déplacé le problème du crack de Paris à Marseille ?

Enquête  

par Violette Artaud  

le 12 Oct 2026  

Ce lundi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez est annoncé en visite à Marseille, avec de possibles annonces sur la problématique du crack, dont la consommation est en nette augmentation en centre-ville depuis deux ans. L'État a-t-il participé à l'aggravation du phénomène ?

Cela fait plusieurs mois que la situation dans le centre-ville de Marseille est devenue intenable. Quartier de la gare Saint-Charles, Réformés, entrée de l’A7, Porte d’Aix, Centre Bourse, cours Julien… De plus en plus visibles, les scènes de consommation de drogue s’y multiplient, avec la violence qu’elles charrient. Tandis que des personnes plongées dans une grande précarité tentent de survivre sur les trottoirs, des riverains, confrontés à leur détresse, tirent régulièrement la sonnette d’alarme.

Parallèlement, les associations spécialisées dans la réduction des risques liés aux addictions font un constat implacable : « Si toutes les structures marseillaises en réduction des risques signalent depuis 2019 une augmentation de la consommation de crack, elle connaît une progression jugée “exponentielle” et particulièrement visible depuis deux ans, avec une accélération marquée sur les six derniers mois », écrivent-elles dans un diagnostic commun publié cet été.

Ce lundi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, est annoncé à Marseille avec, sauf rebondissement dû à l’actualité des contestations lycéennes, des annonces à ce sujet dans sa besace. Un plan crack pour Marseille ? Personne ne grillera la primeur des annonces à un ministre de l’Intérieur. « Tout cela dépend d’un agenda politique, mais dans la réalité, on ne peut plus attendre, il y a urgence », réagit de son côté un représentant local de Médecins du Monde, reçu la semaine dernière place Beauvau, à Paris.

Comment en est-on arrivé là ? En guise de cadeau de bienvenue pour l’ancien préfet de police à Marseille, Marsactu a tenté de remonter le fil d’une information distillée depuis plusieurs mois par différents interlocuteurs. En cherchant à répondre à une question lancinante : si la consommation de crack a explosé localement depuis deux ans, est-ce la conséquence d’un déplacement de consommateurs parisiens avant les Jeux olympiques de Paris 2024 ?

« Du sexe pour 10 euros, le prix d’une dose »

En cette fin de matinée pluvieuse, le square Labadié, entre la gare Saint-Charles et les Réformés, est d’une rare tranquillité. Une ronde de policiers en voiture, RAS. Cathy, haut rose fluo et mini-jupe, attend ici depuis trente ans que des hommes esseulés ralentissent en passant à son niveau. « Ici, toutes les filles font l’amour à 10 euros, le prix d’une dose », explique-t-elle. Elle jure ne pas prendre de crack. « Mais pose quand même tes questions… », ajoute cette grande femme trans, qui ponctue ses phrases d’un sourire auquel il manque beaucoup de dents. « La nuit, les plans crack, tu en trouves là, et là, et là… partout ! », décrit-elle en pointant les pas de porte qui l’entourent. A-t-elle vu, depuis toutes ces années, un changement ? Des personnes qui consomment du crack, il y en a « plus qu’avant, depuis deux ans », lâche-t-elle d’un débit parfois dur à déchiffrer.

Il y a quelques années encore, le crack était quasiment absent dans la deuxième ville de France, tandis que la cocaïne inondait ses rues. Le terme crack fait ici référence à un mélange fait maison de cocaïne et d’ammoniaque, qui transforme la poudre en cailloux fumables de “cocaïne basée” et renforce les effets de défonce, non sans conséquences. Après l’euphorie fulgurante, la sensation d’énergie et de confiance en soi, viennent la dépendance immédiate, l’anxiété, la paranoïa, la dépression et parfois l’overdose… Dans un diagnostic d’une trentaine de pages, publié cet été, des spécialistes locaux du sujet qualifient la consommation de crack à Marseille comme un « phénomène récent ».

Ce projet, dénommé Tempo, émane du collectif fédéré autour du projet avorté de création d’une halte soins addictions dans le centre-ville marseillais. Il rassemble associations de réduction des risques, structures sociales et médico-sociales (Nouvelle Aube, Asud, Bus 31/32…), ainsi que l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille. « C’est passé d’un truc absent de l’espace public à une pratique prépondérante », raconte, dans ce rapport, un membre des équipes de terrain des associations de réduction des risques.

« Cette affaire a commencé au moment des Jeux olympiques »

Si le constat est indéniable, quelles en sont les causes ? La réponse est forcément multifactorielle. Mais certains ont une date en tête. « Cette affaire a commencé au moment des Jeux olympiques, a ainsi lâché en plein conseil municipal, le 18 décembre 2025, le maire de Marseille, avant de poursuivre en empruntant peut-être quelques raccourcis : « L’État a eu la bonne idée de dire qu’il y avait trop de migrants, de “crackeux”, comme certains disent, à Paris. Alors, on va les mettre dans des cars et des trains pour les envoyer à Marseille. » Et Benoît Payan d’évoquer un « sas » à la Capelette, dans le 10ᵉ arrondissement de la ville, dans lequel on a envoyé « dix, cinquante, soixante, et puis cent » personnes « en situation compliquée, avec des addictions, sous crack ».

Contactée à ce sujet, la préfecture confirme la venue de personnes précaires, « demandeurs d’asile, en situation irrégulière, étrangers primo-arrivants… » depuis mai 2023 à Marseille, dans un « sas » situé à la Capelette. Toujours selon la préfecture, 794 personnes seraient ainsi arrivées à Marseille depuis, et « chacune de ces personnes bénéficie d’un entretien avec un personnel infirmier à son arrivée au sas ». Elle ajoute : « Les principales pathologies sont des pathologies dermatologiques, dentaires, des maladies saisonnières, chroniques, des blessures. » Mais pas d’addiction.

Plus précisément, ce déplacement de personnes, documenté par des médias nationaux, comme ce reportage de l’émission C dans l’air, de France 5, s’inscrit dans le cadre d’une circulaire signée en mai 2023 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur. Combien de temps après son arrivée une personne ainsi transférée passe-t-elle son examen médical ? « Le jour même, le lendemain ou les jours qui suivent », nous précise-t-on dans les couloirs de la préfecture. Combien, peut-être en manque, quittent le dispositif avant de passer cette évaluation ? Marsactu n’a pas réussi à obtenir ce chiffre de la part des services de l’État.

Également contactée à ce sujet, la Ville rétropédale. Après avoir, dans un premier temps, repris les propos du maire cités plus haut, les services de communication de Benoît Payan ont fini par nous répondre ne pas pouvoir établir de lien entre le déplacement de personnes depuis mai 2023 et la hausse de consommation de crack à Marseille. Mais « on s’est étonnés à plusieurs reprises et on a interpellé l’État sur le dispositif », insiste-t-on dans l’entourage du maire, sans trop se mouiller. Dans les couloirs de la mairie, certains vont tout de même jusqu’à évoquer un « carnage sanitaire ». « Ils ne diront jamais qu’il y a un lien avec les JO, mais on parle de personnes à la rue, qui pour beaucoup finissent avec des problèmes de consommation et se mettent en danger. Quand le bus arrive, ils ‘s’enfuient et ils ont raison. »

« Diffusion de proche en proche »

L’impact de cette action qualifiée de « nettoyage social » par des associations parisiennes est donc difficilement quantifiable sur Marseille. Mais pour les acteurs associatifs de terrain interrogés par Marsactu, « il y a eu un avant et un après Jeux olympiques ». « L’un des facteurs qui expliquent la consommation de crack à Marseille vient de ce déplacement. Les équipes de rue ont vu arriver des personnes venant de Paris dans ce cadre-là, assure Marianne Poisson, coordinatrice du dispositif Tempo, qui vise à apporter une réponse globale à cette problématique. Les associations n’ont pas été associées, il n’y a pas eu de continuité d’accompagnement de parcours. »

« Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs, lit-on encore dans le diagnostic du collectif cité plus haut. Baisse du prix de la cocaïne, diffusion des usages en groupe, augmentation de la qualité et des points de deal en centre-ville, ainsi que des déplacements de populations précaires et de pratiques depuis Paris dans le contexte des politiques liées aux Jeux olympiques. » Claire Duport, sociologue spécialisée dans l’étude des drogues et des trafics, réalise chaque année un rapport sur les tendances et phénomènes liés aux drogues à Marseille et dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Si elle se dit « perplexe » sur l’impact des évacuations effectuées à Paris à l’été 2024 par manque d’éléments, elle note tout de même cette année-là une augmentation locale des usagers de crack.

Avant cela, l’injection de cocaïne prédominait parmi les publics les plus précaires. « Il y a eu des transferts pour nettoyer Paris, mais je crois plutôt que ces gens se sont ensuite organisés pour repartir », dit la chercheuse. Marie-Lou est travailleuse paire — se dit d’une personne ayant connu des situations semblables à celles qu’elle accompagne — de l’association Nouvelle Aube. Elle décrit, à l’inverse, « des regroupements de personnes après-coup à Marseille » : « Vous pensez bien que les cars n’ont pas été faits en fonction des amitiés. » Pour Claire Duport, en tout cas, une chose est sûre : « Tous les usagers de crack disent qu’ils ont appris [comment consommer] de quelqu’un d’autre. La consommation de crack se diffuse de proche en proche, avec cet effet de sidération et cette envie irrépressible de consommer. »

À la merci du produit

Retour place Labadié, dans le centre-ville marseillais. L’emploi du mot crack attire ici, comme par sorcellerie, ses consommateurs. Tandis que la discussion se tarit avec Cathy, qui a repéré le conducteur d’une voiture intéressé, Alicia apparaît, sortie de nulle part. La jeune femme au carré soigné et au verbe parfait admet sans détour consommer du crack et vivre pour cela, à cause « d’un accident de vie ». Elle ne peut dire depuis quand, ni à cause de qui, s’excuse de ne plus « avoir la notion du temps ». Mais au fond, elle ne dit pas autre chose que les rapports et diagnostics de spécialistes : « Le crack, c’est comme la lèpre, ça se répand de partout », formule-t-elle en mimant avec des petits spasmes une sorte de pieuvre avec ses bras et ses doigts.

Alicia, elle, ne vient pas de Paris, mais de Strasbourg. Voilà cinq ans qu’elle est ici, et tente de survivre dans cette vie faite d’agressions, de viols, d’instabilité psychique, de vulnérabilité, à la merci du produit. Car « il n’y a pas de caillou gratuit ». Les autres consommateurs de la place, elle ne sait pas d’où ils viennent, elle ne veut pas leur parler pour éviter les problèmes. Paris ? « Prison, plutôt. » Elle, marche seule, quand elle peut marcher.

« Quand ça fait 10 ans qu’on se shoote, on n’a plus de veines »

Dans son rapport, le collectif Tempo note que « les structures de réduction des risques qui sont en première ligne de ces évolutions ont vu les personnes déclarant le crack comme premier produit de consommation passer d’une infime partie à 60 %, et jusqu’à 100 % de leur file active. » Différents profils de consommateurs y sont détaillés. À commencer par les publics « anciens, polyconsommateurs », avec une « entrée dans le crack récente ». « C’est plus facile, il y a moins de risques, quand ça fait dix ans qu’on se shoote, on n’a plus de veines. Mais avec le crack, tu te ruines les dents, la trachée, les poumons, à cause de l’ammoniaque », témoigne encore un travailleur social de Tempo.


Les « nouveaux consommateurs », plus jeunes, en situation d’exil « et/ou les femmes » sont également « particulièrement représentés ». Un autre membre des équipes associatives de terrain, cité dans le diagnostic de Tempo, complète : « Notamment [les personnes] qui se sont fait expulser du nord de Paris pour les JO. Marseille était déjà une ville d’arrivée pour personnes en situation de migration, mais pas forcément consommatrices, pas encore. » 

Un plan crack estimé à 20 millions d’euros

Après son diagnostic, le collectif Tempo a élaboré un plan pour tenter de prendre à bras le corps le problème de la consommation de drogue de rue, dont celle de crack est désormais la plus urgente. Ce plan, évalué à près de 20 millions d’euros la première année, comprend une approche sanitaire, sociale, policière et judiciaire. « On ne peut pas se contenter d’ouvrir des places d’hébergement », rappelle Marianne Poisson, qui dit craindre des annonces « imparfaites, incomplètes » de la part de Laurent Nuñez. Celui-là même qui était préfet de Paris lors des évacuations précédant les Jeux olympiques parisiens.

Conscient que le déblocage d’une telle enveloppe n’est pas une mince affaire, le collectif Tempo s’attend à devoir prioriser certaines mesures. « Au bout d’un moment, il faut les ouvrir, ces négociations », s’agace Didier Febvrel, responsable régional de Médecins du monde, qui a financé en fonds propres les six premiers mois du projet Tempo, avant que l’Agence régionale de santé (ARS) ne vienne mettre au pot. Au square Labadié, Alicia s’écarte dans une drôle de marche arrière brinquebalante. « Ce ministre, il vient pour la répression ou les solutions ? », lâche-t-elle avant de tourner le dos. Et de sortir de son sac de quoi préparer son “caillou”.
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar superolive » 14 Oct 2026, 21:08

Lo Provençau, intéressant merci :wink:
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Re: Made in Marseille (bons plans, idees, news..)

Messagepar Serber » 15 Oct 2026, 15:14

+1
Je n’étais pas au courant, entre autres, de cette délocalisation des toxicos de paris pour les JO.
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